Jean-Louis Brunaux, directeur de recherche au CNRS et grand spécialiste des Gaulois, offre, dans son nouvel opus, une synthèse visant à démystifier un certain nombre de questionnements relatifs à ce peuple et aux enjeux dont il peut être porteur.

En une succession de vingt-neuf questions, l’auteur aborde des thématiques très larges, allant des topoï les plus courants (« Les Gaulois sont-ils des géants aux cheveux blonds ? Étaient-ils moustachus et chevelus ? Habitaient-ils des huttes rondes ? ») à des questions épistémologiques plus pointues : on s’attardera ainsi sur le deuxième chapitre, « Sont-ils gaulois ou celtes ? » (J.-L. Brunaux écrit ainsi, p.36 : il est (…) temps de revenir à la réalité historique, décrite par les plus anciens auteurs grecs : les Celtes sont le plus ancien ensemble humain identifié en Gaule, correspondant à une partie de ses habitants ») et sur le neuvième, « La Gaule est-elle une invention de César ? », dans lequel J.-L.Brunaux revient de manière très intéressante sur certains écrits de Camille Jullian et de Christian Goudineau.

L’entrée par questionnements, si elle peut parfois s’avérer très légèrement redondante, permet incontestablement à un public très large d’aller picorer avec agrément dans les chapitres ainsi constitués, en fonction d’affinités propres.

Solidement documenté (l’incontournable Poseidonios d’Apamée, savant et « premier ethnographe de la Gaule », est bien évidemment présent), d’une belle érudition et basé sur les acquis récents de la recherche, l’ouvrage est d’une lecture aisée et s’adresse autant au néophyte qu’à l’étudiant ou aux collègues désireux de compléter une séance sur les Gaules.

Dans cette dernière perspective, le chapitre onze sur Vercingétorix ou encore le vingt-sixième intitulé « César a-t-il conquis la Gaule par les armes ? (à propos de cette question, J.-L.Brunaux, p.268, écrit qu’ « il est (…) impossible de répondre pleinement par l’affirmative. Dans l’annexion de la Gaule par Rome, formule qui rend mieux compte de la réalité des faits, la diplomatie sous toutes ses formes, et souvent les moins avouables, a joué un rôle plus important que la guerre. César a seulement su mater les rébellions. Ce qui n’était pas une mince affaire si l’on songe à l’allure qu’elles ont prise, notamment en -52 et sous la direction de Vercingétorix. Les deux adversaires avaient en commun le sens de la stratégie, autant politique que guerrière. À ce jeu, César a été le plus fort ») se révéleront d’un grand intérêt.

Grégoire Masson