Gergovie, la victoire, narre, sous la forme d’un roman graphique librement inspiré du récit césarien de la guerre des Gaules, la cuisante défaite romaine de Gergovie et les événements qui l’ont précédée, tels le siège terrible d’Avaricum (Bourges).

Les auteurs de la bande dessinée ont choisi de présenter la confrontation entre César et Vercingétorix comme un subtil Kriegspiel, où chacun compte les coups de l’adversaire et tente d’anticiper ses réactions. La guerre se fait confrontation physique et déploiement diplomatique où l’on fomente des alliances et craint les éventuelles trahisons.

On revoit, dans la bande dessinée, le fils et le neveu du timouque massaliote Mélésias déjà présents dans l’album Bibracte. Ces personnages fictifs se retrouvent, par les caprices du hasard (et d’une mauvaise chute) séparés, l’un servent de porte-plume à Vercingétorix, l’autre à César. D’autres personnages font leur apparition comme la belle et intrigante Gaëlla…

Les auteurs ont, une fois encore, tenu compte des acquis de la recherche pour créer décors et combats et la bande dessinée se lit avec plaisir, notamment lors de la bataille du plateau de Gergovie qui, comme l’écrit dans son propos liminaire Vincent Guichard, ne s’est sans doute pas déroulée « la fleur accrochée au fourreau » de l’épée. Le même auteur précise que la bataille a dû voir tomber plus de Romains que de Gaulois et que « fait unique dans son récit, César avoue la mort de sept cents hommes sous les murs de l’oppidum arverne ».

Gergovie constitue un agréable syncrétisme entre fiction et reconstitution historique.

Voir le site de l’éditeur ICI