Présentation de l’éditeur. « En 1961, la République Démocratique Allemande est face à une situation ingérable. Sous contrôle soviétique, elle voit ses occupants fuir par milliers en République Fédérale Allemande sous contrôle occidental. Le principal point de fuite passe par Berlin. Car depuis la chute du troisième Reich, Berlin est partagé en quatre : Anglais, Français et Américains ayant la moitié ouest de la ville, et Soviétiques contrôlant la partie est. Mais les échanges sont quotidiens et pour passer d’un bloc à l’autre, il suffit de prendre le métro…

Devant cette vague d’émigration non contrôlée, la RDA soutenue par Moscou construit alors un mur séparant Berlin en deux. Du jour au lendemain, la situation de la ville va fondamentalement changer. Berlin-Ouest devient alors la vitrine occidentale du « monde libre » alors qu’elle est complètement enclavée en territoire soviétique. Le mur de la Honte perdurera jusqu’en 1989 et sa chute symbolise encore aujourd’hui l’effondrement pur et simple de l’URSS.

S’inviter dans l’Histoire pour en raconter les grands moments incontournables, voilà le parti pris d’Ariane et Nino. Avec humour et pédagogie, les jeunes lecteurs en apprendront autant que leurs aînés ! ».

 

Au fur et à mesure des publications, « Le fil de l’Histoire par Ariane et Nino » tend à devenir une petite encyclopédie. On retrouve le même équilibre que dans les précédents volumes, avec le sérieux du propos et l’humour, le tout développant une réflexion toujours intéressante.

Comme d’habitude, l’entrée en matière s’effectue à l’occasion d’un fait tout à fait banal auquel sont confrontés Nino et sa sœur Ariane. Ici, la circulation est empêchée par des travaux qui bloquent toute une rue. Les auteurs resituent le Mur de Berlin dans son contexte, et remontent ainsi aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, au découpage de l’Allemagne et Berlin en quatre zones d’occupation. Le fil chronologique se développe ainsi, avec le blocus de BerlinDont l’origine n’est pas précisée, mis à part que « Les Russes [sic] ne veulent pas de cette « tache » bleue [les zones occidentales de Berlin]. Ils essaient donc de chasser les Américains » [et les autres Occidentaux ?]., le pont aérien, l’avènement de la RFA et de la RDA. On y voit les difficultés de circulation entre les deux principales zones. La volonté de mieux la contrôler (et d’éviter la fuite des Allemands de l’Est) aboutit au plan « Grande Muraille de Chine » : la construction du fameux Mur de Berlin commence dans la nuit du 13 au 14 août 1961. Les auteurs montrent que le but est s’isoler soigneusement Berlin-Ouest, ce qui donne une enceinte de 155 km haute de 3,60 m, surveillée. Cela n’empêche pas les Berlinois de l’Est de chercher à la franchir, ce qui se traduit par une ou deux centaines de morts, dont Jörg Hartmann, 11 ans, abattu en 1966. 5 000 personnes réussiront à passer à l’Ouest. Le discours de Kennedy et l’Ostpolitik de Willy Brandt sont évoqués, mais c’est surtout les difficultés des Berlinois qui retiennent l’attention, malgré un certain assouplissement. Le contraste entre les deux zones s’accentue, tandis que la contestation s’amplifie en Pologne, mais aussi en Hongrie ou en Tchécoslovaquie. La destruction du Mur commence bientôt, prélude à l’effondrement du bloc de l’Est.

Les auteurs ne négligent pas d’ouvrir leur propos aux autres formes de murs qui séparent profondément des peuples : entre Israël et la Palestine, le Maroc et l’Espagne, les États-Unis et le Mexique, etc.

La structure des ouvrages fait que la fin de chaque volume apporte des précisions. On a ainsi des fiches biographiques sur Brandt, Honecker, mais aussi Conrad Schumann (le soldat est-allemand qui saute par-dessus les barbelés, le 13 août 1961), Christa et Joachim Neumann (qui purent franchir le Mur grâce à plusieurs tunnels), Le Rideau de fer (à distinguer du Mur de Berlin, avec quoi la confusion est souvent faite), les différentes méthodes d’évasion, et enfin un fil chronologique.

On ne peut que saluer le bien-fondé de cette collection, qui se confirme de parution en parution, et qui mérite (on ne le rappellera jamais assez) d’avoir une place dans les bibliothèques et centres de documentation.