Cette BD aborde une migration peu connue : l’installation de réfugiés vietnamiens en Australie, après la chute de Saïgon en 1975. L’auteur Clément Baloup a recueilli la mémoire de cette histoire, qui fait écho au vécu et aux sentiments de beaucoup de migrants à travers le monde.
Si la version en anglais a été publiée par un éditeur en Australie Vietnamese Memories : Dow Under, cette version en français a été rendue possible grâce à un financement participatif sur le site de Degun éditions. Clément Baloup a déjà publié 4 volumes des Mémoires du Viet Kieu : Quitter Saigon, T 1, La Boîte à bulles ; 2018, Little Saigon, T 2, La Boîte à bulles, 2019 ; Les Mariées de Taïwan, T 3, La Boîte à bulles, 2019, Les engagés de Nouvelle-Calédonie, T 4, La Boîte à bulles, 2020.
La première page rappelle la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, des scènes qui évoquent les mêmes tentatives de fuite qu’à Kaboul en août 2021.
Les témoignages de réfugiés ou de leurs enfants, la seconde génération, s’enchaînent.
On découvre le camp de réfugiés de Pulau Bidong, en Malaisie qui a accueilli les premiers « Boat-people », avec le récit de la traversée mouvementée de la famille Lièm et l’intégration de Thao jusqu’à un poste à l’université, mais toujours orpheline de son Vietnam natal malgré les difficultés de la vie après l’arrivée des communistes, dans le sud.
Le petit magasin de Vivien, à Sydney, est l’occasion d’évoquer le racisme qui l’a conduite à une carrière d’avocate de sa communauté.
Viennent ensuite des témoignages de la seconde génération : Phong à la recherche de l’amour, le conflit d’identité d’Andy et le trauma transgénérationnel jusqu’à la drogue chez beaucoup de jeunes australiens issus de l’immigration, la délinquance, terreau de l’extrême droite.
Vân, arrivée seulement en 2012, enseigne l’anglais aux primo-arrivants et découvre les manifestations du drapeau jaune, chaque 30 avril devant l’ambassade du Vietnam à Canberra, témoignage de la mémoire des réfugiés de 1975.
C’est aussi un devoir de mémoire qui pousse Dông à rénover les tombes oubliées de Pulau Bidong.
La qualité du dessin vient soutenir un texte sensible et plein d’humanité.



