Topo 55 met au coeur de son nouveau numéro la question de l’égalité. Certains naissent riches et d’autres pas et pourtant, dans la société, demeure toujours la promesse de l’égalité.

Des histoires d’adoption

Ce reportage aborde plusieurs exemples dont celui d’Agathe, 19 ans, adoptée au Vietnam quand elle avait trois mois. Comme elle en témoigne, elle apparait comme trop asiatique en Europe et trop européenne en Asie. A chaque cas évoqué, une historienne spécialiste des questions de migrations éclaire les parcours. Marcus, lui, a été adopté à deux ans en Colombie. Il a peur d’être abandonné en amour, ce qui pèse sur sa vie. Enatnesh est arrivée en France à cinq ans depuis l’Ethiopie. Aujourd’hui, elle travaille en Australie après de brillantes études à Montpellier.

Le vote à 16 ans

A cet âge, on a la majorité sexuelle, l’autorité parentale et on peut travailler… mais on ne peut pas voter. Si le vote était à 16 ans, cela permettrait aux jeunes de s’exprimer et de peser car aujourd’hui les grands partis politiques ont davantage tendance à s’adresser aux seniors. Ceux qui votent le plus sont les 60-65 ans. En Europe, les situations sont très contrastées. En Autriche, la majorité électorale est à 16 ans et en Ecosse, les 16-18 ans se prononcent lors des scrutins locaux.

Qui mérite mieux que la méritocratie ?

A l’école, le système du mérite existe et il y a en parallèle le système de bourses pour aider. Les inégalités peuvent se voir à travers la capital culturel, économique ou social. David Guilbaud incarne un exemple de réussite. Souvent, certains ne possèdent pas certains codes et sur la longue durée on ne peut que constater que les inégalités sociales se reproduisent d’une génération à l’autre. Bernard Arnault incarne lui le concept d’héritocratie. L’idéal méritocratique légitime les inégalités au lieu de les gommer. Un cadre vit en moyenne six ans de plus qu’un ouvrier. A l’âge de la retraite, 25 % des pauvres sont déjà morts contre 5 % des plus riches.

J’ai pas de réseau

Il n’est pas toujours facile de décrocher un stage de 3 ème comme en témoigne le parcours de Théo, 14 ans. La recherche et l’obtention d’un stage sont marqués par le poids du capital social des familles. Les jeunes cherchent un stage proche de chez eux. Dans les Yvelines, 69 % des élèves hors établissement REP font leur stage dans leur lieu de choix contre seulement 43 % des élèves qui étudient dans des établissements en Rep. Pour lutter contre ces inégalités, une association, « Viens voir mon taf » accompagne les jeunes dans leurs recherches. Effectuer un bon stage peut aussi permettre de revoir à la hausse ses ambitions.

Pauvres clichés

Les pauvres sont souvent invisibles au cinéma sauf dans des films de Ken Loach. La pauvreté est souvent associée à l’échec de la personne et les pauvres sont trop souvent traités comme des objets. Le pauvre ne parle que de la pauvreté alors que le riche s’exprime sur n’importe quel sujet.

C’est la classe

Aujourd’hui, les cadres et les ouvriers consacrent la même part de leur budget à l’habillement, soit un peu plus de 5 %. Cependant, en raison des différences de salaires, cela représente 1100 euros de plus de pouvoir d’achat pour les cadres. Le reportage souligne les effets de mode avec, par exemple, le sportswear qui a brouillé les pistes pour savoir qui est qui. Parfois on voit des phénomènes pour le moins étonnants avec des chaussures vendues abimées à 475 euros.

Rubriques

« Cash sexe » se penche sur la question de la fidélité. 62 % des sondés considèrent qu’embrasser c’est déjà tromper. La fidélité reste plus féminine que masculine.
« Sans cliché » propose une photographie de Marco Zorzanello. Il met l’accent sur le réchauffement de la planète à travers une image de skieurs dans les Alpes italiennes.
« Sans filtre » dresse le portrait du nouveau maire médiatique de New York, Zohran Mamdani.

Un monde sans voitures

Il y a 40 millions de voitures en France. 50 à 80 % de l’espace public leur est réservé et elles représentent 17 % des gaz à effet de serre. Depuis les années 50, la voiture incarne le mythe de la liberté individuelle alors que la majorité des trajets concerne les déplacements domicile-travail. Il faudrait repenser les villes. Carlos Moreno prône une ville accessible à moins de 15 minutes.

Faits divers ou faits de société

Le fait divers appartient à la vie quotidienne et n’a pas de portée générale sauf s’il se répète. A partir de là, on pourrait parler de faits de société. Auparavant, on parlait de crime passionnel alors que désormais on évoque le féminicide. Ces dernières années, hommes et femmes politiques se sont appuyés sur des faits divers car ils ont un un impact sur l’imaginaire collectif. En tout cas, la manière dont on raconte le fait dit divers n’est jamais neutre.

Jamais trop d’art

Le premier article de cette dernière partie porte sur les expositions immersives. Le phénomène se décline à partir de nombreux sujets : construction de Notre-Dame, Van Gogh ou encore Pompéi. En 2024, l’exposition consacrée aux impressionnistes transportait les visiteurs sur le boulevard des Capucines avec Monet et Cézanne. Ces expositions sont conçues pour circuler dans le monde. Certains les pointent pourtant comme essentiellement des machines à cash.
Le deuxième reportage est consacré à Céline Dion. L’artiste a déjà vendu plus de 200 millions d’albums. Parmi les autres records qu’elle détient, il y a celui de l’album francophone le plus vendu de tous les temps avec «  D’eux », album écrit par Jean-Jacques Goldman.
« Jeu de société » s’arrête sur un aspect moins connu des jeux vidéos. Ils placent parfois les joueurs aux manettes de situations difficiles ou concrètes comme la dépression ou l’exil. « Enterre-moi mon amour » raconte le périple de Nour, une jeune Syrienne qui tente de partir en Europe. « Vendran las aves » fait vivre au joueur le quotidien d’une femme victime d’un burn-out et d’une dépression.

Dans le prochain numéro de Topo, il sera question de la vie quotidienne à Gaza quand on a vingt ans mais aussi d’une approche pour savoir si c’était mieux avant.