Et si on vous prenait la main pour vous narrer une certaine histoire du football ? L’entreprise est une réussite.

Explications.

Tout d’abord, la séduction opère totalement grâce au trait expressif, dynamique et sobre du dessinateur sicilien Bonaccorso. En outre, les couleurs, dans les tons pastels, confèrent une certaine humilité au travail graphique. Ensuite, l’angle narratif – ou historiographique – retenu dit “populaire”, adjectif qui a le vent en poupe en ces temps de renouveau des populismes sur notre planète, a l’immense mérite de replacer cette histoire dans une perspective économique et sociologique. La contextualisation est centrale dans cette bd. Comme l’illustrent les racines du jeu qui plongent dans les élites britanniques du XIXe siècle, même si nous savons par ailleurs que la soule médiévale n’a pas attendu les lords anglais pour exister sur le Vieux continent.

Le foot vu d’en bas

En treize zooms chrono-thématiques de cinq ou six pages, blottis dans huit chapitres (Origines, Réappropriation, Internationalisation, Emancipations, Résistances, Indépendances, Ferveurs, Révolutions), les auteurs éclairent des zones d’ombre de l’avènement mondial du foot que la grande majorité des fans actuels du ballon rond ignorent sans doute. On pourra certes objecter que certains sujets sont assez convenus (le football féminin) ou téléologiques (le processus de l’enclosure et ses conséquences), voire schématiques (le déterminisme dominants-dominés). Mais en tout cas, on quitte ces 140 pages la tête pleine de références inconnues, d’illustres inconnu(-e)s et de réflexions salutaires.

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