Le présent ouvrage est une synthèse très intéressante sur la culture pop coréenne et ses rapports avec le monde occidental.

Introduction

L’auteur présente ce qu’est la Hallyu : la pop culture sud coréenne, initiée par le groupe BTS et son titre Dynamite. Cette mise en contexte est intéressante, associée à une historiographie critique et commentée.

Le capitalisme de l’entertainment

L’analyse est poussée. Il s’agit d’une véritable étude historique que l’application du capitalisme occidental et sa modification par les Coréens. On retiendra deux notions dans ce chapitre : la désindividualisation et la sérialisation des produits sud-coréens. Ces productions sont étroitement liées au capitalisme et aux choix du public.

Une globalisation alternative de la pop culture

Dans ce chapitre une étude statistique précise la production pop culturelle dans le monde, ainsi que la place de la Hallyu. La comparaison avec les Etats-Unis et le Japon permet d’illustrer clairement les spécificités sud-coréennes dont l’hybridation et l’exaltation du beau.

Du soft power au sweet power

Le soft power exposé par Nye (1990) est clairement repris pour la Corée du Sud. Il est même développé avec la notion de diplomatie culturelle que l’on doit à Iwabuchi (2015). On comprend, alors que la Corée du Sud s’impose comme une alternative à la pop-culture américaine et au phénomène  » cool Japan ». La pop culture coréenne est clairement inspirée du nation branding, mais le surpasse pour un global brand, avec toutes les limites qui l’accompagnent.

Théorie des affinités électives cosmopolites

Une réflexion sur l’appétence de la Hallyu. Quelques idées sont intéressantes et mériteraient d’être approfondies dans les futurs : la volonté de résister à la domination japonaise pour les pays asiatiques, la mixité culturelle de la Hallyu. Un profil se dégage pour le cas français. Cependant, les récentes études sur le sujet ne permettent que  d’effectuer des hypothèses viables, qui resteront à confirmer ou à infirmer à l’avenir.

D’une vague à l’autre : esthétique et intimité numérique

Ce chapitre traite des « points d’accroches » de la Hallyu. On retient ici : l’envie de nouveauté, la volonté de se démarquer d’une vision occidentalo-centrée, l’appétence pour l’esthétique coréenne. Pour cette analyse, l’auteur s’appuie sur des témoignages de fan de la Hallyu, ce qui illustre parfaitement ses idées. Un point est fait sur l’importance des réseaux sociaux et l’étroite familiarité avec la pop culture japonaise qui a ouvert la voie à la pop culture sud coréenne. Enchantement et désenchantements de l’ailleurs. 

Une analyse de la réception de la Hallyu en France est effectuée ici. L’auteur début par les aspects positifs, en s’appuyant toujours sur des témoignages de jeunes français. La Hallyu sert une vision positive de l’avenir de la Corée du Sud, rassure avec la tradition confucéenne et le respect d’autrui, ouvre la voie à des réflexions profondes sur la condition humaine. Pour les aspects négatifs, ils sont également détaillés : la dictature du beau, la domination masculine et l’hétéronormativité, la compétition effrénée, la société de place et d’exclusion.

Se singulariser avec la Hallyu

Ce dernier chapitre démontre que la passion pour la Hallyu permet d’analyser la jeunesse et l’adolescence française. Jeunesse qui a la volonté de grandir, de gagner en autonomie. La Hallyu sert de « boussole pour garder le cap » dans les turpitudes de la construction psychique, sociale et physique des jeunes. Cette passion est tout de même minoritaire et déclenche des effets sociaux réels. Même si les jeunes fans se sentent marginalisés, l’empowerment et le cosmopolitisme leurs permettent de ne pas se sentir seuls.

Conclusion  : La Hallyu au delà de la pop-culture

L’auteur donne une définition plus complète de la Hallyu et démontre le lien avec  la géopolitique du monde actuel et les enjeux à venir.

Cet ouvrage est très enrichissant pour ceux ayant une appétence pour la pop-culture coréenne, pour les professeurs de spécialité d’HGGSP, et pour les professeurs désireux de mieux comprendre leurs élèves fans de la Corée. L’auteur est clair, effectue toujours une mise en contexte et une synthèse. L’ensemble est limpide, facile à lire et intellectuellement très solide.