Franc-Maçonnerie, dictionnaire
Professeur-documentaliste certifié dans l’enseignement privé catholique sous contrat d’association avec l’Etat, à Tours (Institution Marmoutier). Titulaire d’une maîtrise d’histoire contemporaine intitulée « Les radicaux et les radicaux-socialistes en Indre-et-Loire (1928-1934) », soutenue en 1992, sous la direction de Michèle Cointet-Labrousse.

L’ouvrage est rédigé par 3 auteurs ayant déjà publié sur la franc-maçonnerie, sans être pour autant des historiens spécialistes réputés en maçonnologie. Le premier est Marc De Jode, journaliste et écrivain, professeur de journalisme à l’école de la Chambre syndicale de la Presse parisienne. Devenu franc-maçon en 1982, à l’âge de 22 ans, il est actuellement membre d’une loge de la Grande Loge Mixte de France (GLMF). Il est l’auteur avec Monique Cara du « Dictionnaire des francs-maçons illustres » (aux éditions Dervy, en 2006). Le deuxième auteur est justement Monique Cara, journaliste-animatrice, productrice et écrivain qui a marqué la télévision française dans des années 1980 à 2000, principalement sur France 2 et France 3. Elle fut initiée franc-maçonne en janvier 2003, à l’âge de 58 ans, au sein de la loge mixte « Reliance » au Droit Humain (DH). Enfin, le troisième, quant à lui, Jean-Marc Cara est journaliste reporter pour la presse écrite au sein du groupe Bayard Presse puis journaliste-chroniqueur dans l’audiovisuel. Auteur de documentaires et d’un ouvrage sur les hymnes nationaux : « Le Concert des Nations » (aux éditions Calmann-Lévy, en 2004). Il a été initié franc-maçon en 1996, à l’âge de 44 ans, au sein de la loge « Le Nombre d’Or » de la Grande Loge de France (GLDF). C’est la première fois qu’ils publient tous les trois dans la collection « à présent », des éditions Larousse.

« la franc-maçonnerie en questions » : les 7 interrogations d’un non-maçon

Plus qu’un dictionnaire, c’est un véritable précis de la Franc-maçonnerie actuelle en France et dans le reste du monde qu’il s’agit. La première partie de l’ouvrage : « la franc-maçonnerie en questions », rédigée par Jean-Marc Cara, brosse en une vingtaine de pages les principales interrogations que se pose l’opinion publique concernant la franc-maçonnerie : Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? Comment devient-on franc-maçon ? Pourquoi des rites et des cérémonies en Franc-Maçonnerie ? Peut-on quitter la Franc-Maçonnerie librement ? Comment coûte la Franc-Maçonnerie ? L’auteur termine en faisant le point sur le rejet que suscite la franc-maçonnerie de la part de l’Eglise catholique, de l’extrême droite et des dictatures de tous bords.

« Temps forts » : L’histoire de la franc-maçonnerie mondiale en 6 temps forts

Le seconde partie « Temps forts », écrite par Marc de Jode, retrace les moments forts de l’histoire de la franc-maçonnerie des origines à nos jours, divisée en 6 périodes. La première partie correspond aux histoires légendaires : c’est-à-dire aux légendes bibliques (du temple du roi Salomon et de son architecte Hiram) et à l’illusion chevaleresque (les Templiers et les Roses-Croix). La deuxième période répond à l’archéologie de la Franc-Maçonnerie : en l’occurrence, à l’époque des bâtisseurs de cathédrales et à l’Ecosse des Stuarts du XVe siècle. La troisième période, quant à elle, correspond à la Franc-Maçonnerie ancienne qui va de 1441 à 1717. La quatrième période couvre celle de la Franc-Maçonnerie moderne allant de 1717 au début du 19e siècle : c’est-à-dire le banquet de 1717 (fondant la Franc-Maçonnerie dite « spéculative ») en passant par les Constitutions d’Anderson (1723), la querelle des Moderns et des Antients (1755), la création inflationniste des Hauts grades (1736-1796) sans oublier le temps des occultistes (Mesmer), charlatans (Cagliostro) et libertins (Casanova) de tous poils… La cinquième période est celle du XIXe siècle correspondant à « l’âge d’or » de la Franc-Maçonnerie étudiée en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Enfin, la dernière et sixième période comprend le XXe siècle, découpée en 4 parties temporelles : 1900-1940 (de la Belle Epoque à l’Entre-deux-guerres), 1940-1945 (la seconde Guerre mondiale), 1945-1985 (la guerre froide) et depuis 1985 avec la chute du mur de Berlin (1989).

« Dictionnaire » : La franc-maçonnerie de A à Z

La troisième partie, rédigée par les trois auteurs selon les articles, est le dictionnaire proprement dit qui passe au crible les « mots » de la franc-maçonnerie. Ceux qu’elle emploie, ceux qui la désigne, ceux qu’elle exploite, mais aussi des noms propres. Les articles sont, logiquement, de longueurs inégales mais dégagent assez clairement les enjeux essentiels du sujet. Les articles biographiques, rédigés par Marc de Jode, concernent principalement des personnalités connues (Mozart, Newton, Allende, etc…) mais aussi moins connues (les Arago, les Carnot, etc…) de l’histoire maçonnique. Une place est faite aux personnalités qui ont un rapport particulier à la franc-maçonnerie, c’est le cas des Bonaparte qui se caractérisent à la fois par leurs ambiguïtés par rapport à la franc-maçonnerie et à ses valeurs. Un article est consacré à De Gaulle car il fut le restaurateur de la franc-maçonnerie française, dès le 15 décembre 1943, malgré ses anciennes amitiés d’extrême droite (Action française). Une part importante du dictionnaire est consacrée au symbolisme maçonnique, écrit par Jean-Marc et Monique Cara comme par exemple : agape, enfants de la veuve, VITRIOL, etc… Toutes ces notions sont expliquées de manière relativement simple et claire pour des non-maçons.
En guise de conclusion provisoire, on peut regretter qu’il n’existe pas de système des renvois dans le choix des mots étudiés, mais l’index très fourni compense largement ce problème. De même, s’il existe un cahier hors-texte iconographique de 16 pages en milieu d’ouvrage, on aurait aimé qu’il soit plus conséquent mais il est vrai que le choix des documents est plutôt pertinent (comme par exemple les 2 cartes d’implantation et de diffusion de la franc-maçonnerie à travers le monde, aux 18e et aux 19e siècles). Dans son ensemble, l’ouvrage est une réussite car il s’adresse aussi bien au monde profane intéressé par la franc-maçonnerie qu’au monde des francs-maçons. Dans le créneau des dicos de poche, où la concurrence est féroce concernant le thème de la franc-maçonnerie, le « Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie » de chez Larousse se situe à mi-chemin entre l’austère « Dictionnaire de la franc-maçonnerie » de Daniel Ligou aux éditions PUF (collection Quadrige) éditée en 2004 et l’ouvrage de la célèbre collection « Pour les nuls » des éditions First : « La Franc-maçonnerie pour les nuls » de Philippe Benhamou et Christopher Hodapp publié en 2008, sans oublier « L’encyclopédie de la franc-maçonnerie » d’Eric Saunier aux éditions Le Livre de Poche (collection La Pochothèque « Encyclopédies d’aujourd’hui ») de 2000.
© Les Clionautes (Jean-François Bérel)

Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie
Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie