Le Topo de cette nouvelle année propose de nombreux reportages, toujours variés, puisque l’on va de Fukushima à Rungis tout en découvrant un métier comme restaurateur de tableaux sans oublier les habituelles rubriques culturelles.

Mes cheveux, un écrin, une couronne
Le témoignage de ce numéro pourrait sembler traiter d’un sujet anecdotique, à savoir les cheveux. En réalité, ce reportage permet, à travers le parcours d’une jeune fille d’origine guadeloupéenne dans les années 80, d’aborder l’invisibilité des personnes noires à l’époque. Les canons de beauté excluent les cheveux crépus, vus davantage comme un problème. Mais, plus généralement, c’est toute une image de l’Afrique qui est véhiculée. La jeune femme décide de lutter contre les stéréotypes en créant un événement autour de la coiffure afro. On s’aperçoit aussi que ceux-ci restent vivaces car, même dans les manuels pratiques de coiffure, les cheveux crépus étaient encore vus récemment comme une anomalie.

Méfions-nous des apparences
Parmi les différentes rubriques, on relèvera une intéressante approche pour décrypter le phénomène du green washing. La rubrique « Sans cliché » donne à voir quant à elle des adolescents rivés sur leur portable au beau milieu d’un musée. Le plus intéressant c’est que le cliché n’est pas aussi simple qu’il y paraît au premier abord et il faut se méfier de toute condamnation facile sur l’attitude de ces élèves. Côté cinéma, Axel Cadieux et Yannick Grossetête parlent de la filmographie de M Night Shyamalan. Il a connu de grands succès avant d’enchainer plusieurs échecs retentissants. Il revient aujourd’hui avec un film qui forme un troisième volet après « Incassable » et « Split » et qui continue de brasser son attirance pour les super-héros.

Musique en tout genre
Côté musique, le portrait est consacré à Taylor Swift. La jeune pop star, découverte à l’âge de 16 ans, compte aujourd’hui plus de 120 millions de followers. Elle abandonne, peu à peu, son image un peu lisse et apparait aujourd’hui plus engagée et plus féministe. « Ca part en live » s’interroge sur certaines réussites de chanteurs. Juliette Armanet, par exemple, a été journaliste avant d’être chanteuse et on a du mal à imaginer que Prince avait été hué au concert des Rolling Stones. L’article raconte d’autres trajectoires comme celles de Justin Bieber ou de Big Flo et Oli.

A la découverte de Rungis
La question du moment embarque le lecteur dans le monde de Rungis. C’est la capitale mondiale du frais et un véritable monde. Les chiffres sont impressionnants quand on sait que le lieu abrite plus de 1200 entreprises et que plus de 2,4 millions de tonnes de denrées y transitent chaque année. Ce ne sont pas moins de 18 millions de consommateurs qui sont approvisionnés chaque jour par Rungis. Le reportage raconte l’histoire en rappelant qu’historiquement il y eut d’abord les Halles en plein Paris. Le déplacement à Rungis a pris dix ans. A noter également que les deux tiers des poissons traités à Rungis viennent de l’étranger.

Histoire d’un malentendu : jeux vidéos et cinéma
« Les maitres du jeu » s’interrogent pour savoir pourquoi ça n’a jamais fonctionné entre les jeux vidéos et le cinéma comme en témoignent plusieurs exemples récents. L’article analyse et pointe cinq raisons. Pierre Corbinais et Clément Fabre proposent aussi trois solutions. Si les tentatives se poursuivent néanmoins, c’est parce que les producteurs savent qu’un personnage connu assure toujours un minimum d’entrées quelle que soit la qualité du film. Le reportage se conclut sur l’idée que, pourtant, de nombreux films sont inspirés de jeux vidéos mais ce qui explique alors leur succès, c’est qu’ils évoquent l’esprit du jeu vidéo et pas un jeu en particulier.

Fukushima
Huit ans après la catastrophe, où en est la situation ? Il s’agit du témoignage d’un jeune de 13 ans qui vivait à 70 kilomètres d’une centrale nucléaire. Il est traité d’ « hikokumin », terme très insultant, utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, qui désignait celui qui n’étaient pas digne d’être citoyen du pays. Pourquoi cette mise à l’écart ? Simplement parce qu’il est le seul par exemple à porter un masque à l’école ou à se méfier de la nourriture. Le reportage raconte son quotidien de façon très sensible.

Art et science
« La science infuse » répond à une question apparemment simple : pourquoi le ciel est-il bleu ? On rencontre ensuite Catherine Polnecq, restauratrice de tableaux, qui montre les diverses facettes de son métier comme le fait qu’elle doit réaliser des interventions réversibles sur les tableaux. «Tranche de l’art » est consacrée au Millenium Park de Chicago qui est devenu un véritable emblème et symbole de la ville. Conçu par Anish Kapoor en 2006 et surnommé le « Bean », il peut même comme d’autres oeuvres artistiques à travers le monde provoquer un véritable choc émotionnel.

Au menu du prochain numéro : des abeilles, des pisteurs ou « L’Amant » de Marguerite Duras.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes