Cet ouvrage paraît avec une idée originale, suivre les traces laissées par les célèbres empereurs français, Napoléon Ier et son neveu Napoléon III. Les Éditions Flammarion ont choisi des spécialistes de la période sous la direction de David Chanteranne, rédacteur en chef de la Revue du Souvenir napoléonien, auteur de nombreux ouvrages sur les deux empires.

Qui ne connaît pas un lieu, un château ou une place, à Paris ou en province, marqué par la trace d’un des deux empereurs des Français ?

L’auteur s’est concentré sur les lieux où sont passés furtivement ou durablement les deux protagonistes. L’ouvrage est chronologique et suit les destins croisés de ces personnages historiques.

Il débute par les années de formation de Bonaparte qui nous conduit à Ajaccio, son lieu de naissance, puis à Brienne-le-Château, et enfin à Saint-Cyr-l’école qu’il transformera plus tard en école militaire.

Le général du directoire au service de la République refuse son affection en Vendée et sera envoyé combattre les royalistes, ce qui lui permis d’être nommé « le général vendémiaire ».

Son mariage avec la veuve Beauharnais le propulse chef de l’armée d’Italie. Il prend son commandement à Nice pour se rendre en Italie lors de sa première campagne. Cette ville doit beaucoup au neveu, Napoléon III, par sa nouvelle intégration dans le territoire français mais aussi pour les grands travaux commandés par ce dernier et la ligne de chemin de fer prolongée.

Désormais conquérant, Bonaparte embarque ses troupes vers l’Orient, mirage de ses lectures, pour l’expédition d’Égypte où il acquiert une belle réputation. Il a pris soin d’informer la France révolutionnaire de ses victoires, celle d’Aboukir mais aussi les combats près des pyramides. Il informe aussi des découvertes scientifiques extraordinaires.

Aix-en-Provence, Fréjus et bien sûr Saint-Cloud sont les lieux témoins de son retour précipité pour faire un coup d’État communément appelé du 18 brumaire an VIII.

Napoléon Bonaparte, premier consul partage le pouvoir dans un consulat avec Cambacérès et Lebrun. Pendant ces trois ans, le château de Malmaison abrite la famille tandis qu’aux Tuileries se déroulent les fêtes. Sens reste une ville de passage dont les musées renferment aujourd’hui des trésors pour les napoléonistes, comme le chapeau que portait l’Empereur à Waterloo.

Devenu Consul à vie le 2 août 1802 par plébiscite, pendant que le Sénat adopte la nouvelle constitution, Napoléon affermit son pouvoir.

L’île d’Elbe est intégrée à la France. Le premier Consul fait un tour des provinces, ce qui lui assure des soutiens. Il prépare surtout le pays à la guerre : les préparatifs militaires et navals occupent son temps.

Talleyrand, grand chambellan et vice-grand électeur de l’Empire achète en 1803, le château de Valençay, érigé au XVIe siècle, qui devient la troisième plus grande propriété privée de France…

Napoléon installe son armée des côtes, à Boulogne-sur-mer où est bâti un bassin circulaire, premier jalon d’une modernisation du port.

En mai 1804, Napoléon est proclamé Empereur des Français à Saint-Cloud. Le lendemain, il nomme 18 maréchaux.

Sa période de gloire peut commencer. Les principaux ennemis ont été éliminés (Cadoudal, Pichegru et le duc d’Enghien, exécuté à Vincennes). La préparation du sacre occupe l’Empereur. La légion d’honneur est créée tandis que l’aigle éployée devient l’emblème impérial. Le code civil est promulgué.

Sept jours après sa nomination au titre d’Empereur, Napoléon décide de créer une ville nouvelle en Vendée, La-Roche-sur-Yon, totalement au service des symboles impériaux : préfecture, lycée, tribunal. Son neveu fait ériger une célèbre statue de son oncle, place Napoléon.

Le sacre impérial à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, immortalisé par Jacques-Louis David, révèle une réussite étincelante alors que la famille et les fidèles accèdent à des postes de confiance.

Le luxe du château de Rambouillet correspond à la légende impériale et au faste imaginé par l’Empereur qui voulait en faire un palais pour l’aiglon. Marie-Louise en profitera une fois mariée.

Après Austerlitz, le vainqueur sillonne le pays. En février 1806, il signe le décret  de construction de l’Arc de triomphe qui célèbre les victoires de la Grande Armée alors que le réarmement de la Prusse inquiète les Français ainsi que la situation dans la péninsule ibérique.

Face à l’Europe coalisée,  Napoléon entend marquer son territoire à travers la propagande et  des constructions pérennes, en France comme ailleurs. En témoignent les nombreux tableaux ou meubles commandés en l’honneur du nouveau couple impérial et de la naissance du roi de Rome.

Les derniers combats ne manquent pas de représentations, les portraits des fidèles qui le rejoignent pendant les cent jours et la défaite de Waterloo. La commune belge vit essentiellement du tourisme lié à la bataille du 18 juin 1815. Elle attire des visiteurs du monde entier, hier (Victor Hugo) comme aujourd’hui.

L’île d’Aix où la chambre de Napoléon est sauvegardée et la demeure de Longwood à Sainte-Hélène où meurt l’Empereur, le 5 mai 1821, ne cessent de susciter la curiosité.

Le transfert des cendres proche de la Seine, aux Invalides, selon le vœu de Napoléon Ier marque le passage aux témoignages. 

Alors que son oncle termine son existence, Louis-Napoléon passe sa jeunesse en Suisse.

Un nouvel empire s’annonce. La proclamation de la IIe République fournit au neveu une occasion de prendre le pouvoir. Louis-Napoléon Bonaparte devient Prince Président. Ce dernier rétablit rapidement le régime impérial.

Napoléon III a marqué le paysage français par les grands travaux de modernisation notamment à Paris avec la construction des Halles centrales, de l’hôtel de ville, ce chantier qui permet de relier le Louvre aux Tuileries. Bien sûr les lignes de chemin de fer en étoile relient les gares à la capitale, comme celle de Vichy, inaugurée en 1862.

Les grandes villes d’eau bénéficient de la mode des Bains à Plombières dans les Vosges Arcachon ou Aix-les-Bains et de multiples constructions notamment des hôtels de luxe et des casinos.

L’exposition universelle de 1867 est l’occasion de fêtes exceptionnelles comme celle organisée aux Tuileries pour célébrer la gloire du régime et la venue de souverains étrangers, tandis que le canal de Suez est inauguré par l’impératrice Eugénie.

Alors que Napoléon III semble libéraliser le régime, la révolte gronde dans le pays.La nomination d’Émile Ollivier à la tête du gouvernement et le renvoi du préfet Haussmann n’y changent rien.

Une crise diplomatique avec le Prusse entraîne l’escalade de la guerre. La défaite de Sedan, le 2 septembre 1870 sonne la fin de l’Empire et le début de la Commune de Paris.

Le livre s’achève sur une brève chronologie, un index des villes situées sur une carte métropolitaine (avec les références des offices du tourisme), fréquentées par la famille napoléonienne et les personnalités les plus fameuses évoquées.

 

A la lecture de cet ouvrage, on est frappé par le nombre de lieux traversés ou marqués par les Napoléon ! Autant pour l’oncle que pour le neveu ! Ce livre dont le sujet s’avère original et utile, satisfera le néophyte comme l’historien, en mettant le doigt sur des trésors célèbres ou méconnus qui suscitent le goût de visites nouvelles.

Les empereurs Napoléon Ier et Napoléon III n’ont pas seulement marqué l’histoire, ils ont aussi laissé des traces dans le paysage français et au-delà. Ce livre relate ainsi les destinées des deux empereurs en s’intéressant aux nombreux villes et villages qu’ils ont traversés. D’Ajaccio à Waterloo, le lecteur embarque pour un voyage où se mêlent faits d’armes, rencontres marquantes et anecdotes. Plus qu’une biographie, cet ouvrage propose un regard inédit sur l’histoire napoléonienne et les villes qui la racontent aujourd’hui.