Le nouveau numéro de Topo est disponible malgré des circonstances difficiles pour le fabriquer comme l’explique Pochep dans une page introductive. Il entraîne le lecteur du côté de la Colombie, pose la question du transport aérien mais aussi nous explique pourquoi on est accro aux séries.

J’ai grandi à Medellin, la capitale mondiale de la cocaïne

Dans ce reportage, on découvre la vie dans un des quartiers de Medellin. En 2002, l’armée, aidée de para-militaires, débarque dans ce quartier jusque-là tenu par la guérilla. Le lieu est stratégique pour la drogue. Le nom d’Escobar resurgit car même s’il est mort depuis longtemps, les choses n’ont pas vraiment changé. Le garçon que l’on suit quitte le quartier à treize ans et commence à apprendre le graf. Autour de lui, plusieurs de ses amis sont morts. Le quartier est toujours déchiré par la guerre des gangs. Peu à peu, les graffeurs s’approprient et colorisent les murs et le lieu devient un objet d’attraction touristique. Les murs racontent des histoires mais pas question de venir ici seuls. Un graffitour a été mis en place et l’art a donc changé le quartier. Ce lieu s’appelle la Casa Kolacho et on peut en découvrir des images grâce à Internet.

Des rencontres

Topo propose comme à chaque fois des rencontres avec des personnages très différents. « Tête à tête » propose le portrait de Xi Jinping entre ombres et lumières. Devenu potentiellement président à vie, sorte de nouvel empereur, celui que les Chinois surnomment parfois « Oncle Xi » est populaire en raison de sa lutte contre la corruption. Mais cela ne doit pas faire oublier que c’est le même qui procède à de redoutables purges politiques et fait l’objet d’un véritable culte de la personnalité.     « Ca part en live » propose de découvrir le parcours de Billie Eilish. A dix-huit ans, elle est une véritable star récompensée récemment par quatre Grammy Awards. Elle travaille avec son frère avec lequel elle développe son univers très particulier. Elle ne cache rien de ses défauts et a avoué être atteinte du syndrome Gilles de la Tourette. « C’est quoi ce travail » suit Olivia Jan, parfumeur. On se rend compte qu’avoir du flair, ça s’apprend. Après avoir travaillé à Grasse, elle est désormais à New-York. On mesure également qu’il existe des différences entre les pays au niveau du goût pour les parfums.

Rubriques

« Cash sex » retrace l’histoire de la pornographie en repartant depuis Pompéi. On a retrouvé en effet des gravures pornographiques dans une ancienne maison de prostitution. L’article pose surtout la question des modèles véhiculés aujourd’hui,  notamment par Internet. Il faut avoir en tête que Pornhub est le onzième site le plus visité au monde. « Clair et net » vous éclaire, si nécessaire, sur les « mèmes » tandis que « Les maîtres du jeu » pose la question du rapport entre jeux vidéos et questions de société. « Mauvaise langue » explique ce qu’est la langue de bois et « Les classiques de Patrique » présentent la vie et l’œuvre de Toni Morrison et évoque notamment son livre « Beloved ».

Pourquoi est-on accro aux séries ?

Isabelle Dautresme et Wouzit nous expliquent le « binge watchning », cet art d’engloutir les séries de façon boulimique. Partant de l’exemple de « La casa de papel », ils décortiquent les mécanismes d’une telle addiction. Il faut un thème porteur, c’est-à-dire qui fait écho à des préoccupations de la société, comme la lutte contre les inégalités. Ajoutez à cela ensuite de bons personnages, des péripéties ou encore un emboitement des histoires entre les différents épisodes pour que tous les fils ne se rejoignent pas au même moment.

Séoul à l’heure du # Me Too

Les rapports hommes-femmes sont encore loin d’être égaux en Corée du Sud. Le reportage commence avec Minseon, vingt-trois ans. Cette jeune femme est à la fois très attachée à la culture traditionnelle coréenne mais elle veut aussi des rapports hommes-femmes plus équilibrés. Le mariage est vu en Corée du Sud comme une obligation et la pression sociale est forte dans un pays où le taux de fécondité est le plus faible au monde. Il y a 37 % d’écart de salaire entre les hommes et les femmes en Corée contre environ 10 % en France.

Pourquoi s’envoyer en l’air ?

«  Ca tourne pas rond » s’interroge pour savoir si on doit arrêter de prendre l’avion au nom de la protection de l’environnement. Le reportage pose la  question à partir de situations concrètes autour du même trajet réalisé en train ou en avion. Cécile Cazenave et Loïc Guyon donnent quelques éléments chiffrés : il y a 24 000 vols par jour, soit 72 par minute. On entend parler depuis peu d’avions plus propres à échéance d’une quinzaine d’années. La réponse serait donc technologique. Il faut savoir également que si l’avion peut être parfois moins cher que le train, c’est parce qu’il n’y a pas de taxe sur le kérosène et très peu sur les billets d’avion. Pour certaines destinations, le train de nuit pourrait être une vraie alternative.

Pour septembre, Topo annonce un sommaire avec un reportage sur Extinction rébellion, un autre sur les ouvriers du ciel ou encore une réflexion sur la mémoire d’un génocide.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes.