La bande dessinée 11 novembre 1918 – Au cœur de l’Armistice, de Jean-Yves Le Naour et Cédrick Le Bihan, raconte les événements qui conduisent à la fin de la Première Guerre mondiale, et plus précisément les coulisses de l’armistice, notamment du point de vue allemand, plutôt que de raconter toute la Première Guerre mondiale. C’est précisément le choix revendiqué par l’historien Jean-Yves Le Naour pour cette collection.
L’inévitable défaite allemande
L’histoire se déroule principalement en novembre 1918, alors que l’Allemagne est épuisée par plus de quatre années de guerre.
Le général allemand Ludendorff comprend que son pays ne peut plus gagner la guerre et cherche à obtenir un armistice plutôt qu’une capitulation encore plus impactante. Il pousse donc le gouvernement allemand à demander l’arrêt des combats.
Cependant, Ludendorff cherche ensuite à faire porter la responsabilité de la défaite aux responsables politiques et aux généraux incapables de maîtriser leurs troupes. L’avancée de la triple Entente fait peur aux soldats allemands, qui décident de se rendre ou de reculer. C’est la débâcle.
Une crise politique majeure et des révoltes dans le pays
Pendant ce temps, l’Allemagne connaît une véritable crise politique et une révolution commence à se développer.
Le gouvernement allemand choisit Matthias Erzberger pour négocier avec les Alliés.
Il doit se rendre dans la forêt de Compiègne au nord de Paris, où les négociations ont lieu dans un wagon français. Il y rencontre notamment le peu commode maréchal Foch, qui représente les Alliés.
Les conditions imposées à l’Allemagne sont particulièrement difficiles : elle doit notamment évacuer les territoires occupés et accepter de lourdes contraintes militaires ainsi que des réparations de guerre. L’objectif des Alliés est alors de récupérer des armes afin que l’ennemi ne reprenne pas les combats dans quelques mois.
L’armistice est signé
Erzberger proteste contre certaines de ces exigences, mais il comprend que son pays n’a pratiquement plus le choix. Après un délai de réflexion de 72h, il finit donc par signer l’armistice le 11 novembre 1918. À 11 heures, les combats cessent officiellement sur le front occidental.
En France, cette nouvelle provoque une immense joie et les populations célèbrent la fin de la guerre. Mais du côté allemand, la situation est beaucoup plus difficile et la défaite est vécue avec humiliation.
Erzberger, qui a pourtant participé à la fin des combats, est considéré par certains Allemands comme un traître.
Cette humiliation contribue notamment à la naissance de la légende du « coup de poignard dans le dos », repris par la propagande d’Hitler durant l’entre-deux guerres. Cet homme a échappé par la suite à deux tentatives d’assassinats, mais la troisième lui fut fatale en 1921.

La BD montre ainsi que le 11 novembre ne représente pas seulement une victoire française, mais aussi un moment complexe pour l’Allemagne et pour l’Europe.
Elle permet de comprendre que l’armistice met fin aux combats sans régler définitivement les tensions entre les pays.



