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TDC- PAYSAGES ET GEOLOGIE EN FRANCE

TDC n° 1054, avril 2013, SCEREN, CNDP-CRDP

Pour la présentation générale de ce bimensuel : http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article4474#.UZ0An0qj8eo

Tourné vers les SVT, ce numéro décrypte la variété des paysages sculptés par les phénomènes géologiques : mouvements tectoniques et processus d’érosion façonnent la surface terrestre, sans négliger le rôle que l’action des hommes peuvent avoir sur les paysages géologiques.
F. Michel, géologue, P. Graviou, ingénieur au Bureau des recherches minières et P. de Wever, professeur au Museum d’histoire nationale répondent à trois problématiques :
– quelles sont les grandes étapes de l’histoire géologique de la France ?
– comment les processus tectoniques façonnent les paysages ?
– quels sont les différents modes d’action de l’érosion ?

La géologique, une aventure quotidienne

La grande diversité des paysages raconte une histoire ancienne dont le géologue nous relate les étapes et nous décrit les processus. La géologie est une découverte qui peut être quotidienne et que chacun peut entreprendre. Pour cela, il suffit de savoir lire les indices tant par les observations des grandes lignes que par la traque des petits traits morphologiques : changements des reliefs, types de végétation et agriculture, répartition et densité des réseaux hydrographiques, nom des lieux sont autant d’indications révélatrices du type de sous-sol et des grandes structures géologiques qu’analyse en détail et avec de nombreux exemples F. Michel. Ces observations sont complétées par les méthodes modernes d’investigation à l’aide des vues aériennes, d’images satellitaires, sondages et mesures.
Tous ces moyens permettent de dresser des cartes et des coupes de la France géopolitique. A partir de la reproduction d’une carte géologique au 1/1.000.000, F. Michel décrit l’organisation contrastée du territoire français avant d’en expliquer les causes, du protérozoïque à aujourd’hui, entre grandes phases de convergence et de collision et celles de divergences et dislocation. On apprendra au détour de cette lecture accessible aux non scientifiques que la France possède peu de roches très anciennes à l’exception des roches métamorphiques, des gneiss de la baie de Lannion, du Trégor ou du nord-ouest du Cotentin ; que la quasi-totalité de notre socle s’est structurée pendant le Paléozoïque (environ -540 à -250 millions d’années) et, , à partir de l’étude de la carrière de Cormeilles-en-Parisis, que l’Ile-de-France était une lagune. Cette histoire géologique française ne peut cependant se dissocier de l’étude des mouvements tectoniques à l’échelle mondiale.

Paysages et géodynamique

La 2ème contribution de P. Graviou, centrée sur la géodynamique, étudie les mouvements des plaques lithosphériques, facteur essentiel de la structuration des paysages en s’intéressant à l’orogénèse alpine (rencontre entre bloc ibérique et plaque européenne ; collision entre le petit continent détaché de l’Afrique et la plaque européenne) qui provoque, à partir de l’Eocène, des contraintes d’extension et la formation probable du rift continental nord-ouest européen ainsi que l’ascension du manteau asthénosphérique dans le Massif Central
Dans un second temps, P. Graviou se penche sur le cas de la Guadeloupe, particulièrement révélateur des liens entre paysages et tectonique : la juxtaposition d’îles volcaniques et d’îles calcaires tient essentiellement à l’histoire tectonique de l’archipel et des Petites Antilles depuis 150 ma que l’auteur explique clairement à l’aide de photos et d’une carte schématique.

A côté de ces mouvements tectoniques, F. Michel montre combien le temps est un « grand sculpteur » : érosion, transport et sédimentation modèlent les surfaces continentales. « Le soleil et la gravité commandent » et l’eau est l’agent redoutable de cette destruction chimique.
L’érosion est triple : altération, dissolution et abrasion. L’auteur explique l’action d’altération (ou non) des roches (rôle du gel; des glaciers, du ravinement, de la sédimentation et des cours d’eau). Le vent apporte également sa touche aux paysages littoraux.

La notion de patrimoine touche aussi la géologie !

Véritables témoins de l’histoire de la Terre, les richesses géologiques, minéralogiques et paléontologiques sont, depuis les années 80 notamment avec la création des réserves naturelles comme celle de Montradon dans l’Hérault ou l’île de Groix, en cours de recensement, de protection et de valorisation. On parle désormais de « patrimoine géologique » au sens large, incluant la paléontologie, la minéralogie, la tectonique et la sédimentologie et englobant l’infra-microscopique jusqu’au panorama.
Le but est de préserver et protéger des sites et des objets géologiques de plus en plus victimes de détérioration.
Les moyens sont divers : de l’acquisition foncière en passant par la création de réserves naturelles ou la constitution d’un inventaire officiellement lancé en 2007.

Quand il est question de définition

Enfin, T. Winter, directeur adjoint de l’appui aux politiques publiques, rappelle qu’il existe de nombreux aléas susceptibles de se produire sur le sol français (séismes, tsunamis, glissement de terrain, sécheresse, inondations et volcanisme). Les missions du Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) sont de comprendre les phénomènes dangereux, d’estimer les aléas afin de les prendre en compte dans l’aménagement du territoire, de quantifier les risques (en combinant aléa et vulnérabilité) et enfin, de prévenir. La contribution permet de faire un point précis sur les définitions des mots clefs (aléa, risque, vulnérabilité, acceptabilité …) en partant d’exemples.

Huit études de documents sont proposées par des spécialistes (géologues, physicien des observatoire, glaciologue). C’est peut-être ce qui explique que certaines d’entres elles (n°5-6-7 notamment) ciblées en théorie sur des élèves de 5ème de collège soient un peu ambitieuses.
– 1 : Faille de Vuache : travail sur la faille majeure au NO d’Annecy et son miroir ainsi que sur les raisons de son existence
– 2 : Brève histoire du Puy de Dôme : étapes de la formation de cette chaîne de volcans
– 3 : Les glaciers sont vivants : étude de la Mer de Glace avec ses 11 km de longe et sa surface de 31 km² : grandes parties du glacier, différentes morphologies, crues et décrues du glacier, surveillance
– 4 : Bassin d’Arcachon et dune du Pyla : étude de la morphologie du bassin et évolution de la dune
– 5 : Les chaos granitiques : présentation du processus d’altération et d’érosion puis d’arénisation
– 6 : Failles d’ocre en Provence : étude des sédiments marins qui se déposent, s’altèrent en climat tropical et sont exploités par les hommes
– 7 : Les dalles à amnmnites de Digne qui font partie du patrimoine géologique
– 8 : Une empreinte de la ville : à partir de 3 exemples (Nord, Ardennes et Ile-de-France) étude des liens entre architecture et matériaux prélevés localement, ou comment faire autrement de la géologie

Neuf vidéos accessibles sur le site : http://www.cndp.fr/tdc/tous-les-numeros/paysages-et-geologie-en-france.html complètent le dossier :
– Elaboration d’une carte géologique (6 mn 30)
– La causse du Larzac (3 mn 08)
– La falaise marine de Socoa (3 mn 41)
– Le recul des plages d’Aquitaine (8 mn 27)
– Du gypse au plâtre en région parisienne (8 mn 18)
– La plaine de la Limagne (3 mn 38)
– Les sédiments de la Seine (8 mn 25)
– Les risques souterrains du Laon (5 mn 20)
– La géologie au service du stockage du gaz (8 mn 11)

Au total, un lecture intéressante, didactique et utile y compris aux géographes

@Clionautes

TDC- PAYSAGES ET GEOLOGIE EN FRANCE

TDC n° 1054, avril 2013, SCEREN, CNDP-CRDP

Pour la présentation générale de ce bimensuel : http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article4474#.UZ0An0qj8eo

Tourné vers les SVT, ce numéro décrypte la variété des paysages sculptés par les phénomènes géologiques : mouvements tectoniques et processus d’érosion façonnent la surface terrestre, sans négliger le rôle que l’action des hommes peuvent avoir sur les paysages géologiques.
F. Michel, géologue, P. Graviou, ingénieur au Bureau des recherches minières et P. de Wever, professeur au Museum d’histoire nationale répondent à trois problématiques :

  • quelles sont les grandes étapes de l’histoire géologique de la France ?
  • – comment les processus tectoniques façonnent les paysages ?
  • – quels sont les différents modes d’action de l’érosion ?

La géologique, une aventure quotidienne

La grande diversité des paysages raconte une histoire ancienne dont le géologue nous relate les étapes et nous décrit les processus. La géologie est une découverte qui peut être quotidienne et que chacun peut entreprendre. Pour cela, il suffit de savoir lire les indices tant par les observations des grandes lignes que par la traque des petits traits morphologiques : changements des reliefs, types de végétation et agriculture, répartition et densité des réseaux hydrographiques, nom des lieux sont autant d’indications révélatrices du type de sous-sol et des grandes structures géologiques qu’analyse en détail et avec de nombreux exemples F. Michel. Ces observations sont complétées par les méthodes modernes d’investigation à l’aide des vues aériennes, d’images satellitaires, sondages et mesures.
Tous ces moyens permettent de dresser des cartes et des coupes de la France géopolitique. A partir de la reproduction d’une carte géologique au 1/1.000.000, F. Michel décrit l’organisation contrastée du territoire français avant d’en expliquer les causes, du protérozoïque à aujourd’hui, entre grandes phases de convergence et de collision et celles de divergences et dislocation. On apprendra au détour de cette lecture accessible aux non scientifiques que la France possède peu de roches très anciennes à l’exception des roches métamorphiques, des gneiss de la baie de Lannion, du Trégor ou du nord-ouest du Cotentin ; que la quasi-totalité de notre socle s’est structurée pendant le Paléozoïque (environ -540 à -250 millions d’années) et, à partir de l’étude de la carrière de Cormeilles-en-Parisis, que l’Ile-de-France était une lagune. Cette histoire géologique française ne peut cependant se dissocier de l’étude des mouvements tectoniques à l’échelle mondiale.

Paysages et géodynamique

La 2ème contribution de P. Graviou, centrée sur la géodynamique, étudie les mouvements des plaques lithosphériques, facteur essentiel de la structuration des paysages en s’intéressant à l’orogénèse alpine (rencontre entre bloc ibérique et plaque européenne ; collision entre le petit continent détaché de l’Afrique et la plaque européenne) qui provoque, à partir de l’Eocène, des contraintes d’extension et la formation probable du rift continental nord-ouest européen ainsi que l’ascension du manteau asthénosphérique dans le Massif Central
Dans un second temps, P. Graviou se penche sur le cas de la Guadeloupe, particulièrement révélateur des liens entre paysages et tectonique : la juxtaposition d’îles volcaniques et d’îles calcaires tient essentiellement à l’histoire tectonique de l’archipel et des Petites Antilles depuis 150 ma que l’auteur explique clairement à l’aide de photos et d’une carte schématique.

A côté de ces mouvements tectoniques, F. Michel montre combien le temps est un « grand sculpteur » : érosion, transport et sédimentation modèlent les surfaces continentales. « Le soleil et la gravité commandent » et l’eau est l’agent redoutable de cette destruction chimique.
L’érosion est triple : altération, dissolution et abrasion. L’auteur explique l’action d’altération (ou non) des roches (rôle du gel; des glaciers, du ravinement, de la sédimentation et des cours d’eau). Le vent apporte également sa touche aux paysages littoraux.

La notion de patrimoine touche aussi la géologie !

Véritables témoins de l’histoire de la Terre, les richesses géologiques, minéralogiques et paléontologiques sont, depuis les années 80 notamment avec la création des réserves naturelles comme celle de Montradon dans l’Hérault ou l’île de Groix, en cours de recensement, de protection et de valorisation. On parle désormais de « patrimoine géologique » au sens large, incluant la paléontologie, la minéralogie, la tectonique et la sédimentologie et englobant l’infra-microscopique jusqu’au panorama.
Le but est de préserver et protéger des sites et des objets géologiques de plus en plus victimes de détérioration.
Les moyens sont divers : de l’acquisition foncière en passant par la création de réserves naturelles ou la constitution d’un inventaire officiellement lancé en 2007.

Quand il est question de définition

Enfin, T. Winter, directeur adjoint de l’appui aux politiques publiques, rappelle qu’il existe de nombreux aléas susceptibles de se produire sur le sol français (séismes, tsunamis, glissement de terrain, sécheresse, inondations et volcanisme). Les missions du Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) sont de comprendre les phénomènes dangereux, d’estimer les aléas afin de les prendre en compte dans l’aménagement du territoire, de quantifier les risques (en combinant aléa et vulnérabilité) et enfin, de prévenir. La contribution permet de faire un point précis sur les définitions des mots clefs (aléa, risque, vulnérabilité, acceptabilité …) en partant d’exemples.

Huit études de documents sont proposées par des spécialistes (géologues, physicien des observatoire, glaciologue). C’est peut-être ce qui explique que certaines d’entres elles (n°5-6-7 notamment) ciblées en théorie sur des élèves de 5ème de collège soient un peu ambitieuses.

  • – 1 : Faille de Vuache : travail sur la faille majeure au NO d’Annecy et son miroir ainsi que sur les raisons de son existence
  • – 2 : Brève histoire du Puy de Dôme : étapes de la formation de cette chaîne de volcans
  • – 3 : Les glaciers sont vivants : étude de la Mer de Glace avec ses 11 km de longe et sa surface de 31 km² : grandes parties du glacier, différentes morphologies, crues et décrues du glacier, surveillance
  • – 4 : Bassin d’Arcachon et dune du Pyla : étude de la morphologie du bassin et évolution de la dune
  • – 5 : Les chaos granitiques : présentation du processus d’altération et d’érosion puis d’arénisation
  • – 6 : Failles d’ocre en Provence : étude des sédiments marins qui se déposent, s’altèrent en climat tropical et sont exploités par les hommes
  • – 7 : Les dalles à ammites de Digne qui font partie du patrimoine géologique
  • – 8 : Une empreinte de la ville : à partir de 3 exemples (Nord, Ardennes et Ile-de-France) étude des liens entre architecture et matériaux prélevés localement, ou comment faire autrement de la géologie

Neuf vidéos accessibles sur le site : http://www.cndp.fr/tdc/tous-les-numeros/paysages-et-geologie-en-france.html complètent le dossier :

  • – Elaboration d’une carte géologique (6 mn 30)
  • – La causse du Larzac (3 mn 08)
  • – La falaise marine de Socoa (3 mn 41)
  • – Le recul des plages d’Aquitaine (8 mn 27)
  • – Du gypse au plâtre en région parisienne (8 mn 18)
  • – La plaine de la Limagne (3 mn 38)
  • – Les sédiments de la Seine (8 mn 25)
  • – Les risques souterrains du Laon (5 mn 20)
  • – La géologie au service du stockage du gaz (8 mn 11)

Au total, un lecture intéressante, didactique et utile y compris aux géographes

@Clionautes

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