Cette BD a reçu le prix Château de Cheverny de la BD, en 2009 lors de sa première édition. Elle relate un épisode des révoltes fiscales de l’époque moderne.

Si les premières pages font le récit de la mort du soldat Audijos, l’histoire des « Invisibles » commence en 1664. Elle s’appuie sur une histoire vraieVoir Audijos : la gabelle en Gascogne / documents inédits publiés pour la Société historique de Gascogne, par A. Communay.

Le chevalier d’Audijos, petit nobliau sans fortune et soldat sans emploi, prend la tête de la révolte en Gascogne. L’imposition de la gabelle, dans un pays jusque-là exempté, provoque le soulèvement du peuple soutenu par la noblesse locale qui se souvient encore de la Fronde et tient aux privilèges de la province.

Extrait p. 116
Extrait p. 116

On y voit le pouvoir de l’intendant Pellot, les exactions des dragons du roi, la justice expéditive et ses pendaisons, image qui rappelle les gravures de Callot, le rôle du bas-clergé dans ce conflit qui s’enlise de 1664 à 1670.

Les misères et les malheurs de la guerre
Les misères et les malheurs de la guerre https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Les_mis%C3%A8res_et_les_malheurs_de_la_guerre_-_11_-_La_pendaison.png?uselang=fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce sont des embuscades meurtrières tendues aux troupes royales qui accompagnent les gabelous, ces « Invisibles », cachés dans les bois, sont menés par le héros, accompagné d’anciens soldats, un peu brigands et haut en couleurs qui connaissent le maniement de l’épée et des paysans armés de faux et de fourches quand les travaux des champs ne les retiennent pas, une révolte contre Colbert et non contre le Roi. Réfugié en Espagne, Audijos obtient la clémence de Louis XIV, reprend le service armé et s’en va mourir à Messine en 1677.

La construction en plusieurs temps parallèles repose sur l’encouragement, voire l’impulsion des femmes de l’entourage du héros, sa mère, sa sœur, sa femme. Le temps du récit est rythmé par les travaux des champs, une illustration reprise au fil de la BD.

Extrait p. 25

Le choix d’un traitement monochrome, inspiré des gravures de l’époque, contribue à créer l’ambiance.

 

Un extrait peut être consulté sur le site des éditions Gallimard ICI