Cet ouvrage collectif, sous la direction de Jacques JOUBERT, professeur de Préhistoire à l’université de Bordeaux, couvre la période de -3,4 millions d’années à -35 000 ans, depuis les Australopithèques jusqu’aux premières migrations, en passant par les Néandertaliens et les premiers Homo Sapiens. 70 cartes et documents entièrement inédits et réalisés avec la collaboration de la cartographe-géographe Mélanie MARIE, illustrent cet atlas.
La question d’un atlas de la Préhistoire se pose d’emblée. Cartographier les lointains ou les plus méconnus épisodes de notre Histoire c’est pas chose aisée. Mais cette cartographie est vite apparût nécessaire – d’abord parce ces lointaines populations, paléoethnies, lignes humaines fossiles relèvent bien de l’Histoire – ensuite, parce qu’une discipline nous y aide : l’archéologie.
Les plus anciens peuplements
Amorcée il y a environ 7 millions d’années, l’histoire évolutive humaine sera marquée par l’émergence de nombreuses espèces d’homininés. Parmi elles, le genre Australopithecus occupe une place centrale, donnant naissance à plusieurs espèces, dont probablement l’ancêtre du genre Homo. L’apparition de ce dernier est encore aujourd’hui un sujet d’étude fascinant. Les indices archéologiques et paléoanthropologiques suggèrent que les premiers humains ont évolué le long de la vallée du Grand Rift africain, entre Afique orientale et australe. A partir de 2,8 millions d’années, une aridification progressive du climat s’y développe et émerge ainsi une première culture matétirellme panafricaine : l’Oldowayen. Puis, les premiers déplacements humains hors d’Afrique, dont l’étude repose sur de rares vestiges fossiles et des outils en pierre taillée un peu plus nombreux, remontent à plus de 1,8 million d’années. En même temps, l’Acheuléen, première culture humaine complexe, s’enracine en Afrique et se traduira par une emprise continentale sans égale avec l’Oldowayen qui le précède.
L’humanité plurielle
Une nouvelle ère technoculturelle, le Middle Stone Age, s’impose en Afrique entre 300 000 et 200 000 ans avec de nouveaux outils, de nouvelles pratiques, de nouveaux codes. De part et d’autre, de la Méditerranée, Homo Sapiens et Néandertaliens évoluent en parallèle, coexistent, se rencontrent ponctuellement dans le couloir levantin du Proche-Orient. Cognition et cultures matérielles symboliques évoluent progressivement. Sépultures et gestes funéraires se développent.
L’avènement et la domination sans partage de l’Homme moderne
Les premiers Hommes modernes, Homo Sapiens, naissent en Afrique entre 310 000 et 260 000 ans. Ils sortent d’Afrique une première fois après 200 000 ans puis une deuxième fois vers 50 000 ans. Ils vont alors rencontrer des humanités précurseurs. La paléogénétique et la paléogénomique n’en finissent pas de décrypter cette histoire complexe. En Europe, la disparition des Néandertaliens et leur remplacement par les Homo Sapiens est une des questions les plus débattues, car elle est multifactorielle et à géométrie variable selon les régions. Dès 40 000 ans, l’Homme moderne n’a plus de concurrence biologique. Il invente de nouvelles formes d’expression symbolique. Des outils ou des armes deviennent supports d’expressions graphiques multipliant motifs abstraits récurrents ou figuratifs animaliers dans le quotidien des chasseurs-cueilleurs. Un véritable art pariétal paléolithique s’affirme, notamment mais pas seulement, en Europe.
L’Asie, un formidable terrain pour la Préhistoire du XXIème siècle
L’Asie du Sud occupe une position privilégiée pour la connaissance de l’expansion et de l’adaptation des homininés hors d’Afrique, car elle y est directement reliée. Souvent considérée comme une zone de passage, l’Asie centrale regorgent pourtant de sites paléolithique, importants et diversifiés. La Chine n’a pas de tradition d’archéologie préhistorique, mais entend rattraper son retard. Des premiers peuplements humains y sont attestés par des industries lithiques datées de 2,4-2,1 millions d’années. Certaines techniques, comme le débitage lamellaire pression, ont été inventées en Asie. Celle-ci produit de pettes lamelles ensuite insérées dans des outils composites en matériaux organiques pour des lances ou des couteaux.
La conquête de nouveaux mondes
3 entités continentales ont été atteintes par les Hommes plus tardivement. Les culturelles matérielles reflètent le degré de fragmentation du peuplement de l’Asie du Sud-Est. La conquête de l’Australie a été plus tardive mais les connaissances sur son peuplement sont plus limitées. Par ailleurs, plus de 10 000 sites du Paléolithique récent ont été découverts au Japon. Enfin, les Amériques restent le dernier continent peuplé. Les débats sont encore vifs quant à l’ancienneté de son peuplement. Diverses traditions techniques s’y développent à partir de 14 000 ans, avec une zone arctique/subarctique marquée par une influence asiatique (production de lamelles) et le reste du continent et ses cultures paléoindiennes (productions bifaciales).
Le point fort de cet atlas est la combinaison entre découvertes archéologiques et leur cartographie. Le texte, très dense et parfois complexe compte-tenu du temps long de la Préhistoire, donne les éléments d’explication pertinents et précis. Couplé à la lecture du Grand Atlas Homo Sapiens, il permet une remise à niveau pour les collègues en charge d’enseigner cette période.



