« Quand la nuit tombe, Lisou » – ouvrage réalisé par Marion Achard et Toni Galmès – est une invitation à nous plonger dans le quotidien bouleversant d’une jeune fille juive confrontée à l’horreur nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lisou et Mylaine sont deux sœurs, de 91 et 101 ans aujourd’hui, qui ont toutes deux été cachées avec leurs parents près de Grenoble avant que la guerre leur réserve un destin différent : Lisou et ses parents échappent à la déportation, mais pas Mylaine. Les éditions Delcourt publient un album sur chacune des sœurs, retraçant son vécu, et livrant ses pensées, son quotidien, son périple et sa vie bouleversée par la Seconde Guerre mondiale.
Soulignons ici que Marion Achard raconte l’histoire de Lisou et Mylaine, ses deux grandes tantes, parentes de Simone Veil.
Lisou est une enfant juive qui vit dans la région grenobloise, dans un contexte de plus en plus tendu alors que les persécutions nazis se multiplient. Craignant l’interpellation, sa famille décide de fuir pour échapper aux rafles et à la déportation vers les camps de mise à mort.
 
Le récit insiste avec justesse sur les difficultés rencontrées par Lisou et sa famille, alors qu’ils cherchent un refuge sûr (ils finiront par s’installer tout d’abord dans une maison abandonnée dans les montagnes avant de devoir changer à des multiples reprises). Ils doivent faire face à la faim, au froid, à la peur d’être retrouvés et arrêtés par les nazis. 
 
Affronter la menace nazie ne peut se faire seul ; La vie de Lisou et de sa famille, les nombreux changements de résidence en attestent. Ils vont alors faire l’expérience de l’entraide et de la solidarité grâce à des personnes courageuses qui vont risquer leur vie pour les aider, tout en ayant conscience des risques encourus.
 
La capture de la sœur de Lisou est aussi un moyen de montrer (et de rappeler) que de nombreuses familles ont vu leur cocon familial détruit à jamais. Certains moments de désespoir vécus par l’héroïne illustrent les choix déchirants que certaines familles ont dû faire pour assurer leur survie. 
Pour conclure, je dirais que cette bande dessinée est un ouvrage qui peut très facilement trouver sa place dans un CDI pour travailler certaines planches avec des élèves de troisième.
Le dessin est agréable, l’écriture est fluide et le scénario prenant. De nombreuses thématiques, parfois survolées dans les ouvrages d’histoire se retrouvent à l’intérieur. J’ai beaucoup apprécié ce côté « résistance intérieure » qui est mis en avant par les nombreux soutiens que vont recevoir la famille de Lisou.