Présentation :

Alain Corbin, né en 1936, est un historien français, spécialiste du XIXe siècle en France. Après des études d’histoire à l’Université de Caen, il devient agrégé puis docteur d’État en 1973. Dès son doctorat, il s’appuie sur des ressources plus anthropologiques qu’économiques et sociales, ce qui marque par la suite sa conception de l’histoire. Il effectue les débuts de sa carrière universitaire à l’Université de Tours puis à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne de 1987 à 2002. Il est également membre de l’Institut Universitaire de France. Ses sujets de recherche portent sur l’histoire du XIXe siècle qu’il a su renouveler en s’intéressant à l’histoire du sensible, des représentations et de l’imaginaire social.

Ses travaux ont donc considérablement fait progresser l’histoire des sensibilités dont il est un des spécialistes mondiaux. Alain Corbin a ainsi porté sa réflexion sur de nouvelles thématiques de l’histoire  comme les émotions, le corps et le désir masculin (Les Filles de noce, 1978), l’intimité, l’odorat et l’imaginaire social dans Le Miasme et la Jonquille (1982) mais aussi les paysages sonores de la campagne du XIXe siècle (Les Cloches de la terre, 1994) ou encore l’apparition des loisirs (L’Avènement des loisirs, 1996).

Le Village des cannibales porte sur l’étude du supplice d’un jeune noble accusé d’avoir crié « Vive la République ! » à Hautefaye, petit village de Dordogne, le 16 août 1870. L’ouvrage constitue une véritable enquête afin de rétablir la vérité sur ces événements. L’auteur s’intéresse au climat politique de 1870, aux représentations et à la fureur des sentiments ayant animé ce drame. L’historien relate donc l’ensemble des circonstances ayant conduit au massacre d’Alain de Moneys « connu pour sa générosité ». Selon l’auteur, l’acte aujourd’hui considéré comme dénué de toute rationalité est en fait d’ordre politique et témoigne d’une logique singulière qu’il tente d’expliquer tout au long de son récit.

L’œuvre d’Alain Corbin nous entraîne immédiatement dans l’atmosphère du livre avec la première de couverture qui se veut tout à fait représentative du drame. L’ouvrage comporte quatre chapitres précédés d’un prélude, suivi d’une conclusion, d’une carte de la région de Dordogne et de notes de fin de livre comprenant l’ensemble des sources utilisées par l’auteur. Le livre s’achève sur la table des matières. Notons un prélude assez court ce qui nous plonge très rapidement dans le premier chapitre car l’ouvrage ne détient en effet ni avant-propos, ni introduction.

Résumé :

Au sein du premier chapitre consacré aux sentiments et à leur cohérence, Alain Corbin accorde une véritable importance au contexte historique et politique du XIXe siècle mais aussi  aux représentations sensibles des acteurs. Il construit une cohérence de l’ensemble des pulsions qui s’édifient au sein de la région. En effet, au sein de ce chapitre, l’auteur porte son attention sur le sens et les mécanismes psychologiques ayant conduit au massacre. Ce dernier évoque l’ensemble des hostilités présentes chez les paysans de la région. Les paysans du Sud-Ouest français n’affectionnent pas la noblesse et cette haine se retrouve également au sein d’un anticléricalisme. En parallèle, nous sommes face à une bourgeoisie rurale qui connaît son apogée durant la monarchie de Juillet. Cette dernière est la principale responsable de la diffusion d’un discours anti-noble et anticlérical au sein des milieux ruraux. Celle-ci profite de la proximité qu’elle entretient avec les paysans pour diffuser et animer les hostilités.

Cela engendre dès lors la constitution d’un imaginaire au sein des populations rurales. Simultanément, la noblesse de Nontron se montre très attachée à l’Empire et rentre immédiatement en opposition avec la bourgeoisie qui « conduit le ralliement au prince président ». Il est important de notifier que la haine à l’égard des aristocrates se ressent déjà lors de la Révolution, notamment lorsque les habitants s’attaquent aux emblèmes féodaux. De plus, en 1813 lorsque la noblesse revient au côté du roi, la paysannerie se sent profondément trahie. Dix-sept ans plus tard, la chute de la monarchie de Juillet se fait violente car elle replonge les esprits dans une haine vis-à-vis des nobles. Ceux-ci se voient dès lors victime de violences verbales. Les esprits s’échauffent et le meurtre se fait de plus en plus imminent comme à Pazayac où l’absence du comte de Mansac empêche les paysans de « l’étriper ». Ce n’est pas pour oublier le poids de la rumeur qui détient un rôle important dans le maintien de cette atmosphère. Pour cause, l’inanité des propos se diffuse très vite.

La région est touchée par un anticléricalisme endogène qui se retrouve dans le drame. Les hommes d’Église sont accusés de détenir une relation privilégiée avec les nobles. Cette relation est très largement débridée par la bourgeoisie. En 1790, les bancs d’Église sont brûlés en Périgord, les nobles de la région les rétablissent alors. La théorie d’un complot entre nobles et clercs se propage alors. En 1848 avec une énième attaque des bancs, la distinction au sein des enterrements est abolie. Conjointement, les fleurs de lys des autels sont immédiatement perçues comme un symbole monarchique par la population paysanne, elles deviennent alors une source de nouvelles menaces. Animés par leur attachement à Napoléon, les paysans n’hésitent pas à s’en prendre aux curés et vandaliser les églises dans le Périgord.

Ces actes non-punis par le préfet conforte les paysans dans leurs actions. Ces hostilités viennent se joindre à celle construite à l’égard des républicains, les paysans de Dordogne associent une haine commune chez le républicain, le curé, et le noble. En 1848, les votes sont majoritaires pour les démocrates socialistes. L’année 1848 atteste également de la relance de la crise économique et dès les premiers jours les paysans refusent de payer l’impôt des 45 centimes. Il est important de souligner que des incidents furent déjà remarqués en 1830 lorsque le désir de brûler les registres fiscaux hantait les esprits. Lors de la levée de l’impôt en mai 1848, une révolte éclate. Les précepteurs sont maltraités. Successivement, une  rumeur court selon laquelle Napoléon Bonaparte va rembourser la dette de la France et la taxe de 45 centimes. C’est ainsi qu’un climat bonapartiste naît auprès des populations rurales, en opposition aux républicains.

Le paysan accuse alors la République d’être gaspilleuse, tandis que Louis- Napoléon Bonaparte répond à ses souhaits. Ne pas faire grâce à Napoléon serait rouvrir les portes « aux voleurs de caisses publiques ». Dans les années 1870, les ruraux tolèrent mal la violence à l’égard du souverain. Cet attachement à ce dernier se retrouve au cœur du drame d’Hautefaye. La légende napoléonienne effectue un travail sur l’imaginaire des Nontronnais. Les paysans ne s’intéressent pas aux idées comme la liberté de la presse défendues par les républicains. L’attachement au « prince président » est constitutif, on le célèbre au travers de nombreuses actions comme des fêtes ou encore des chants patriotiques. Perçu comme « invincible », le souverain permet la construction d’écoles et de nouvelles bâtisses. Alain Corbin nous plonge dorénavant dans une angoisse croissante résidant au sein du massacre. L’hostilité à l’égard des Prussiens se fait grandissante. Le Sud-Ouest de la France est dans la crainte perpétuelle d’une invasion depuis 1866.

En 1870, le conflit en Prusse engendre une mobilisation générale dans les campagnes périgourdines. L’angoisse de la défaite ne cesse d’alimenter les animosités. La paysannerie cherche des fourbes, elle les trouve alors dans « les figures de la menace présente antérieurement dans leur imaginaire » : les nobles, les curés et les républicains. La rumeur joue toujours un rôle important. Dans l’ensemble de la région, des récits d’incidents similaires à celui d’Alain de Moneys prolifèrent. Le climat de cette année-là regorge d’inquiétudes accompagnées d’un doux optimisme.

Le poids de la rumeur de la présence de Prussiens sur le territoire continue de bercer l’été 1870. De plus, les mauvaises nouvelles du front provoquent dans l’ensemble du pays un désir d’implication personnelle. Tout le monde détient l’envie de participer. Le drame émerge par conséquent d’une angoisse collégiale, d’un émoi national face à la déclaration de guerre faite par la Prusse le 19 juillet 1870. Et cela se construit sous l’augure des mailles de la rumeur qui envahissent la région.

Le supplice du jeune noble se déroule lors du croisement de deux événements : la foire qui a lieu entre le 14 et le 16 août et la fête nationale ayant lieu 15 août. Celle-ci auparavant fête exclusivement religieuse permet aux habitants de la région de célébrer l’empereur grâce à des chants patriotiques, festivités, mais aussi à l’aide d’actions comme la distribution de nourriture aux indigents. Il est également possible de participer au Te Deum, cérémonie religieuse qui rassemble les paysans et personnalités importantes du village (maire ou encore conseillers municipaux). Alain Corbin insiste sur le lieu du drame. Le supplice d’Hautefaye se dessine sous l’atmosphère d’une foire, c’est son champ d’influence qui délimite le territoire concerné par le massacre. L’histoire du drame se superpose à celle de la foire qui transgresse les limites départementales. Les foires en Dordogne prolifèrent durant la monarchie censitaire.

Le foirail est un lieu de visibilité des symboles, on y organise des ventes d’animaux. D’ailleurs en cette journée d’août se tient une foire aux bestiaux à Hautefaye. C’est le centre de la foire pour les anthropologues, cet espace neutre vide et rempli successivement qui détermine le lieu du massacre. Le 16 août passé quatorze heures, on ne relève la présence d’aucun bourgeois. La foire ne met pas réellement la ville et la campagne en communication. Son emplacement géographique  explique notamment le vide des autorités. Même si le drame s’est déroulé sur la commune d’Hautefaye, ses habitants ne sont pas directement responsables du massacre comme le soutiennent les manuels. En 1870, le centre du village possède entre 15 et 17 maisons, il a l’apparence d’un hameau, une apparence qu’il conserve aujourd’hui. Les habitants détiennent un niveau d’instruction jugé déplorable. De plus, les scènes de barbaries sont assez communes. Le terroir du village et ceux des communes voisines s’enchevêtrent. Du fait de cet enchevêtrement, ceux que l’on considère comme « étrangers » sont nombreux dans les écarts. Les acteurs principaux appartiennent donc majoritairement aux villages voisins comme en atteste le jeune étudiant en droit nommé Villard.

Au travers de ce chapitre, l’auteur nous présente la liesse du massacre Alain de Moneys est un jeune noble qui gère le domaine familial, ce qui explique dès lors sa venue sur le foirail le 16 août 1870. Cet homme de 32 ans résidant au château de Brétanges est présenté comme « chétif ». Son cousin, Camille de Maillard, crie « Vive la République ! » et parvient à s’enfuir avec l’aide de son métayer. Le jeune Alain de Moneys lui refuse de soutenir les accusations formulées contre son cousin. Néanmoins, il faut un coupable pour les paysans et Alain de Moneys en constitue un. De plus, il est tout de suite accusé d’être un Prussien. Les paysans refusent de le considérer comme un noble malgré son écharpe.

La rumeur selon laquelle Alain de Moneys a crié « Vive la République ! » se diffuse à une vitesse monstrueuse. Cependant, les défenseurs du jeune noble ne cessent de clamer son innocence. La figure du noble et du républicain sont associées sans réflexion à une identité prussienne. Le curé tente d’aider le jeune homme mais les paysans n’hésitent pas à le menacer de mort. Alain de Moneys semble condamné. Il n’hésite pas à crier « Vive l’Empereur ! » sans succès. Ce jour-là, les auberges regorgent de monde, ce qui rassure les meurtriers qui désirent marquer le plus grand nombre d’esprits avec leurs « exploits ».

Durant l’ensemble du cortège, différentes propositions en vue d’ôter la vie à Alain de Moneys sont émises. La pendaison est évoquée, le meurtre au fusil également mais c’est la décision de le bruler qui l’emporte. La volonté de faire souffrir le jeune homme est croissante. Le jeune noble tente tant bien que mal de sauver sa vie en se réfugiant dans une auberge ou encore en simulant sa mort, mais rien ne peut aller à l’encontre de la rage de la paysannerie. Lorsqu’on lui porte un coup qui signe sa mort, l’ensemble de la foule n’hésite pas à se jeter sur son corps inerte afin de le battre le cadavre sanglant.

Commence ainsi la cérémonie de la dégradation du corps, après avoir tenté de l’écarteler, Francois Mazière et Campot n’hésitent pas à le traîner sur le chemin rocailleux menant au foirail. Le corps est traité comme une charogne. Les vingt et un acteurs principaux sont pourtant des personnes présentées comme ayant bonne réputation. Parmi eux se trouvent de jeunes adolescents, des hommes mûrs et des très âgés. Ce massacre est une opportunité pour ces jeunes hommes d’affirmer leur virilité. La mise à mort dure deux heures. L’aspect cannibalesque se retrouve dans les études de parole, notamment celle du maire avec cette phrase ; « Mangez-le si vous voulez ».

Néanmoins, d’après des sources historiques, personne n’a pris en compte cette phrase. Les métaphores animalesques se font nombreuses notamment dans la volonté de rôtir le jeune Alain de Moneys. Le lieu du bûcher est un « lac desséché ». Lorsque les habitants préparent le feu, ils ne cessent de crier « Vive l’Empereur ! ». Lorsque le feu brûle enfin, des « cris de joie féroce » se font entendre. Lors de la crémation, certaines femmes avec enfants arrivent de la foire. Plusieurs soutiennent qu’Alain de Moneys était encore vivant au moment de la consumation de son corps sous les flammes.

Les représentations de la douleur se font lors du procès. Les assaillants sont persuadés de travailler pour le gouvernement et d’obtenir une récompense de l’Empereur. Mais les paysans tentent aussi d’exorciser leur peur. Ils se persuadent que les aristocrates ont fait fuir les enfants de la région. Sur le foirail, la communauté est convaincue d’être tombée sur la cause de son mal, un républicain, noble et prussien. Ce supplice marque dès lors l’incarnation des « cannibales ».

Ce dernier chapitre met en scène la véritable monstruosité du drame reçu par ses contemporains. L’intense sentiment d’étrangeté produit par ce massacre conduit à s’intéresser à sa réception. Le cannibalisme criminel, endogène de violence, donne naissance au comble de l’horreur. Le massacre est perçu comme le théâtre de l’enfer et se présente comme un geste de purification des malheurs. Le théâtre du supplice constitue un lieu sacré où le sang impur coule. Le drame d’Hautefaye fascine car il constitue une distance, un écart entre la sensibilité dominante et les comportements des paysans. L’étude de l’histoire des massacres devient constitutive dans l’assimilation du supplice.

Lorsque que l’on brandit la menace des « jacques », des paysans animés par la bêtise et l’anarchisme, nous ne saisissons pas l’entièreté du massacre. Il faut comprendre que le massacre d’Hautefaye n’a strictement rien d’une jacquerie. Nous avons certes la capacité d’effectuer une filiation historique du drame non pas avec les jacqueries, mais à l’aide de l’ensemble d’une tradition issue de l’Ancien Régime du massacre et du supplice comme biais d’expression politique. Le supplice d’Hautefaye semble être l’horreur absolue, il perturbe, il outrepasse les figures de la barbarie. Les paysans ont dansé autour de la dépouille et l’ont dégradée. La littérature autour du drame vise plus à l’horreur qu’à l’apitoiement. D’ailleurs le rapport d’autopsie relate au mieux la vision abominable du cadavre de charbon, laissant l’imaginaire prendre place dans l’esprit du lecteur. Dans les pensées des aristocrates de la région, l’horreur prend place.

L’anxiété habite également Nontron, qui le lendemain du drame, organise sa défense pour éviter l’arrivée d’une « horde paysanne ». Plus tard, les croquis d’audience peignent les acteurs du crime comme des monstres en cage. Ces représentations continuent de nourrir l’imaginaire. Le drame d’Hautefaye pose un problème épineux pour les Républicains. Ils savent la haine que les paysans ont pour eux et partagent celle-ci à leur égard. L’esprit de ces ruraux est jugé détestable. Néanmoins, lors du drame d’Hautefaye, les paysans se sont soulevés contre ceux qui à leurs yeux ont pactisé avec l’envahisseur, ils ont dès lors agi comme des « bleus ». Le supplice d’Alain de Moneys constitue alors une aubaine pour ceux qui d’entre eux désirent façonner les représentations politiques.

Cependant, le paysan reste toujours une « brute ». Le drame de Hautefaye offre surtout aux républicains l’occasion de stigmatiser le régime déchu comme une époque d’obscurantisme, un atavisme construit sur l’ignorance et la bêtise. Alcide Dusolier, un ami de Gambetta et ancien condisciple de la victime, n’a pas de mots assez puissants pour condamner et juger la « populace de paysans » qui, le 16 août à Hautefaye, a été prise « d’une sorte de folie comme celle qui, parfois, s’empare des bœufs dans les champs de foire, sous les morsures du soleil ».

Appréciations :

Cet ouvrage d’Alain Corbin détient une finesse du détail incomparable. Le récit regorge de dates, d’événements parcourant l’ensemble du XIXe siècle. Cela donne lieu à une compréhension du contexte historique nécessaire à l’assimilation du supplice d’Alain de Moneys. L’auteur n’hésite pas à mentionner un ensemble de sources tant historiques que géographiques, judiciaires ou encore psychologiques. Cette variété permet d’élargir les champs de son propos et de fournir ainsi aux lecteurs une multitude d’approches venant justifier ses dires.

Alain Corbin nous permet également de mieux appréhender notre société et de tenter de répondre à des questions fondamentales : qui nous sommes et d’où venons-nous ? Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher d’être horrifiée par nos « origines ». La bêtise et la haine suintant l’écrit de l’auteur n’ont pas résisté à me faire ressentir un vif sentiment de révolte, dompté d’un soupçon d’amertume. Néanmoins, l’auteur permet de comprendre, non pas d’accepter, mais de saisir le sens de la haine de la paysannerie française. Il m’est arrivée, au cours de ma lecture, de me sentir à la place de ses hommes et femmes. J’ai fini par les comprendre, de sorte que l’amertume a laissé place à la compassion.

Au-delà de mon ressenti intérieur, je ne peux que faire l’éloge de cet ouvrage, il m’a plu dans son ensemble, c’est-à-dire également dans sa forme. Le style très littéraire utilisé par l’écrivain permet de nous plonger intégralement dans l’événement, ce style, nous le retrouvons au sein même des noms attribués aux différents chapitres. Ce livre d’histoire détient le grand mérite d’être riche, structuré et cohérent chronologiquement. Les deux premiers chapitres permettent au lecteur de se représenter les bouleversements et sentiments annonciateurs du massacre.

Tandis que le dernier chapitre consacré à histoire de la tradition de l’Ancien Régime du massacre et du supplice comme modalités d’expression politique est tout simplement passionnant. En concomitance, je me dois d’insister sur l’importance consacrée aux détails et aux autres mentions d’événements qui font lien avec le drame d’Hautefaye et qui lui donnent du sens. Alain Corbin nous rend ainsi sensible le supplice, les fascinations et les passions. La description du massacre prend dès lors l’allure d’une véritable hypotypose, l’imaginaire entreprend un long voyage porté par la plume de l’auteur.

La beauté de ce  livre se trouve également  dans l’ensemble des thèmes beaucoup plus larges que ceux du drame d’Hautefaye qu’il aborde. C’est ainsi que la monographie d’Alain Corbin se présente comme riche de préceptes. Je conseille dès lors cet ouvrage qui est très lisible et accessible au plus grand nombre.

Compte rendu réalisé par Noémie Asselin, étudiante en hypokhâgne (2020-2021) au lycée Albert Schweitzer du Raincy (Seine-Saint-Denis) dans le cadre d’un travail d’approfondissement en histoire.