George E. Hyde a écrit cinq livres sur les Indiens ainsi qu’une vie de George Bent, historien à demi indien qui participa à la guerre contre les Américains. Celui-ci est paru en 1950 sous le titre Indians of the High Plains: From the prehistoric period to the coming of Europeans aux presses de l’Université de l’Oklahoma. Olivier Delavault justifie cette publication en français en rappelant que l’ouvrage est un texte de référence, complété par les notes de Daniel Dubois qui intègre des découvertes récentes, notamment archéologiques comme il a pu la faire précédemment pour l’édition de Histoire des Sioux du même auteur1 ou Histoire Des Cheyennes de George Bent2.

La carte3 des tribus et réserves qui introduit l’ouvrage inscrit cette histoire dans le territoire des Etats-Unis. Elle met en évidence la grande variété des peuples qui y ont vécu.

L’intérêt de ce livre est, comme l’indique Daniel Dubois dans la préface, que pour la première fois un auteur américain a recours aux sources françaises et espagnols pour écrire cette histoire des Amérindiens largement marquée par les contacts avec les Européens.

 

En neuf chapitres George E. Hyde tente de faire découvrir une histoire d’autant plus complexe que les noms des différents groupes sont différents selon les sources et que ce sont des sociétés en partie nomades sur de très vastes espaces et que cette histoire se déroule sur une assez longue période. Le choix d’organiser les chapitres selon les tribus entraîne de nombreuses répétitions voire des contradictions. La synthèse des apports de l’auteur reste à faire.

 

Les Anciens Apaches

L’auteur liste rapidement les traces des premiers habitants des Plaines mais, en dépit du titre de l’ouvrage, fait débuter leur histoire aux premiers contacts avec les Européens d’abord les Espagnols. Il semble qu’ils aient migré du fleuve Mackenzie vers le sud aux alentours de 1200. Aux XVIe et XVIIe siècles ils sont les maîtres des Plaines du Texas au Wyoming. L’auteur évoque les incessantes querelles entre groupes rendues plus nombreuses et plus violentes après l’acquisition auprès des Espagnols d’armes en métal et de chevaux (XVIIe siècle) aux dépens des groupes sédentaires comme les Caddoan dont les Pawnees.

 

La nation Padouca

Pour l’auteur, contrairement à de nombreux auteurs américains, les Padoucas ne sont pas des Comanches qui dominent les Plaines au XIXe siècle mais des Apaches. Ce chapitre est la démonstration de sa définition des Padoucas à partir des sources notamment françaises : Cavalier de la salle, François Le Maire qui dresse une carte en 1717 ou Jean-Baptiste Truteau.

L’auteur regrette que peu de fouilles archéologiques ne permettent de montrer la sédentarisation des Padoucas dans la partie nord y compris le Saskatchewan canadien. Il montre la grande complexité des rapports entre groupes d’une même famille linguistique ce qui rend difficile la définition précise des Apaches.

 

L’arrivée des Utes et des Comanches

Il semble que ces nouveaux groupes de la famille linguistique des Shoshones migrent de l’ouest des Rocheuses vers la grande Prairie vers la fin du XVIIe siècle, ils se heurtent assez vite aux espagnols du Nouveau Mexique puis aux Apaches.

 

La débâcle des Apaches

L’auteur tente de reconstituer les guerres indiennes, guérilla estivale pour s’emparer de provisions, chevaux et d’esclaves, femmes et enfants surtout, revendus aux Espagnols ou aux canadiens. Les textes espagnols comme français permettent de renseigner sur les points de rassemblement des Apaches (carte p. 113), semi-nomades entre chasse au bison et agriculture qui les rend plus fragiles face la pression des Comanches alliés à leurs anciens dominés Pawnees. L’auteur évoque le rôle des rivalités entre européens et les effets sur les guerres indiennes. Il date la chute des Apaches de la défaite de 1727 dont le récit est très imprécis.

 

L’avance Comanche

La description des événements à partir de 1720-1730 est confuse, on retrouve les Apaches fuyant vers le sud à la recherche d’une protection espagnole contre leur conversion religieuse. Mais le déplacement de récit du sud au nord des Plaines rend difficile la compréhension de ce chapitre d’autant que les changements d’alliances entre tribus sont fréquents et complexes.

 

Emergence de la tribu des Gens-du-Serpent

Les Gens-du-Serpent, aussi dénommés Snakes, sont proches des Comanches, l’auteur d’abord décrit une tribu à la limite de la survie à l’ouest des Rocheuses où ils sont « découverts » par l’expédition Lewis et Clark en 1805 aux sources de la Salmon River même s’ils fréquentent les Plaines en été pour la chasse au bison. D’après les différentes sources ils sont ensuite perçus comme puissants et agressifs, possédant des chevaux.

 

De la Saskatchewan au Rio Grande

Ce chapitre revient sur les contacts avec les Européens qui fournissent armes à feu et chevaux et sur les effets des guerres indiennes qui conduisent à des déplacements de population comme le montre les mouvements migratoires des Cheyennes et des Arapahoes. On retirndra surtout la difficulté à faire coexister les différentes traditions orales et les sources françaises, espagnols et américaines, informations d’autant plus difficiles à suivre que l’auteur ne suit ni une chronologie rigoureuse ni une étude spatiale.

La fin de la période ancienne

Si l’auteur rappelle la grande épidémie de variole de 1780-1781 la date de fin de ce qu’il qualifie de période ancienne demeure vague sans doute les années 1800.

Padoucas, Comanches et Ietans

Dans ce dernier chapitre, George E. Hyde revient sur la confusion chez certains auteurs américains entre Padoucas et Comanches4.
Il montre surtout que les connaissances réunies soit par les Espagnols au sud, soit par les Canadiens ne furent pas maîtrisées au XIXe siècle par les Américains au moment de leur expansion vers l’Ouest.

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1   Tome 1 et 2, Editions du Rocher 1994 et 1996

2   Editions du Rocher 1995

3   Dommage que le réseau hydrographique en soit absent, de même que l’échelle.

4   voir les détail au chapitre 2