Cette bande dessinée est une réédition du premier ouvrage éponyme, publié en 2015. En pratiquement une dizaine d’années, la manière de fonctionner du musée du Louvre, la manière de visiter un tel musée, les comportements et les déambulations, les collections,… tant a changé.
Par contre, l’objectif de l’auteur reste le même : croquer, sans jamais juger, les hommes et les femmes, quelque soit leur âge, qui déambulent, à travers ce labyrinthe de sculptures, de tableaux et autres mobiliers. L’auteur alterne entre des phases descriptive et beaucoup plus narrative, s’effaçant volontiers derrière les acteurs principaux de cette bande dessinée : les visiteurs et le personnel du Louvre.
Le style alterne également entre pages pleines et pages extrêmement denses, avec beaucoup plus de verbe que de dessin. Cela permet d’apporter de la profondeur à la réflexion de l’artiste sur le musée du Louvre, cela donne également du rythme à cette bande dessinée. Les pages sont remplis de petits détails qui suscitent l’émotion, le rire, la contemplation.
À tous points de vue, on comprend rapidement ce qu’entend l’auteur par l’île-Louvre, c’est-à-dire, un moment suspendu, intemporel, à partir du moment où l’on pénètre les portes de ce lieu si particulier. Tout ceux qui arpentent les couloirs boisés du musée sont plongés dans un autre espace-temps, déconnectés de la réalité, et embarqués par les ambitions de tous les artistes exposés ici. Et c’est aussi l’ambition et ce qui se passe à la lecture de cet ouvrage.