Une histoire sympathique et pleine d’humour qui transporte le lecteur dans les rues de Ouagadougou. Les aventures de ce vantard de Kirikou, rien à voir avec le petit personnage de Michel Ocelot et de la belle Adjaratou plonge le lecteur dans la vie quotidienne de beaucoup de jeunes urbains désœuvrés. C’est aussi une approche réussie des mentalités. On découvre la parenté à plaisanterie, ici entre Mossis et Samos et leurs joutes verbales, que l’on retrouve dans toute l’Afrique de l’Ouest comme entre Sérères et Diolas au Sénégal mais aussi les différences de classes sociales et les rêves de fortune entre petits boulots, débrouille et solidarité.

La débrouille qui donne son titre : ting tang, omniprésente qui permet à Kirikou de gagner son pari.

La BD est aussi un documentaire sur la vie au Burkina aujourd’hui pour casser les représentations d’une Afrique de cases : une ville avec ses beaux quartiers d’immeubles1 mais aussi ses larges avenues de terre, ses petits commerces et notamment ses maquis : nombreux petits restaurants populaires. Une lecture précise des illustrations donne à voir de nombreux détails de la vie quotidienne: la douche2, les porteurs d’eau des quartiers populaires3, les enseignes et publicités, les plats que l’on consomme aussi dans la rue et surtout les incontournables taxis collectifs verts de la capitale du Burkina Faso.

Si la virée des dernières pages aux cascades4 paraît un peu invraisemblable car beaucoup trop loin de Ouagadougou l’ensemble démontre une très bonne connaissance du pays, exprimée dans les dernières lignes de l’annexe : « Ils ont mis tout ce qui les avais charmés, amusés, surpris, un peu à la manière d’un carnet de voyage, de façon à immerger le lecteur dans la réalité ougalaise ». Pari réussi.

 

 

Présentation sur le site de l’éditeur : https://www.la-boite-a-bulles.com/album/557

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1   pages 5, 47

2   p. 42

3   p. 83

4   La région des Cascades est située à l’extrême Sud-Ouest du Burkina Faso