Novembre 2024, Mathieu Diez revient sur les débuts de cette aventure qui l’a conduit comme à attaché pour le livre à l’ambassade du Liban. Tout mais pas Beyrout, c’est ce que lui avait dit sa mère quand il avait évoqué son envie d’ailleurs.

Ce roman graphique est le récit autobiographique de ce jeune père de famille, impliqué dans la culture BD qui part, avec femme et enfants en août 2021.

Il raconte, presque au jour le jour son travail au service culturel de l’ambassade de France, le dépaysement attendu et les déconvenues, malgré l’accueil chaleureux de son amie Herminé, dans un pays ravagé par des années de guerre, de crise et de violences.

Il dresse le portrait de ce petit territoire coincé entre la mer, Israël, la Syrie et les diverses confessions qui se partagent le pouvoir. Un des chapitres propose un petit cours d’histoire du Liban depuis 1861, jusqu’à la crise économique, sociale, politique et sécuritaire et l’explosion du port de Beyrouth.

On découvre les réalités quotidiennes, les consignes de sécurité et comment la France prépare ses fonctionnaires nommés en « zone sensible ».

Le récit du premier séjour de Mathieu nous renseigne sur la dynamique de la BD libanaise, un vecteur d’idées qui déjoue la censure. On le suit dans ses missions : festival de la BD d’octobre 2021, le salon du livre francophone : Festival Beyrouth Livres en 2022.

Les différents chapitres permettent une description exhaustive des lieux, leur histoire et les points de tensions, mais aussi le quotidien d’un expatrié, des liasses de billets à la banque à la scolarisation des enfants.

Ce qui étonne l’auteur est la capacité de résilience du peuple libanais, malgré les crises successives, la faiblesse de l’État et de l’armée face aux milices, notamment le Hezbollah.

7 octobre 2023, attaque du Hamas contre Israël, le Liban plonge dans la guerre, bombardements du Sud-Liban, de Beyrouth, de la vallée de la Bekaa. Mathieu Diez, aidé par les dessins de Jibé témoigne de l’actualité récente, de la réalité brutale du quotidien des Libanais entraînés dans une guerre qui ne dit pas son nom.

Les dernières pages sont pleines d’espoir pour le Liban. C’était avant les attaques américano-israéliennes sur l’Iran et la reprise des bombardements quotidiens sur le sud, la capitale et la Bekaa.

Ce récit plein de pudeur dit toute l’empathie de son auteur pour les Libanais.

Cette BD témoignage, un condensé d’histoire immédiate, peut être une bonne porte d’entrée, pour des collégiens, sur la question libanaise.