14-18. T. VIII, « La Caverne du Dragon (mai 1917) »
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Éric Corbeyran (sc.), Étienne Le Roux (ill.), Jérôme Brizard (coul.)

14-18. T. VIII, « La Caverne du Dragon (mai 1917) »

éd. Delcourt, coll. « Histoires et Histoire », 25 oct. 2017, 48 p.,14,50 €

Frédéric Stevenot
dimanche 11 février 2018

14-18 forme une série de dix volumes, chaque opus mêlant parfois aux vignettes classiques des aquarelles et des dessins qui rappellent des photographies (couverture intérieure, p. 5). On y suit un groupe de huit hommes depuis la mobilisation d’août 1914, dans un récit qui prend deux moments d’une année de guerre : Delcourt fait paraître deux tomes par an depuis le 20 août 2014. Cela constitue évidemment l’intérêt principal de la série, d’autant que les auteurs se basent sur une documentation qui permet à la bande dessinée d’éviter tout anachronisme, notamment dans l’équipement des soldats.

Le précédent volume de 14-18 se déroulait déjà sur le Chemin des Dames. Il se situait en avril 1917, au moment de l’offensive Nivelle, de son échec rapide et des « mutineries » qui l’ont suivi. On retrouve le groupe, dont on se doute bien qu’il a été diminué au fil du temps. Mais l’album s’ouvre sur un prologue qui se place en septembre 1925, dans le cabinet médical de l’un des protagonistes de la série : Jules Le Bris. Vient le visiter un compagnon de captivité, britannique, Steven. C’est l’occasion de se remémorer le groupe en butte avec un sergent caricatural : agressif, imbu de son autorité, mais incompétent et surtout dangereux lors des opérations. Ainsi, un coup de main sur la Caverne n’atteint pas son but par sa faute. Des hommes sont capturés, dont Jules Le Bris. On suit alors celui-ci alors dans un camp de prisonniers, à Crossen. Jules est bientôt transféré dans une ferme, avec quelques compagnons d’infortune, tenue par une veuve de guerre. Cela rappelle le scénario de La Grande Illusion : la fermière porte le même prénom que la fille d’Elsa, Lorelei ; elle a les yeux bleus de Dita Parlo ; mais Jules Le Bris n’a pas les scrupules de Maréchal.

Dans ce volume, les auteurs ont poussé leur souci du détail jusqu’à employer le terme local qui sert à désigner les cavités que l’on trouve dans les plateaux du Laonnois, à savoir les « creuttes » (ou creutes). Il n’empêche pas que l’on s’étonne de quelques bizarreries, heureusement fort rares. Ainsi, la déambulation dans la Caverne du Dragon s’effectue de nuit, mais les soldats peuvent circuler quasiment sans problème grâce à l’éclairage que leur apporte des cheminées d’aération. Il ne faut toutefois pas s’arrêter à cela : les élèves (et leurs enseignants) pourront s’appuyer en toute confiance sur 14-18 pour renforcer leurs connaissances sur la première guerre mondiale, le conflit étant ici vu « d’en-bas », au niveau des hommes. On est loin des promesses non tenues des publications largement diffusées dans l’après-guerre comme le 1914-1918. La grande guerre, vécue, racontée, illustrée par les combattants [1], dont les auteurs étaient René Christian-Frogé,‎ Christian Frogé, et Philippe Pétain soi-même.

On attend avec d’autant plus d’impatience les deux derniers volumes


Frédéric Stévenot, pour Les Clionautes

Par Frédéric Stevenot

[1Deux volumes édités par la librairie Aristide Quillet, 1922.

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