Le pluriel de pays dans le titre en dit long. Séverine Vidal n’entend pas décrire un migrant arrivant en France. Amir, son héros syncrétise les hommes et femmes rencontrés au fil du temps.

Séverine Vidal s’est associée au dessinateur espagnol Adrian Huelva pour composer cet album aux éditions Grand Angle. Cette autrice a déjà écrit une trentaine d’ouvrages pour la Jeunesse et les adolescents. Elle a également participé à un podcast Une histoire et Oli coécrit avec Sophia Aram pour France Inter. 

« Mon pays me manque, des strates, les unes sur les autres, des strates de mémoire blessées. Mes pays »…

Dans son ouvrage, Séverine Vidal parle du partage et de la convivialité selon plusieurs pistes la musique,  l’humour, la cuisine et bien sûr un soupçon d’amour. 

En effet, cette BD évoque autant les difficultés d’intégration d’un migrant syrien que d’une passion amoureuse ou de recettes orientales.

 

Débarqué récemment de Syrie, Amir rencontre une infirmière en maraude qui le convie à intégrer sa famille. Après la perte de toutes ses biens dans un incendie, Solange lui propose de l’héberger, ce qui est parfaitement accepté par son mari et ses trois enfants. Peu à peu, son ami trouve sa part de responsabilité dans le foyer en faisant la cuisine. Par contre, il est totalement rejeté par le père de Solange qui tient un restaurant familial avec sa deuxième fille.  Il profère des propos racistes et intolérables pour ses proches sur le nouveau venu. 

Amir tombe amoureux de la sœur de Solange, Héléna qui aide son père au restaurant. Ce dernier tombe malade et sa fille doit gérer seule l’entreprise. En période COVID,  il est bien difficile de trouver un cuisinier compétent. Amir adore se mettre aux fourneaux car certaines recettes lui rappellent son pays natal, sa grand-mère et les parfums de l’enfance. Le migrant syrien arrive à point nommé pour aider ceux qui lui ont tendu la main. 

Un album sur le partage et le « Vivre ensemble »

Ancienne enseignante, l’autrice a eu récemment l’occasion de travailler avec une classe d’UP2A qui rassemble des jeunes allophones avec qui elle a fait des ateliers d’écriture.

« Je ne sais plus où c’est chez moi »

Cet ouvrage aux couleurs chatoyantes montre avec beaucoup de sensibilité et de justesse le sort de ceux qui perdent tout et qui repartent à zéro dans le pays d’accueil qui consent à leur faire une si petite place. La France n’est pas le pays d’accueil le plus prisé. Loin s’en faut! Un oneshot bienvenu et exploitable à partir du cycle 3.