Son of a Gun, publié en janvier 2026 chez Grand Angle, annonce dès sa couverture l’univers qu’il propose : un western … revisité avec un humour irrésistible. Le scénario est signé par Philippe Pelaez, auteur prolifique et éclectique, déjà remarqué pour son récent roman graphique sur JFK ou pour la série Trois touches de noir. Le dessin est assuré par Sébastien Corbet, moins connu, mais dont le talent éclate ici avec force.

Un western explosif

Dans le désert brûlant du Mexique, où les bandits règnent et où les revolvers font la loi, Kentucky T. Mc Bride suit une règle simple : l’appât du gain dicte toutes ses décisions. Nouveau shérif d’une ville qu’il vient lui-même de dépouiller, il n’hésite pas à trahir ses anciens complices pour toucher une prime colossale avant de se lancer à la poursuite du dernier fugitif.

Sa route prend vite un tournant inattendu. Entre une chasseuse de primes impitoyable, un nain trop bavard et une chèvre étonnamment rusée, ce qui semblait être une simple chasse au voleur se transforme en course folle. Tous sont désormais à la recherche d’un trésor légendaire, dans un enchaînement d’embûches où chaque erreur peut coûter très cher.

Le Bandit, la Belle, le Nain … et la Chèvre

Son of a Gun ! revisite avec malice les codes du western classique tout en rendant hommage à La Trilogie du Dollar de Sergio Leone. Dès la couverture, clin d’œil à Renato Casaro, « le dernier peintre du cinéma » et auteur notamment de l’affiche du Bon, la Brute et le Truand, le ton est donné : pastiche et parodie se mêlent à l’humour, accessibles même à ceux qui ne connaissent pas les classiques du genre. Les cinéphiles apprécieront les références subtiles, mais la lecture reste délicieusement savoureuse pour tous.

L’univers est peuplé de personnages hauts en couleur. Kentucky T. McBride, criminel à la gouaille facile, déteste les animaux mais charme par son imprévisibilité. À ses côtés, Dolorès Cordora de Sandoval, séduisante chasseuse de primes, manie revolver et couteau, toujours accompagnée de son dogue allemand, obéissant au moindre sifflement. Et puis Cleveland Kirtley, nain unijambiste, qui ne perd jamais sa chèvre des yeux, car sans elle : pas d’argent ! Bref, le Bon, la Brute et le Truand deviennent ici … le bandit, la Belle, le Nain… et la chèvre.

Le scénario, structuré en quatre chapitres, permet à chaque personnage de briller tout en maintenant un rythme effréné. Fusillades à la Tarantino, trahisons, rebondissements et humour noir se succèdent, entraînant le lecteur jusqu’à la frontière mexicaine, où même les animaux jouent un rôle clé.

Le dessin, volontairement caricatural et suffisamment expressif, s’accorde parfaitement avec le ton comique de la BD. Les couleurs, bien maîtrisées, rendent la lecture particulièrement agréable.

Bref, grâce à des dialogues et des dessins parfaitement exécutés, l’humour est omniprésent : jeux de mots, situations absurdes et échanges savoureux s’enchaînent sans jamais ralentir l’action.

En somme, Son of a Gun ! est une lecture rafraîchissante qui séduira, plus particulièrement, les amateurs de western, tout en constituant une excellente porte d’entrée pour sensibiliser les plus jeunes au cinéma et, plus spécifiquement, au genre du western spaghetti, dont elle propose une satire assumée et jubilatoire. Véritable hommage à Sergio Leone, père du western spaghetti, l’œuvre s’inscrit dans l’héritage de la mythique Trilogie du dollar (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand). Ces films, aujourd’hui devenus des classiques intemporels, ont permis au monde entier de découvrir Clint Eastwood ainsi que les compositions inoubliables d’Ennio Morricone.

L’intrigue se suit avec un réel plaisir, portée par un dessin expressif et un ton irrévérencieux qui détourne avec malice les codes du genre. Entre satire mordante de la cupidité, action effrénée et humour efficace, Son of a Gun ! s’impose comme un incontournable de ce début d’année, capable à la fois de ravir les connaisseurs et d’éveiller la curiosité d’un nouveau public pour un pan essentiel de l’histoire du cinéma.