La série d’Histoire à l’usage des enfants et adolescents (mais pas seulement) se poursuit. Viennent de paraître deux nouveaux volumes, à savoir « Les Vikings. Marchands et pirates » et « La Découverte des dinosaures. Une révolution archéologique ».

Dans le premier ouvrage, les auteurs s’attachent à détruire les mythes qui entourent les Vikings. Essentiellement perçus comme de terribles conquérants, impitoyables — comme dans le film de Richard Fleicher (1958), mais ce n’est pas le seul —, on oublie trop souvent leurs activités commerciales. Mais le souvenir de leurs incursions en Europe, entre les VIIe et XIe siècles, relayé par les chroniqueurs, a été le plus fort. Fabrice Erre rappelle l’étendue de leur réseau d’échanges, de Bagdad au Groenland, sans oublier l’établissement éphémère en Amérique du Nord, dans le Vinland, mais aussi les royaumes fondés dans les îles Britanniques ou en Europe de l’Est. Il ne néglige pas l’héritage laissé par cette civilisation, que ce soit sous la forme d’une région — la Normandie —, du parlement de l’île de Man — le Tynwald. Ne manque au tableau que celui que l’on voit encore en Sicile, quand les Guiscard y ont établi leur pouvoir, avec pour conséquence le développement d’une société à la fois normande, byzantine et musulmane.

L’ouvrage se termine par les biographies de célèbres Vikings (Erik le Rouge…), un point sur les navires et sur les divinités.

 

L’autre opus est consacré aux dinosaures. Mais en réalité, comme l’indique le sous-titre, les auteurs proposent à leurs lecteurs une réflexion sur l’apport de l’archéologie, non pas comme source « auxiliaire » de l’Histoire, mais bien comme une science à part entière quand il n’y a pas d’autre moyen d’établir ce que fut le passé. On y lit la perplexité des savants face aux premiers fossiles retrouvés, le rôle décisif de Cuvier, et surtout de William Buckland et Gideon Mantell. Le trio est en relation et l’idée d’espèces complètement disparues  — si l’on excepte leurs lointains héritiers, comme les oiseaux — commence à voir le jour. Dès lors, l’intérêt pour ces sauriens d’un autre âge se développe, et on en identifie progressivement de plus en plus. Leur représentation s’affine également, comme on le voit avec l’ignanodon. Des aspects restent incertains, comme leur couleur.

En fin de volume, on trouvera un point sur le traitement des fossiles retrouvés, jusqu’à leur exposition dans des musées, un autre sur la reconstitution de la vie des dinosaures, et une chronologie.

 

Ces deux tomes regorgent d’informations, comme d’habitude, mais le jeune lecteur est pris par un récit bien mené, avec des notes d’humour, conduit par les deux personnages auxquels il peut s’identifier.


Frédéric Stévenot, pour Les Clionautes