Après un premier volume réussi et paru il y a un et demi, le 2e tome de la biographie consacrée à Chaplin par Seksik et François est enfin sorti aux éditions Rue de Sèvres.
Il faut dire que ce 2e tome était attendu, après un 1er épisode haut en couleurs, très rythmé et très documenté. Autant le dire de suite, ce 2e volume est au-dessus de son prédécesseur. Tant au niveau du contenu que de sa mise en forme. Les 2 auteurs nous livrent une oeuvre profonde et entraînante dont il est difficile de décrocher. Le scénario est solide et encore plus intimiste, tout en plongeant Chaplin au coeur des tourments socio-politiques de son époque. Le style virevoltant de David François fait des merveilles et accompagne parfaitement le récit et ce qu’est Chaplin.
Nous sommes plongés dans les tourments de la vie de Chaplin. Ce 2e tome est une véritable introspection de cet artiste. Nous nous retrouvons au milieu de ses joies, de ses doutes, de ses peines et de ses drames. Parmi les joies, des réussites commerciales et critiques. Parmi les doutes, les premiers échecs cuisants au box-office. Parmi, les peines et les drames, la perte de son enfant, peu de temps après sa naissance, et la mort de sa mère, quelques temps après son arrivée aux EU.
Ce volet aborde aussi les aspects les plus critiques de la personnalité de Chaplin. En premier lieu, sa misogynie et ses nombreuses aventures extra-conjugales. Cela s’accompagne d’une propension à la violence physique et morale qui découle d’un autoritarisme que l’on retrouve aussi dans sa vie professionnelle. Chaplin était un être odieux et pensait que sa célébrité lui permettrait tous les excès. Les procès de ses ex-femmes et les scandales à la une des journaux lui montreront le contraire. L’opinion publique ne peut tout accepter, tout génie qu’il est.
En plein doute, nous retrouvons un Chaplin en exil artistique et physique. C’est le retour en Europe des années 30. Un retour triomphal en Angleterre, où sa notoriété lui permet de rencontrer les grandes figures de son époque : Churchill et Gandhi. Un court séjour en Allemagne où il rencontre Einstein en 1931 et se confronte pour la première fois, et durement, à la montée de l’antisémitisme. Chaplin semble alors comprendre la réalité de son époque, comme s’il sortait de sa bulle, prêt à mettre son talent et son art au servie d’un combat politique.