Gallimard enrichit sa collection Pop-Art avec 4 nouveaux titres en ce début d’année 2026. Lancée l’année dernière, la collection avait mis à l’honneur Van Gogh, Kahlo ou encore Hokusai. Elle s’est complété à l’automne de nouveaux titres, comme celui sur Vermeer. La 3e salve est identique aux précédentes: une biographie courte mais complète de l’artiste, un livre pop-up à construire pour le transformer en oeuvre de décoration, un prix accessible. Les petits ouvrages se terminent sur une présentation rapide de l’oeuvre choisie, une courte bibliographie, mais surtout sur des listes de musée où voir les oeuvres principales des artistes concernés.

Matisse

Hélène de Talhouët a rédigé le livre sur Henri Matisse. Le livre propose de construire le tableau La Danse II, réalisée entre 1909 et 1910 et exposé aujourd’hui à St Petersbourg, au musée de l’Hermitage. Alors que vient de s’ouvrir, au Grand Palais, une exposition sur le peintre, cette spécialiste de l’art contemporain démarre sa biographie sur l’inscription du jeune peintre dans l’atelier de William Bouguereau en 1892. Son texte s’attarde majoritairement sur la quête de la couleur et de la lumière de l’artiste à travers la France puis le monde entier.

Magritte

Capucine Poncet, historienne de l’art, s’est occupé de René Magritte, le peintre surréaliste belge. Le livre propose de construire Le baiser, réalisé en 1951, exposé à Houston, au Museum of Fine Arts. La biographie revient particulièrement sur la manière dont Magritte s’est tourné vers cette forme d’art, l’importance qu’il donnait au sens, au fond de ce que l’artiste voulait exprimer, plutôt qu’à la forme, mettant en avant son amour des mots et de la poésie. Comment ses oeuvres ont été interprétés, voire sur-interprétés dans le contexte de développement de la psychanalyse, rejetée violemment par Magritte malgré des traumatismes sévères, celui des guerres et de la crise économique. Enfin, son sens du collectif artistique et non de l’individualisme, influencé qu’il a pu être par les idéaux communistes.

Man Ray

Alexandre Mare, commissaire d’exposition et spécialiste des mouvements d’avant garde, s’est penché sur le peintre, photographe et sculpteur états-unien Man Ray. Le livre propose de construire une partie d’une photographie intitulée Larmes (de verre), réalisée en 1932. A la frontière entre de multiples courants artistiques, comme le dadaïsme ou le surréalisme, Man Ray, proche de Marcel Duchamp, est aussi associé à la figure de Lee Miller. Il fréquente les milieux artistiques parisiens les plus à la vogue et à la pointe durant l’entre-deux-guerres. Ces milieux, foisonnants d’idées nouvelles et disruptives, vont l’amener à étendre (parfois à son propre regret) sa palette artistique, mais aussi vendre ses talents au milieu publicitaire.

Monet

Stéphane Lambert, auteur d’essais sur l’Art, revient sur le parcours de Claude Monet. L’oeuvre choisie est Nymphéas, réalisée entre 1916 et 1919. Elle est exposé au musée Marmottan Monet de Paris. Avec ce tableau, on est projeté dans ce qui fait, en grande partie, Monet: Giverny, ses jardins, la peinture sérielle, la couleur, la variation, l’émotion. Le texte raconte les influences, les galères d’argent, le désir de sortir du lot, les voyages, les fuites… mais surtout la ténacité et la combativité du peintre normand.

 

 

 

 

Au final, 4 livres très agréables, faciles d’accès, complets et captivants car on sent que les auteurs aiment les artistes dont ils racontent les parcours, très souvent, chaotiques. La collection se veut et est accessible à tous, tout en gardant précision et rigueur. Son prix a l’avantage de pouvoir faire découvrir facilement des artistes parfois moins connus du grand public.

Un petit plus pour agrémenter la lecture: la présence d’images d’autres oeuvres. Cela aurait peu-être comme conséquence un surcoût, mais cela amènerait un peu plus de concret encore au lecteur.