La géographie ayant parfois recours aux représentations mentales de l’espace, la lecture d’ouvrages de psychologie consacrés à l’environnement peut apporter son lot d’éclairages. Comme le dit l’auteur, Oscar Navarro Carrascal, professeur à l’université de Nîmes, l’expérience humaine est tributaire de l’environnement où elle a lieu, des conditions matérielles mais aussi des normes sociales d’occupation.

 

Le livre s’articule en trois grandes parties : la première évoque le lien entre les enjeux environnementaux et la façon dont ceux-ci sont appréhendés par les individus (étude des conflits, des inquiétudes…) au travers l’objet majeur du changement climatique ; la seconde étudie la relation des individus aux risques environnementaux et leurs stratégies d’adaptation ; la troisième s’intéresse aux préoccupations environnementales et aux comportements d’engagement qui peuvent les accompagner et qui peuvent venir les influencer.

 

Le propos s’arrête légitimement en début de texte sur les débats épistémologiques animant ce domaine de la pensée sociale tout en structurant la représentation sociale du changement climatique dont la prise de conscience apparaît vers les années 1960. Il détaille ensuite les notions de vulnérabilité, vulnérabilité perçue, perception et représentation du risque pour voir comment mettre en place des stratégies d’adaptation. Là, le décalage entre les analyses des responsables politiques, des experts scientifiques et les ressentis individuels peuvent être grands, ce qui n’aide pas à la gestion des moments de crises. Et comme les appartenances culturelles viennent influencer les conceptions de l’environnement, les réponses possibles apparaissent diversifiées amenant divers comportements pro-environnementaux (soutien à des organisations de défense par exemple) adossés à un dilemme social (le choix alternatif entre une action menée dans un cadre individuel et une menée dans l’intérêt commun). Les exemples, parfois pris en Colombie eu égard au terrain d’investigation de l’auteur, sont nombreux et traitent tant de l’eau que des sols, de l’air, des inondations…

 

L’opus apporte une réelle plus-value de par son architecture fine (introductions et conclusions de parties, résumés intermédiaires, encarts, bibliographie détaillée…) mais surtout, de par les QR codes à scanner renvoyant à des exercices sous la forme de vrai-faux, de QCM, à des « drag and drop » des concepts présentés, à des liens vers des vidéos pour « aller plus loin » ainsi qu’à une banque d’examens pour les enseignants. En cela, il est d’un abord plus aisé pour qui, comme nous géographes et historiens, ne serait pas familiers de ce champ disciplinaire qui ne manquera pas de se développer encore avec les défis planétaires qui nous attendent.