Les anges gardiens de l’Amazonie

Jean-Mathieu Albertini et Patrice Cablat suivent les pas d’Akadurishao de la tribu des Ka’apor qui lutte contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie. Le nom de Ka’apor signifie d’ailleurs « le peuple de la forêt ». Ils habitent avec 300 autres tribus ce qu’on appelle au Brésil les territoires autochtones. Cet espace représente plus de 11 % de la superficie du pays. La zone voit, en plus de ceux qui se livrent à une déforestation sauvage, passer des trafiquants de drogue. La tribu a donc formé un groupe de surveillance car l’action de la police ne s’avérait pas très efficace. Ils partent ainsi pendant plusieurs jours en expédition pour traquer les fraudeurs. La tribu des Ka’apor risque les représailles des trafiquants mais se veut pourtant non violente. Cela a été vrai jusqu’à l’arrivée d’un certain José Mendes. Ce dernier a radicalisé certains membres de la tribu. Le reportage se termine avec quelques chiffres sur la déforestation et montre également que celle-ci n’est souvent que la première étape d’un processus d’appropriation de la terre par des personnes extérieures pour l’exploiter. En tout cas, la question écologique est encore loin d’être passée dans les mentalités.

Des écrans sous toutes les formes 

Pour les fans de « Game of Thrones » un reportage de Pierre Sérisier et Loïc Sécheresse dévoile quelques anecdotes et ressorts de la série. On peut préciser que celle-ci pouvait mobiliser jusqu’à 500 figurants pour certaines scènes et que le coût d’un épisode frôlait les 10 millions de dollars. Parmi les caractéristiques de la série, il y a le fait de faire mourir régulièrement certains personnages principaux ou encore d’utiliser des dragons. Côté féminin, le bilan est beaucoup plus contrasté car si on trouve bien des héroïnes, elles sont souvent l’objet d’une sexualité contrainte. La rubrique « Les maîtres du jeu » s’intéresse à la signalétique des jeux vidéo. Que se cache-t-il derrière le célèbre PEGI apposé sur les jeux ? Cela signifie Pan European Game Information. On ne peut pas dire que ce soit une grande réussite car beaucoup de gens n’en tiennent pas compte. Cela s’explique sans doute par un mode de classement qui peut parfois donner lieu à des absurdités ou des incongruités. Ainsi, Astérix est classé PEGI 7 à cause des bagarres et des sangliers tués ! De plus pour les jeunes, avoir le dernier jeu flanqué du PEGI 18 représente un trophée quand on n’a pas l’âge requis. La signalétique évolue tout de même et mentionne à présent que tel jeu implique des achats intégrés. 

Tour de France, MBS, Big Flo et Oli et clitoris

Pochep nous livre sa vision du Tour de France. En plongeant dans son histoire, on mesure qu’il a bien changé. En effet, au début, les coureurs devaient eux-mêmes, par exemple, réparer leurs avaries de matériel. Pochep en profite pour rappeler ses souvenirs d’enfance lorsque son père interrompait le programme qu’il regardait pour se brancher sur la retransmission de la grande boucle. Chloé Leprince et Eloïse Héritier dressent le portrait de MBS ou Mohammed ben Salman. Derrière cet acronyme faussement décontracté se cache un personnage pour le moins sulfureux. Il a autorisé les femmes à enfin conduire en Arabie Saoudite tout en jetant des militantes féministes en prison. Au niveau international, surtout, plane sur lui l’ombre de l’assassinat du journaliste Jamal Kashogi retrouvé découpé en morceaux au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Au niveau musique, vous en apprendrez plus  sur  l’histoire et le parcours de Big Lo et Oli. Ces deux frères, qui ont écouté Iam quand ils étaient petits, sont devenus très connus aujourd’hui. Ils sont aussi un peu à part dans le monde du rap. La rubrique « Cash sexe » dit tout ce qu’il faut savoir sur le clitoris. C’est salutaire surtout lorsque l’on songe qu’il a fallu attendre 2017 pour qu’un clitoris soit correctement représenté dans un manuel de biologie. Au-delà de sa connaissance physique, s’intéresser au clitoris c’est, comme le dit le reportage, «  accepter que les femmes peuvent avoir une sexualité tournée vers le plaisir, …c’est reconnaitre aussi que le plaisir ne passe pas que par la pénétration et…c’est aussi un pas vers l’égalité ». 

Un peu de science et un peu de lecture

« La science infuse » présente des scientifiques un peu particuliers car récompensés par les Ig Nobels ou comment des chercheurs sérieux travaillent sur des questions qui le semblent beaucoup moins. Le reportage offre plusieurs exemples récents comme cette étude de 2017 qui cherche à savoir si les chats sont liquides ou solides. Dit ainsi cela peut paraitre très étrange, mais se comprend un peu mieux lorsqu’on examine la définition du terme de liquide : « matériau qui modifie sa forme pour épouser celle du récipient qui le contient ». Défini ainsi effectivement le doute peut exister lorsque l’on voit comment les chats peuvent parfois de se glisser dans certain récipients. Il n’est pas que question de loufoquerie car ce type de recherche permet parfois d’aborder des problèmes d’une autre façon, ce qui est une démarche scientifique salutaire. « Les classiques de Patrique » permettent de tout connaitre d’une oeuvre célèbre, mais pas toujours lue, Moby Dick. Delphine Panique montre qu’il s’agit d’un récit d’aventures qui est aussi une quête. C’est surtout un formidable récit sur la vie des chasseurs de baleines. Le reportage explique le combat du capitaine Achab qui  est, finalement, de poursuivre un but plus grand que lui, « luttant ainsi contre sa condition pour toucher le  divin ». Ce livre, et on le sait peut-être moins, s’inscrit à l’inverse du mythe américain. Lorsqu’il parait en 1851, on est en pleine conquête de l’ouest. « Moby Dick », c’est l’inverse : au lieu de se passer sur terre, l’action a lieu sur mer et, au moment où se construit l’image de l’homme blanc supérieur, Melville décrit lui une société bigarrée. 

Stars du web ou soudeur ? 

A travers le cas de Marion Seclin et d’Orangina, Valérie Gautier et Robin Cousin posent une question qui fâche mais qui est bien réelle : les stars du web sont-elles des écrans publicitaires ? Ils appartiennent à une catégorie qu’on appelle les influenceurs. Ce qui différencie la star du web d’une autre personnalité, c’est sa communauté et cela permet à une marque de mieux cibler son public potentiel. Plusieurs formes de coopération entre elle et un youtubeur(euse)s sont possibles mais on s’aperçoit, en tout cas, que tout est cadré par la marque. Il faut donc trouver un juste milieu mais surtout être transparent. Plusieurs youtubeur(euse)s se sont faits épingler par leur fans pour ne pas l’avoir été. Du côté des marques c’est un bon calcul car, pour un investissement finalement assez réduit, l’impact peut être maximum. Topo nous fait découvrir dans le même numéro un métier très différent, celui de soudeur. On y apprendra peut-être que chaque soudeur a son style et qu’il existe des compétitions internationales. 

Dans le prochain numéro, Topo se penchera sur le racisme, la mémoire des glaces ou encore sur des exemples d’adolescents qui sont des big boss à quinze ans.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes