Depuis le départ des Espagnols du Sahara occidental en 1976, la population de cette ancienne colonie lutte pour que soit appliqué le droit  à l’autodétermination qui lui a été reconnu par les instances internationales. En août 1988, une proposition de paix prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum est présentée aux délégués du Maroc et du Front Polisario. (…) Vint-quatre ans après l’instauration du cessez-le-feu en 1991, l’ONU n’est toujours pas parvenue à dégager une solution acceptable pour l’ensemble des acteurs de ce conflit. L’exécution du plan de paix est aujourd’hui gelée. (…) Les intérêts des membres étant souvent contradictoires, toutes les résolutions votées par le Conseil de sécurité se sont avérées fragiles en l’absence de fermeté dans leur application.

L’auteure, Marie-Chantal Gatta, est enseignant-chercheur, docteur d’Etat en études hispano-africaines, maître assistant au département d’études ibériques et latino-américaines. Elle est également sous-directrice de l’Institut de littérature et d’esthétique négro-africaines. Elle fait un ouvrage remarquable sur le conflit du Sahara Occidental. La préface du livre a été écrite par Théophile Koui.

 

Cet ouvrage est une version remaniée de sa thèse d’Etat en études hispano-africaines soutenue en décembre 2016 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, en Côte-d’Ivoire.

 

Avant de commencer la lecture de cet ouvrage, sont présents les « Abréviations, sigles et acronymes » ainsi qu’une carte du pays en question, tiré de l’ouvrage Le conflit du Sahara occidental publié en 1982 par Maurice Barbier. Cela permet de le situer à une échelle en plus de pouvoir s’y reporter pour spatialiser les différents points et lieux traités dans les différents chapitres.

 

Cet ouvrage, composé de 9 chapitres répartis dans 3 parties, est très intéressant à lire et indispensable pour qui veut comprendre les origines de ce conflit, mais aussi son évolution ainsi que sa gestion entre différents acteurs : les autorités marocaines, algériennes, sahraouis, mauritaniennes, l’ONU, la France, autres pays du monde et aussi les populations locales déplacées.

On découvre à travers ces chapitres que toute une organisation s’est faite autour de ce conflit, notamment dans les camps de réfugiés sahraouis, situés dans le sud ouest algérien près de Tindouf.

De nombreux réfugiés sahraouis sont formés dans les universités françaises dans le but, à travers des partenariats, de gérer différentes infrastructures construites et créées sur place. Par exemple : hôpitaux, écoles, crèches etc.

L’auteure nous explique que ce conflit ne se tient pas seulement à cette région locale. En effet, un chapitre porte sur d’autres conflits : l’Irak, la guerre du golfe,… l’implication des forces américaines et britanniques dans les conflits. De même que l’implication de l’Organisation des Nations Unies. L’auteure revient sur un rapide historique sur l’autodétermination de plusieurs pays avant de revenir sur le cas du Sahara occidental.

 

Par ailleurs, il est question de l’attitude des pays arabes et des organisations internationales vis-à-vis du conflit, car, en effet, cette situation suscite des enjeux et des intérêts de la part de plusieurs Etats; notamment des grandes puissances. Certaines refusent de voir le principe d’autodétermination régler le conflit, et ainsi mener le Sahara occidental à l’indépendance. Par exemple : les Etats-Unis d’Amérique soutiennent le Maroc face à l’autodétermination. La France, même si des organismes établissent des partenariats avec les populations locales, soutiennent le Maroc. La position de l’Espagne est ambivalente, tandis que celle de l’Algérie est claire : elle soutient l’autodétermination, de par son histoire qui clôt la guerre d’Algérie.

Cependant, l’ONU tente à plusieurs reprises de mener à bien l’autodétermination du peuple sahraoui. Malgré une organisation progressivement établie, elle connaît des échecs. Cette autorité est dans une impasse, dans le soucis de vouloir respecter la volonté de chacun des protagonistes et souhaitant les voir trouver une solution sans besoin d’intervenir par la contrainte.

Le livre s’achève sur le plan Baker avec Kofi Annan, une autre alternative qui aurait pu solutionner le conflit sahraoui. Cependant, le Maroc rejeta les propositions faites par le secrétaire général de l’ONU d’alors. Au final, les acteurs restent sur leurs positions et sont irréconciliables, laissent alors toujours ce conflit actif de nos jours.