ALT, c’est une nouvelle collection à destination des 15-25 ans. Il s’agit de courts essais engagés et percutants. L’ouvrage est fait pour être lu en une heure pour se forger une opinion. Il est organisé en petits paragraphes  avec des informations qui apparaissent en bleu. Il y a une publication par mois, soit dix titres prévus en 2023. Cette collection vise les adolescents à un moment où ils sont en pleine construction intellectuelle.

L’auteur

Bruno Patino est président d’Arte et professeur associé à l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Il est l’auteur de « La civilisation du poisson rouge » et « Tempête dans le bocal ». Il part du constat suivant : S’informer ? Pas besoin, nous savons déjà tout ! Il constate que l’on n’a plus besoin d’aller chercher l’information.

Un peu fatigué ?

Bruno Patino s’arrête sur la notion de fatigue informationnelle avec trois raisons pour expliquer cette situation : la perte d’intérêt, le découragement et le sentiment d’impuissance. Nous n’avons jamais eu autant d’informations, mais trop c’est trop.

Information ?

L’auteur propose de revenir à la base, à savoir « qu’est-ce qu’une information ? ». Il faut bien prendre conscience que tous les messages, tous les émetteurs, ne se valent pas. L’information est donc le résultat d’une transformation d’une action humaine. L’acronyme VIA c’est verified, independent et accountable. S’informer permet de contrôler la façon dont les pouvoirs se comportent.

De Gutenberg à Zuckerberg

Un moine copiste arrivait à écrire un livre par an. En 1455, l’atelier de Gutenberg pouvait sortir 180 bibles par an. En 1604, le premier journal parait à Anvers. Sur le temps long, on passe d’une information rare à surabondante. Bruno Patino cite quelques films qui retracent des étapes. Il n’y a pas d’âge d’or car toutes les époques charrient leurs propagandistes et leurs enquêteurs. Les réseaux sociaux se battent aujourd’hui pour capter l’attention de chacun. Bruno Patino conclut qu’ « un monde riche en messages est un monde pauvre en attention disponible ».

La machine infernale

L’auteur pointe le fait que les réseaux sociaux mélangent tous les types de messages. C’est le règne de l’émotion et de la croyance. Nous sommes les victimes consentantes de ce système. « Nous ne sommes pas les objets des algorithmes, nous dansons le tango avec eux ». On retrouve une description de phénomènes bien connus, comme la dissonance cognitive ou la bulle de filtre. Parmi les formules utilisées par Bruno Patino, on pourra retenir celle d’ « émocratie » pour qualifier notre société actuelle fortement polarisée. On constate aussi que la première victime de la déstabilisation, c’est la confiance entre institutions et citoyens.

Alors, que faire ?

S’informer nécessite une action, on pourrait même dire un effort. Ce qui compte, c’est la source. « Je l’ai lu sur Twitter ne veut rien dire ». Chacun a un rôle à jouer en choisissant, par exemple, de ne pas repartager une information peu sûre. Bref, comme le dit Bruno Patino pour conclure, à vous de jouer !

En à peine trente pages, le livre offre donc à la fois un résumé d’idées à connaitre et soulève des pistes de réflexion. On peut néanmoins être un peu sceptique à propos du prix qui est certes modique mais parait un peu élevé en regard du nombre de pages, de la qualité de la couverture et du papier à moins que justement s’informer ait aussi un prix.