Le Grand Atlas de Napoléon est une édition partielle de l’encyclopédie « Soldats de plomb de la Grande Armée de Napoléon » publiée par les Éditions Atlas, œuvre collective à laquelle ont contribué Patrick FACON, Renée GRIMAUD et François PERNOT. Cette édition publié chez GLÉNAT profite d’une courte préface de Jean TULARD de l’Académie des sciences morales et politiques. Il y précise qu’à son apogée, quasiment toute l’Europe (sauf notamment la Grande-Bretagne et la Russie) était sous la domination de Napoléon. Mais au-delà des conquêtes, il indique que cet ouvrage dresse le portrait de l’empereur et donne une vision globale de l’Empire en précisant les fondements de la sa puissance.

Les Grandes étapes de la vie de Napoléon

Napoléon apparaît comme un être « hors norme, hors cadre ». Officier de la petite noblesse, il arrive jusqu’aux plus hauts sommets du pouvoir et devient un maître incontesté de l’Europe avant de terminer sa vie sur un îlot perdu de l’Atlantique Nord. Un trajet qui part d’Ajaccio pour se terminer à Saint-Hélène. Enfant, son caractère est déjà indomptable et solitaire. Admis à l’école militaire de Brienne puis à celle de Paris, Napoléon gravit rapidement les échelons du succès à partir de 1793. Il remporte de brillantes victoires notamment lors de la campagne d’Italie ou en Égypte. Son destin se joue sur le terrain politique avec le coup d’État du 18 Brumaire. Il devient premier consul puis Empereur des Français. Au cours de nombreuses batailles partout en Europe, il montre ses qualités de stratège. La campagne de Russie sonne le début de la fin de l’Empereur et de son Empire. Les cents jours ne seront qu’un soubresaut. Les Anglais ne rateront pas deux fois l’occasion de se débarrasser de l’Empereur en l’exilant à Saint-Hélène. Il mourra autant d’ennui que de maladie dans cet île tombeau.

Organisation et stratégies militaires

Napoléon a constitué un formidable outil militaire. Instruite et entraînée au camp de Boulogne, la Grande Armée va demeurer pendant plusieurs années invaincue. L’état-major impérial apparaît également comme un atout majeur. Régiments éphémères et régiments étrangers (notamment suisses) complètement cette Grande Armée lors des différentes campagnes. L’infanterie, l’artillerie, la cavalerie (les dragons), la garde impériale et l’escadron sacré sont aussi présentés comme des outils nécessaires à la victoire. De nouveaux services se développent également comme le renseignement ou la cartographie. Napoléon est enfin devenu maître dans l’art des manœuvres militaires à la fois sur les arrières et en position centrale (par coup offensif ou en attente).

Les grandes batailles napoléoniennes

Napoléon révèle ses capacités militaires au siège de Toulon et pendant la première campagne d’Italie. Les batailles de Lodi ou d’Arcole et la victoire de Rivoli font dire à STENDHAL : « après tant de siècles, César et Alexandre avaient un successeur ». La campagne d’Égypte est plus difficile et son départ à la fin de l’année 1799 pour prendre le pouvoir en France, est pris pour certains comme une désertion. Devenu premier consul, Napoléon engage une seconde campagne d’Italie. Lors de bataille de Marengo, il bat les Autrichiens qui cèdent la Ligurie, le Piémont et la Lombardie. La campagne d’Allemagne est lancé en 1805 qui aboutit à la reddition d’Ulm. Il écrase ensuite les armées austro-russes à Austerlitz, « la plus belle de toutes celles que j’ai donnée… ». Il bat ensuite l’armée prussienne en Saxe et en Prusse en 1806. Ces victoires sont confortées par la bataille d’Iéna. Napoléon progresse en Pologne. La bataille d’Eylau montre les premières difficultés de l’armée napoléonienne qui perd pour la première fois à Essling, échec en partie effacé par la bataille de Wagram. Mais la campagne de Russie lancée en 1812 est désastreuse et aboutit à une retraite vers l’ouest marquée par l’épisode (réussi) de la Bérézina. En 1813, la Grande Armée gagne contre la coalition à Dresde et à Leipzig, même si elle semble de plus en plus affaiblie. La défaite de Waterloo aboutit à l’abdication de Napoléon le 22 juin 1815.

La France sous l’Empire

Véritable soutien du régime, le ministère de la Police général est rétabli en 1804. Les mouchards sont recrutés partout. Les arrestations arbitraires se multiplient. Le nombre de journaux est drastiquement limité à 4 en 1811. Le Code Pénal impose aussi une justice sévère. Parallèlement à ces libertés restreintes, le Code Civil est rédigé et apparaît comme la première des « masses de granit ». Le Concordat soumet l’Église à l’État. La banque de France est créée. Napoléon ordonne également de construire des routes, de creuser des canaux, de lancer des ponts et d’aménager des ports avec l’aide des ingénieurs des ponts et chaussées. Pendant le Consulat et l’Empire, de nombreuses découvertes scientifiques sont aussi diffusées, la médecine et la pharmacie progressent.

L’ouvrage se conclut par une double page sur les Invalides qui abrite depuis 1840 le tombeau de Napoléon. Ils sont aujourd’hui devenus un lieu de mémoire. Les annexes regroupent des informations sur STENDHAL, BYRON, SCOTT, CHATEAUBRIAND, BALZAC, de STAËL, EMERSON et HUGO qui ont écrit sur Napoléon, parfois avec bienveillance. Une chronologie précise de 500 dates et une galerie intéressante de 100 portraits complètent l’ensemble.

Les ouvrages sur Napoléon sont nombreux pour « fêter » le bicentenaire de sa mort. Alors peut-on dire, comme indiqué dans la préface, qu’« après avoir lu cet ouvrage, rien de ce qui touche Napoléon ne vous sera désormais inconnu » ? Généraliste et volontiers vulgarisateur, il remplit en tout cas correctement son office. Il est particulièrement efficace lors de la description des batailles. Les différentes phases sont bien précisées ainsi que les forces en présence, de manière chiffrée et cartographiée. Les conséquences sont constamment évoquées. Les « détails tactiques du jour » sont aussi instructifs. A part pour ce chapitre, cet ouvrage ne mérite toutefois pas vraiment le titre d’Atlas, les cartes étant souvent absentes. Mais il reste bien sûr utile pour les amateurs d’Histoire qui veulent en savoir plus sur l’Empereur des Français, mais aussi pour les enseignants qui y trouveront des documents intéressants pour illustrer leurs cours sur la Révolution Française, le Consulat et l’Empire.