Sous la direction de deux éminents spécialistes du monde rural[1], les éditions Armand Colin nous permettent de découvrir un manuel très dense et d’une actualité remarquable sur le thème des espaces ruraux en France ! Ainsi, l’ouvrage rassemble les contributions de plus d’une trentaine d’auteurs dans près de 500 pages avec de nombreux encadrés et figures et de nombreuses références bibliographiques pour compléter en prime chaque chapitre ! En introduction, Yves Jean et Laurent Rieutort posent les principales problématiques du sujet qui seront approfondies par la suite. Ils commencent par rappeler qu’il n’y a pas deux mondes opposés mais bien une interpénétration constante entre les villes et les campagnes avec des limites qui s’effacent et des transitions et des interstices (mais aussi des enjeux, des acteurs, des représentations…) bien complexes (pp. 1-2). Les 23 chapitres de ce manuel sont regroupés en quatre grandes parties qui permettent d’aborder successivement les définitions et l’organisation de la France rurale, les dynamiques rurales observées sous l’angle de l’innovation[2], les recompositions des principales fonctions économiques, environnementales et patrimoniales et enfin, la diversité géographique des trajectoires territoriales.

 « Le présent ouvrage […] s’inscrit dans la continuité des travaux qui, depuis les années 1980, avec les recherches de Bernard Kayser sur la ‘’renaissance rurale’’, renouvellent l’approche des campagnes françaises. Il répond à la nouvelle question aux concours de l’enseignement secondaire mais concerne également tout lecteur et tout acteur qui souhaite mieux comprendre les mutations observées depuis cinquante ans dans les ruralités de notre pays. Cet ouvrage montre la complexité de la définition des espaces ruraux mais aussi l’importance des interaction rural/urbain. »

Yves Jean, Laurent Rieutort [dir.],

Les espaces ruraux en France,

Éditions Armand Colin, 2018, p. 1.

 

Définition et organisation de la France rurale (pp. 15-118)

        Cette première partie explore les évolutions singulières de la société française depuis le début du XIXe siècle (transition démographique très courte, comportement malthusien des paysans à la fin du XIXe siècle pour ne pas partager la terre et surreprésentation du monde agricole jusqu’au milieu du XXe siècle). Ces phénomènes ont largement facilité une représentation biaisée des campagnes françaises, celles-ci marquées par des imaginaires figés sur un découpage net entre la ville et la campagne. Comment donc sortir des clichés ? Comment s’organise cette France rurale ? Quels outils pour étudier celle-ci et surtout quelle(s) définition(s) pour ces espaces si labiles ? Pierre Cornu replace tout d’abord la géographie rurale de la France dans un panorama historique et épistémologique depuis sa genèse dans l’Entre-deux-guerres jusqu’aux questionnements d’aujourd’hui et l’émergence des questions autour de l’anthropocène et de l’écologie. Le rural en France a été longtemps enveloppé d’un « manteau de représentations [constituant] ainsi un véritable marqueur culturel de la société française de ces représentations inscrit dans la longue durée… [qui explique le] déphasage entre le discours et la réalité des moyens mis dans l’action publique […] en faveur de l’agriculture et de la ruralité » (p. 17). Ainsi, ce chapitre permet de mieux cerner le rôle des représentations collectives et leurs influences sur la difficile prise en compte des mutations complexes des espaces ruraux contemporains. De fait, la crise de la représentation politique et les représentations collectives accompagne la crise des territoires ruraux et leur capacité à se projeter dans l’avenir (p. 17). Laurent Rieutort développe les enjeux de la définition des espaces ruraux, définition qui suscite et alimente de nombreux débats parmi les géographes puisqu’il est impératif de sortir du « tout ce qui n’est pas urbain » et donc d’une définition « en creux » (dichotomie urbain/rural). Les interactions entre villes et campagnes sont nombreuses et multiformes et donc définir le rural dans sa diversité n’est pas chose aisée (même en retenant des critères socio-démographiques). Monique Poulot, analyse par une approche diachronique les recompositions successives des relations villes-campagnes. Chacun de ces types d’espace représente un mode d’organisation de l’espace, un type de rapports des sociétés à leur espace et l’étude des liens entre la ville et la campagne a constitué « un thème majeur des recherches en sciences sociales avec la mise au jour de solidarités territoriales et sociales, notamment aux échelles régionales et nationales » (p. 55). Dominique Royoux étudie ensuite les bourgs-centres et les petites villes (des espaces au cœur de la trame urbaine) qui présentent une géographie diverse et des trajectoires variées (parfois divergentes). Largement centraux dans l’organisation des territoires ruraux par « leur poids démographique, leur offre en commerces et services, […] leur rôle dans l’organisation des territoires politico-administratifs (intercommunalités) et grâce à leur capacité à polariser des zones d’emploi des bassins de vie » (p. 73) et malgré des dynamiques structurantes qu’ils peuvent impulser, ils sont pourtant bien souvent en marge des politiques publiques et des recherches en géographie. Enfin, Michel Lompech plonge au cœur de l’espace rural et s’intéresse au village, « point de ralliement des habitants de la commune et représentent souvent l’emblème du territoire et de sa petite communauté humaine […constituant] un repère important, historiquement pour les populations rurales, et plus généralement en France pour de nombreux urbains qui ont des origines rurales » (p. 92). Sa définition est toujours délicate bien qu’il constitue non seulement un élément du paysage agraire étudié depuis longtemps par les géographes mais aussi un « fait culturel complexe » (Chiva, 1992) au cœur des transformations rurales contemporaines. Les villages ont ainsi été profondément transformés au cours du XXe siècle (autant dans leurs diverses fonctions que dans les formes de leur bâti) Ces mutations nécessitent « l’invention d’un urbanisme spécifique à l’habitat rural » (p. 92).

Les dynamiques rurales : innovations et créativité (pp. 119-209)

         Après avoir connu différentes phases d’« exode rural » depuis le milieu du XIXe siècle, les espaces ruraux français « bénéficient majoritairement d’une reprise démographique depuis les années 1970-1980 – qualifiés de rebond, de renouveau ou encore de renaissance (Kayser, 1980) – au regard du siècle de décroissance qui l’a précédée » (p. 120). Pierre Pistre et Frédéric Richard proposent ainsi une synthèse des grandes évolutions sociodémographiques récentes des espaces ruraux français. Multiples et variables d’un espace à l’autre, elles renforcent la complexité d’analyse de ces espaces. Les auteurs analysent ainsi les phénomènes sociologiques des dynamiques spatiales en regardant tout particulièrement les phénomènes de paupérisation et de gentrification de certaines campagnes, confirmation d’une grande diversité des situations et des enjeux. L’espace rural est « pris dans un triple mouvement de mutations : la mondialisation des économies qui s’accompagne d’une très forte métropolisation, les mutations technologiques et depuis la fin des années 2000 la crise économique et financière qui affecte particulièrement les finances publiques. Il existe une relation étroite entre l’emploi, les dynamiques démographiques et les dynamiques territoriales globales. » (p.138). Samuel Arlaud étudie lui, les dynamiques de l’emploi et les innovations sociales qui traduisent encore de fortes disparités. François Taulelle s’attaque à la question des services publics en milieu rural régulièrement l’objet de disputes et de débats autour de prétendues « fractures territoriales » qui traverseraient l’hexagone, illustrations de représentations simplistes autour d’une opposition croissante entre les « villes » et les « campagnes » régulièrement mobilisées par les élus et les médias. Pour Guillaume Lacquement et Pascal Chevalier l’hétérogénéité de la ruralité contemporaine « questionne la conception et l’application du [des] modèle[s] de développement qui lui sont dédiés » (p. 175). L’actuel « modèle », impulsé par la PAC (programme LEADER 2014-2020), n’est toutefois qu’un des « modèles » de développement rural possible et très dépendant de son appropriation selon les acteurs et les territoires. Fabien Conord conclut par une géopolitique des espaces ruraux et brosse un tableau des évolutions de la géographie électorale du monde rural entre permanences et mutations récentes et brutales (nette percée du Front National en milieu rural). Il pose enfin la question de savoir si les communes rurales seraient un cadre privilégié à l’expression et à l’exercice de la démocratie.

Des fonctions en recomposition (pp. 211-355)

         Dans cette troisième partie, chacune des contributions est une analyse fine des différentes recompositions en cours des espaces ruraux en France traduisant, là encore, une très grande hétérogénéité des situations géographiques. Après avoir rappelé que « pour les géographes, les paysages ruraux sont l’expression de l’organisation des territoires » (p. 212), Michel Périgord souligne que la notion de paysage est convoquée pour « qualifier les espaces agricoles et forestiers en tant que lieu à habiter et à visiter » (p. 212). Les formes et les couleurs des paysages ruraux révèlent les transformations fonctionnelles des espaces ruraux. Philippe Moustier conclut le chapitre par une étude de cas sur la diversité des paysages ruraux et agricoles en Provence- Alpes-Côte d’Azur. Daniel Ricard étudie lui les systèmes et « modèles » agricoles en France, et souligne les mutations considérables qu’a connue l’agriculture française et les profondes recompositions contemporaines. Salma Loudiyi poursuit ces réflexions en s’attachant tout particulièrement aux questions d’agricultures et d’alimentations de proximité car l’agriculture est bien entendu au cœur d’enjeux majeurs au sein des territoires ruraux. Elle analyse tout particulièrement les thématiques de reterritorialisation(s) de l’agriculture et de relocalisation(s) de l’alimentation. Christine Margetic se penche sur les trajectoires variées et contrastées de l’industrie rurale en France et analyse ensuite les facteurs explicatifs des processus qui permettent de comprendre pourquoi certaines entreprises restent en milieu rural. Une autre fonction, le tourisme, est souvent convoquée, notamment par les acteurs publics lorsque l’on évoque les espaces ruraux, présenté ici comme source d’emplois et de développement local pour compenser la diminution de l’activité agricole. Pascal Desmichel vient en contre-point de cette idée très répandue et étudie les mutations de cette activité depuis les années 1960. Il montre bien le lien entre les mutations et les dynamiques de l’activité touristique et les recompositions des campagnes (typologie). Farid Benhammou, par les imbrications entre les questions environnementales et les espaces ruraux, dégage une typologie des conflits avec trois entrées :

  • Les conflits environnementaux liés à des aménagements rejetés (Subra, 2016 & 2018), notamment les tensions liées au nucléaire et le phénomène des « ZAD » (« zones à défendre »).
  • Les conflits découlant de la protection de l’environnement et liés à la chasse.
  • Enfin les conflits environnementaux liés aux mutations de l’agriculture contemporaine.

Claire Delfosse conclut cette partie en étudiant la question culturelle (« inhérente à la définition de la ruralité et aux représentations que l’on se fait de l’espace rural » p. 332) dans les ruralités. Quand on évoque la culture en milieu rural, on est « souvent dans des contrastes, voire des oppositions entre désert et foisonnement culturel, entre culture ‘’amateur’’ et culture professionnelle, entre une culture portée par une vision nostalgique de la campagne, et une autre qui vise la modernité et l’innovation » (p. 332). La ruralité est complexe et s’intéresser à la culture en milieu rural c’est s’intéresser avant tout à un maillage, un réseau de lieux, d’acteurs et de politiques.

La diversité des trajectoires (pp. 357-483)

        Cette quatrième partie s’ouvre par un chapitre d’Éric Bordessoule intitulé « l’espace rural, quelle typologie ? » Dans lequel il dresse un rappel des différentes typologies élaborées depuis les années 1950. En effet, « jugé classique, voire académique, l’établissement d’une typologie peut sembler un exercice désuet, ce dernier s’impose toutefois comme une réelle nécessité pour le Géographe soucieux d’aborder l’espace rural français » (p. 358). L’espace périurbain, espace de l’entre-deux ou « tiers espace » (M. Vanier, 2000) y est aussi interrogé : urbanité du rural ou ruralité de l’urbain ? La diversité de ce type d’espace est aussi forte que dans le cas des espaces étudiés précédemment. L’auteur poursuit par les caractéristiques des espaces « hyper-ruraux » et des compagnes attractives et multifonctionnelles. La question de ces espaces « hyper-ruraux » et celle du développement local sont ensuite spécifiquement abordées par Laurent Rieutort dans le chapitre suivant. Éric Bordessoule développe dans le chapitre 20, les ruralités diverses de l’espace montagnard, trop longtemps considérées comme l’ « archétype du ‘’rural profond’’ » (p. 402). Aujourd’hui, on tente ainsi de « mettre en en œuvre une politique de la montagne, de corriger les handicaps, de susciter le développement. » (p. 402) afin de favoriser l’attractivité de celui-ci. Monique Poulot, Claire Aragau et Lionel Rougé reviennent ensuite sur le cas des campagnes périurbaines et rappellent que celles-ci sont sans doute les « plus dissimulé[s] » (p. 418), souvent délaissée par les ruralistes qui y voient une domination de la ville et par les spécialistes de la ville, qui y repèrent une forme peu accomplie de l’urbanité dont l’intérêt est limité. Cependant le périurbain compte des espaces ruraux associés à une terminologie et des notions variées, entre campagnes périurbaines et nouvelles ruralités. Les auteurs souhaitent interroger ces espaces dans leurs particularités rurales sans gommer leur lien à la métropole et leur rôle dans le fonctionnement métropolitain. Valérie Argeon développe ensuite les mutations des ruralités dans les territoires ultramarins avec une approche géohistorique. Ainsi, dans les « petites économies insulaires (PEI) ultramarines, l’activité agricole a joué un rôle historiquement structurant […], créatrice de richesse, ciment social, marqueur identitaire [elle] a investi différents rôles au cours du temps ». (p. 446). Enfin, Philippe Madeline, Michaël Bermond et Maxime Marie terminent ce tour d’horizon en étudiant les « campagnes vivantes », expression qui renvoie aux espaces ruraux de l’Ouest de la France plus qu’à tout autre espace métropolitain (p. 463). Ceux-ci ont connu des mutations importantes et des trajectoires diverses et rencontrent aujourd’hui de nouveaux défis comme la concurrence mondiale, les problèmes environnementaux et les inégalités sociales. Ces campagnes présentent toutefois de nombreux atouts pour « rester vivantes » et maintenir leur attractivité.

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         Yves Jean et Laurent Rieutort concluent ce manuel en insistant sur le fait que, quels que soit les aspects développés par les auteurs de ce dernier, tous relèvent et soulignent « l’importance des représentations et imaginaires de la ruralité, le retour de la notion et des pratiques de proximité qui créent de nouveaux liens entre villes et campagnes, des campagnes qui sont des lieux d’innovation. [Tous] insistent sur l’hétérogénéité des situations géographiques et démographiques, des processus économiques, sociaux ou culturels qui expliquent les contrastes et les fractures internes aux mondes ruraux » (p. 485). C’est cette pluralité de l’espace rural, la multiplicité des mondes et des territoires ruraux français qu’il faut garder à l’esprit quand on s’intéresse à cette thématique.

     En définitive, cet ouvrage est d’une solidité redoutable. Il s’agit certainement du meilleur manuel paru à ce jour sur les espaces ruraux en France, l’une des questions de géographie du CAPES externe d’Histoire-Géographie, de l’Agrégation d’Histoire et également retenue comme question de géographie des territoires pour l’Agrégation de Géographie. Par ailleurs, l’enseignant ou l’enseignante déjà en exercice y trouvera de quoi actualiser ses connaissances sur un sujet relativement mal connu, alors même que les nouveaux programmes de lycée viennent de paraître et que la France rurale y fait notamment l’objet d’une thématique à aborder en classe de Première(s) : « La France : des espaces ruraux multifonctionnels, entre initiatives locales et politiques européennes ». On émettra toutefois des réserves importantes sur certaines les figures proposées dans ce manuel et notamment les cartes (trop petites et en noir et blanc) et donc parfois difficilement réexploitables pour l’étudiant ou l’enseignant…

 


[1] Yves Jean, professeur de géographie, membre de l’EA 2252 « Ruralités », préside l’université de Poitiers depuis 2012. Il a été membre du jury de l’agrégation externe de géographie qu’il a présidé de 2010 à 2013. Ses thèmes de recherches concernent les mutations des espaces ruraux, l’aménagement du territoire, les politiques publiques et les jeux d’acteurs. Parmi ses publications, on retrouve notamment sa plume dans :

  • Un ouvrage collectif, sous la direction de Samuel Arlaud, 2007, Géographies de l’école rurale. Acteurs, réseaux, territoires, Ophrys, 303 pages.
  • Un ouvrage collectif, avec Martine Guibert, 2011, Dynamique des espaces ruraux dans le monde, coll. U, Armand Colin, 408 pages.
  • En collaboration avec Michel Périgord, 2017 (2e édition), Géographie rurale : la ruralité en France, Armand Colin, collection 128, 132 pages.

Laurent Rieutort, agrégé de géographie et professeur à l’université Clermont-Auvergne, est directeur de l’Institut d’Auvergne du développement des territoires. Au sein de l’UMR Territoires, ses travaux portent sur les nouvelles ruralités et la territorialisation des activités économiques et des politiques publiques. Citons à titre d’exemples :

  • Rieutort L., 2012, « Du rural aux nouvelles ruralités », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 59, 43-52.
  • Rieutort L., 2011, « La géographie française et la question rurale » dans, Dynamiques des espaces ruraux dans le monde, Armand Colin, Collection U, 408 pages.

[2] Thème de la journée d’étude organisée par l’Association des Géographes Français le 19 janvier 2019 sous la coordination de Claire Delfosse et de Monique Poulot (intitulée : « Les espaces ruraux en France : des espaces d’innovation ? ») qui donnera lieu à une publication dans le B.AG.F et que le lecteur ou la lectrice pourra consulter pour compléter la réflexion.

Présentation de l’éditeur

« Les enjeux conceptuels de la définition du rural introduisent ce volume qui aborde la ruralité sous l’angle des innovations sociales et culturelles, de la question des services publics et privés, des stratégies de développement territorial, des enjeux environnementaux ou géopolitiques, de l’analyse des filières agricoles et de la reterritorialisation de l’agriculture, du tourisme ou de l’industrie. Des campagnes vivantes de l’Ouest aux aires périurbaines, des territoires ultramarins à l’hyper-ruralité ou aux montagnes, le lecteur dispose d’une approche fine des mutations contemporaines des ruralités françaises.

Cet ouvrage traite des mutations contemporaines et des défis des ruralités françaises. Le parti pris a été de mettre l’accent sur la diversité et la complexité des recompositions et des trajectoires socio-spatiales. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture a vu ses effectifs diminuer, l’industrie rurale s’est renouvelée et, au cours des dernières décennies, c’est la tertiarisation qui a modifié les économies et les sociétés de ces espaces peu denses. Ces transformations ont accompagné de nouvelles différenciations au sein des campagnes, entre petites villes, gros bourgs ruraux en croissance et certains espaces en déclin. Gentrification et paupérisation, mobilités inégales, l’économie résidentielle ou nouvelles relations entre campagnes et villes… autant de phénomènes qui construisent, à différentes échelles, un système complexe de sociétés locales imbriquées de façon hétérogène dans un réseau urbain ancien, dense et hiérarchisé. »

©Rémi Burlot, pour Les Clionautes