Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France et auteur de nombreux livres dont « Au commencement était l’homme », propose ici une approche pour la jeunesse sur le thème, toujours attractif, des origines de l’homme. Ce livre est aussi lié à un docufiction dont sont extraites les images de ce livre. L’ouvrage comprend un lexique de quinze mots, une chronologie et une carte mondiale dans les rabats.

Des portraits et des images

Le livre propose une approche autour de cinq portraits et se veut donc en lien avec les plus récentes découvertes. Chaque entrée est organisée de la même façon : une double page de présentation, façon carte d’identité, avec lieu, période, environnement ainsi qu’une frise qui court en bas de la page. Dans chaque chapitre se trouvent des compléments à partir de mots mis en couleurs qui ne sont pas forcément des mots difficiles. La majorité des images rend la lecture agréable mais quelques doubles pages semblent peu intéressantes (p. 17-18). Le livre fourmille d’informations qui aident à mieux appréhender la vie à chaque époque décrite. A chaque fin de portrait, Pascal Picq s’interroge et précise en quoi il peut ou non être notre ancêtre.

Pierola

Ce premier portrait présente ce grand singe de 30 kilos, pesant pourtant à peine un kilo à sa naissance. Les chercheurs ont pu montrer à partir de son squelette qu’il « pouvait se déplacer le corps redressé dans les arbres mais pas encore se suspendre car ses doigts restent assez courts ». On apprend que les couleurs des poils de la face jouaient un rôle important pour séduire des partenaires sexuels. Pascal Picq tente de recréer une journée de Pierola. On peut être parfois étonné de quelques encarts lorsqu’il évoque l’apprentissage et écrit que c’est « souvent une période heureuse pendant laquelle il apprend par exemple à se nourrir seul ». «  Il est possible par exemple que les descendants de Pierola soient passés du Sud de l’Europe en Afrique ». 

Toumaï

Découvert en 2001, Toumaï mesurait un mètre, pesait 40 kilos. Le portrait qui en est fait permet de savoir qu’il était frugivore et omnivore et pouvait vivre jusqu’à 50 ans. Il est considéré comme « le plus ancien hominidé proche des origines de la lignée humaine ». Pascal Picq décrit ensuite une société dominée par les mâles, organisée en clans de plusieurs dizaines d’individus. Le livre propose un encart sur la question de la chasse où l’on apprendra que cela se déroulait en groupe pour capturer notamment des singes colobes. L’auteur propose même d’explorer la question des sentiments et de la communication à l’époque.

Lucy et Les Australopithèques

C’est le portrait le plus rapide, peut-être en raison du fait qu’elle est bien connue, depuis longtemps. Mesurant entre 1 mètre et 1 mètre 30, elle pouvait peser de 30 à 60 kilos. Après quelques informations sur son mode de vie, Pascal Picq fait le point sur pour savoir en quoi les Australopithèques sont nos ancêtres ? : « … qui de Lucy ou des autres australopithèques est véritablement notre ancêtre ? …Ce n’est pas évident de le savoir »

Homo Naledi

La galerie de portraits se poursuit avec Homo Naledi. On constate qu’en terme de paléoanthropologie une découverte peut tout remettre en question car c’est en 2015 qu’on l’a découvert dans la grotte de Rising Star. L’ouvrage propose d’ailleurs un flash sur le lieu. On se situe cette fois entre 3 et 2 millions d’années avant notre ère. Le portrait montre, par exemple, qu’ils ont de plus gros cerveaux ou qu’ils marchent mieux que les Australopithèques. Pascal Picq poursuit sur la question de savoir qui est le premier homme ? Il souligne qu’on a le choix car tout dépend du critère que l’on retient : le cerveau et la main ou la bipédie et la marche évoluée. Selon ce qu’on décide, la réponse varie. En tout cas, « c’est de l’évolution en mosaïque : les parties de la tête et du corps n’évoluent pas toutes en même temps !  ».

Homo erectus

Le livre se termine sur Homo erectus. Pascal Picq rappelle qu’on l’a d’abord découvert à Java dès la fin du XIXème siècle. Mais, dans les années 1980, ses origines africaines deviennent claires. On l’appelle alors Homo ergaster. Il montre également que le cerveau grossit et qu’il invente tout ce qui fait l’humain : «  le feu, les abris, la cuisson, le langage et les premières formes esthétiques ». Chacun de ces points est ensuite détaillé. L’auteur termine en évoquant la planète des hommes qui répond à un des premiers sous titres du livre qui évoquait lui la planète des singes.

En à peine cent pages, Pascal Picq propose donc un tableau très vivant et très incarné des origines de l’humanité avec un accent appréciable sur l’actualité des découvertes.

© Jean-Pierre Costille pour les Clionautes