Les Herbes de l’éternité de Kamisaka Sekka est une belle découverte de fin de période estivale.

Kamisaka Sekka (1866-1942) est un artiste aux multiples talents puisque à la fois dessinateur, peintre, rédacteur en chef et enseignant.

Il commence très jeune son apprentissage auprès du peintre Suzuki Zuigen et le continue, par la suite, avec Kishi Kôkei.

Sekka a réalisé de nombreux projets et il a, sa vie durant, œuvré pour une reconnaissance de la création artisanale.

L’homme a pu être présenté comme le « dernier grand représentant du courant décoratif Rinpa (p.7) ». Le mouvement Rinpa est un « courant unique dans l’histoire de l’art du Japon, (qui) se distingue (…) des autres écoles traditionnelles où le style se transmet de manière directe, de maître à élève. Les artistes de ce mouvement sont réunis par des affinités spirituelles et esthétiques. Leur style se définit par des formes épurées mises en valeur par des couleurs vives et des compositions d’une grande lisibilité. Leur répertoire de thèmes s’inspire à la fois de la nature, de la littérature et du théâtre classiques (définition donnée par le musée Cernuschi) ».

Les Herbes de l’éternité (Momoyogusa) ont été publiées entre 1909 et 1910, en trois volumes, avec vingt images par volume.

Si les thèmes abordés proviennent d’un répertoire classique, il se dégage de l’œuvre de Kamisaka Sekka une très grande modernité et l’excellente qualité des reproductions permet, en outre, d’apprécier véritablement le travail de l’artiste.

On mentionnera simplement (et c’est là une sélection très subjective), parmi les planches magnifiques qui figurent dans l’ ouvrage, le superbe « Les herbes de la pampa et la lune (p.90-91) », « Les chiots (p.108-109) » d’où se dégagent grande tendresse et humanité ou les haleurs de « Tirant le bateau (p.86-87) » qui semblent flotter dans l’espace, suspendus comme des cerfs-volants.

Les Herbes de l’éternité sont une vraie réjouissance.

Grégoire Masson


« Les chiots » de Kamisaka Sekka