L’ouvrage porte essentiellement sur des études à propos du Cameroun mais les réflexions ont une portée plus universelle. Il réunit divers spécialistes de l’université de Yaoundé ou des institutions de formation des enseignants.

Le coordinateur et principal auteur Pierre Fonkoua est coordinateur de la chaire Unesco des sciences de l’éducation pour l’Afrique centrale et de la chaire UNESCO des droits de l’homme et culture de paix (Université de Bangui). Il est l’auteur en 2006 d’une intéressante réflexion sur l’éducation sur le continent africain : Quels futurs pour l’éducation en Afrique ?


Dans l’introduction Pierre Fonkoua replace le combat pour l’éducation inclusive dans les réflexions sur le développement durable. Et présente la question au cœur de ce livre : Comment le système éducatif doit-il s’y prendre pour répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant ?
L’auteur défend avec conviction le droit à l’éducation de chaque enfant et l’idée d’une école intégratrice. Il interroge les principes, les modalités pour un tel projet et les conditions d’un climat de sécurité favorable à l’épanouissement des jeunes.

Un premier article collectif s’intéresse aux pratiques éducatives chez les enfants autistes, il réunit un psychologue, un anthropologue et un spécialiste des sciences de l’éducation, tous trois de l’université de Yaoundé. Ils traitent de l’intégration des enfants autistes, des enfants à besoins spécifiques en matière de communication et présentent une étude de terrain qui montre que les pratiques mises en œuvre par les éducateurs sont, au Cameroun, à la fois peu diversifiées et mal adaptées.

Pierre Fonkoua et Romaine Efouba présente une étude sur les impacts de la collaboration entre parents et enseignants sur la scolarité des enfants déficients auditifs. Il en ressort que la préparation en amont d’une insertion s’avère efficace pour sa réussite et nécessite une relation dynamique entre parents et enseignants.

Dans le troisième article à propos de l’intégration socioprofessionnelle des sourds Pierre Fonkoua associé à Virginie Mefeu Youmbi s’interrogent sur l’efficacité des dispositifs existants dans un pays où le taux de chômage est élevé. Ils montrent le développement de l’utilisation de la langue des signes et une politique volontariste de l’état qui a permit une modification de la perception de ce handicap au sein de la population.

Avec Marcelline Leuba, Pierre Fonkoua, l’analyse porte sur les dispositifs camerounais d’intégration des déficients auditifs vingt ans après la décennie des personnes handicapées déclarée par les Nations-Unies (1983-1992). Les auteurs s’interrogent en particuliers sur la formation des enseignants, proposent des pistes d’action pour une meilleure éducation et intégration des handicapés.

Honoré Mimche et Joël Mbring, tous deux sociologues, abordent la question des enfants de la rue dont le nombre augmentent parallèlement à la croissance urbaine. Comment ramener ces enfants sur les bancs de l’école ? Après une définition du concept d’enfant de la rue, les auteurs posent la question de leurs droits. Ils décrivent des solutions en matière d’éducation formelle, informelle et l’intervention des ONG pour lutter contre la reproduction sociale. Ils montrent la force de la reproduction genrée des tâches et des métiers à partir des formations proposées.

Le psychologue Vandelin Mgbwa présente le cas d’un enfant en difficulté d’adaptation scolaire, très dépendant de la relation à sa mère suite à un traumatisme familial. La situation est décrite comme multifactorielle et l’auteur propose des pistes d’action pour les enseignants face à ce type de situation.

La prise en charge des enfants handicapés visuels est abordé par pierre Fonkoua et Adalbert Baleng en vue d’une bonne intégration dans les écoles ordinaires. Après une description des troubles qui affectent les enfants et un rappel de la notion d’intégration les auteurs insistent sur un double nécessité : développer les visites médicales dans les écoles et mieux former les enseignants pour un accueil spécifique de ces élèves.

C’est ensuite une analyse plus globale du système éducatif camerounais et de sa capacité à la mise en place de l’école inclusive. Malgré l’existence de dispositifs nationaux et l’attitude positive des enseignants dont na bonne volonté ne suffit pas, la situation reste précaire et impose une réelle formation des enseignants.

Le Dr. Edouard Kingne pose la question des groupes sociaux marginaux en Afrique. Malgré la nécessité d’une éducation de base généralisée il propose que certains groupes fassent l’objet d’un traitement particulier lié à la situation de nomades des Bororos et des Pygmées. Il commence par une réflexion théorique sur la notion de marginalité comme mode de rezlation au monde. Le paragraphe consacré aux femmes montre les inégalités homme-femme au Kivu (RDC) emploi du temps quotidien d’une paysanne du Kivu p. 177.
Concernant les Bororos Nord du Cameroun, Sud du Tchad, Sud-est du Nigéria il suggère des écoles itinérantes suivant les déplacements des troupeaux. Pour les Pygmées Cameroun, RDC le problème de scolarisation est important malgré les politiques engagées au Cameroun.

L’article suivant est plus technique, Florentin Azia Dimbu et Jonas Kakungu Wamwenda mettent en relation les troubles de structuration spatiale et l’échec des élèves en calcul mental.

Stanislas Ruguduka Baleke de l’université pédagogique de Kinshasa replace la question éducative dans le développement du continent africain. Il pose la question des valeurs à transmettre pour la vie d’aujourd’hui et de demain tout en prenant en compte les valeurs traditionnelles africaines sans nécessairement copié les modèles occidentaux. Son propos aborde l’équité, la relation éducateur-éduqué, l’équilibre social et l’ouverture au monde.

Deux articles plus spécifiques concluent le livre.
Vandelin Mgbwa montre, à partir de trois exemples, les conditions à réunir pour un projet pédagogique d’intégration scolaire réussi dans un établissement du second degré.
Deux psychologues et un enseignant traitent de la psychologie d’ élèves drépanocytaires.