Agrégée de géographie, ancienne élève de l’Ecole Normale supérieure, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, Mireille Provansal a consacré ses recherches à la géomorphologie et aux sciences de l’environnement, dans une perspective historique (Le régime du Rhône dans l’Antiquité et au haut Moyen-Age », Gallia, 2000 ; Le croisement d’approches naturalistes et historiques dans l’étude de l’histoire des fleuves : le cas du Rhône français, in Le Rhône, dynamique, histoire et société », Cahiers de Vallesia n° 21, 2009.) Le livre dont il est ici question ne relève pas de son domaine de spécialité. Descendante d’une lignée paternelle juive d’origine lorraine, « neuvième et ultime perle d’un long collier », fille de Jean Lippmann, qualifié par l’historien  Jean-Marie Guillon comme l’une « des grandes figures de la Résistance en Provence » (dans la longue notice qu’il lui a consacrée dans le Maitron. Dictionnaire biographique des fusillés http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article175663), elle a pris sa famille comme objet d’étude, nous livrant « un témoignage rare et bouleversant (…) Deux siècles d’histoire d’une famille juive » (Colette Zytnicki, historienne, dans la préface de l’ouvrage).

Un dialogue avec ses ancêtres et une étude historique précise

Si l’auteur n’avait pas spécifié qu’elle n’est pas historienne, on ne s’en serait pas rendu compte, même si elle avoue « une empathie et une familiarité avec les personnages, générant bien sûr un discours subjectif et des jugements de valeur qu’un véritable historien ne peut pas se permettre. » Disposant d’un solide corpus d’archives familiales diverses (toutes mentionnées en annexe), Mireille Provansal en fait une présentation critique dans l’introduction et les exploite avec méthode et rigueur. Elle les complète « par les données issues des progrès récents de la généalogie juive, en particulier par les travaux portant sur l’histoire et la démographie des juifs lorrains et messins ». Pour les comprendre et les  interpréter elle s’appuie sur une bibliographie spécialisée, référencée dans des notes de bas de page. Par l’ampleur de la fresque historique, par la profondeur de la réflexion sur la nature de la judéité et son évolution, cette étude est d’un intérêt qui dépasse l’histoire d’une famille. Construit autour d’un plan très structuré mis en évidence par des sous titres au contenu explicite, enrichi de trois porfolios, écrit à la première personne, ce livre est « en même temps le dialogue de Mireille Provansal avec ses ancêtres dont elle raconte de manière sensible et juste le destin, et une étude précise d’une famille d’Israélites en France ».

A la recherche de la judéité

L’introduction expose la réflexion et la problématique de l’ouvrage.  Mireille Provansal n’appartient pas à la communauté juive, ayant une mère catholique qui refusait d’entendre parler de judéité, ignore les rites juifs et se définit comme athée (comme son père et son grand-père), appartenant « à une génération qui s’est voulue laïque, qui a tenté d’oublier, voire de renier toute attache avec son passé judaïque ». La famille paternelle de Mireille Provansal appartient à la judéité askhénaze. Tous ses membres, jusqu’à son père exclu, ont été enterrés avec leur coreligionnaires dans un cimetière juif et les hommes ont été circoncis. « Mais est-ce là les critères déterminants de la judéité ? » Entendue comme étant le fait et la manière d’être juif, la judéité reste difficile à définir aujourd’hui. « Ma famille, qui avait échappé à l’horreur des camps et perdu ses traditions culturelles, politisée à gauche sur l’échiquier politique (…) ne se reconnaissait plus dans la communauté des juifs, et ce d’autant qu’elle comprenait désormais nombre de mariages mixtes. Le déni de judéité prévalait. » Prenant connaissance des archives familiales, Mireille Provansal a décidé de rechercher comment les générations précédentes « ont-elles vécu leur judéité à travers l’histoire mouvementée de la société française depuis l’Ancien régime jusqu’au XXe siècle ? (…) La judéité est bien devenue un choix, du moins un héritage assumé, voire revendiqué. De la judéité vécue comme religion et comme communauté, celle de mes lointains ancêtres, à la judéité culturelle choisie et la judéité raciale subie, celle de mes parents plus proches, je vais tenter d’esquisser cette trajectoire ».

Le texte s’organise en trois parties, séparées par « les ruptures historiques qui ont marqué l’histoire française et familiale » : la guerre de 1870-1871 et l’annexion de l’Alsace-Lorraine, berceau de la famille, par l’Allemagne, l’Affaire Dreyfus, la montée du nazisme et de l’antisémitisme, l’Occupation, les rafles et la Résistance.

Chapitre 1. Juifs en Lorraine, 1805-1870

Juifs aisés du ghetto. « Au XVIIIe siècle et jusqu’en 1870, la plupart de mes ancêtres paternels vivent dans l’espace géographique lorrain, et alsacien dans une moindre mesure. » Mireille Provansal commence par dresser un tableau de la condition des juifs messins avant la Révolution. La communauté se gouverne elle-même, parle le judéo-allemand, mais de plus en plus le français, vit dans un ghetto fermé le soir, porte des signes distinctifs. Les juifs restent l’objet d’un ostracisme de la population et des notables. Entre alors en scène l’ancêtre, Isaïe Cerf Oulman, médecin né en 1705 en Alsace et mort à Metz en 1746. « C’est un médecin reconnu, un homme savant et pieux », ouvert cependant aux idées nouvelles, en particulier celles de la Haskala (Enseignement en hébreu), mouvement de pensée juif du XVIIIème et XIXème siècle, fortement influencé par le mouvement des Lumières, comme le seront ses descendants. L’une de ses filles épouse Raphaël Isaac Lippmann en 1759, qui donnera naissance à la longue généalogie (8 générations) dont est issue Mireille Provansal. Les Lippmann sont des commerçants et des entrepreneurs aisés. Les indices de francisation se multiplient avant que ne vienne l’émancipation en 1790. « Mes ancêtres peuvent alors se tourner pleinement vers ce pays qui vient de leur accorder la liberté (…) Ils sortent gagnants de cette longue période de troubles. Désormais libres de vivre hors du ghetto, ils vont chercher à se faire une place dans la société française. »

Insertion dans la société bourgeoise. Le règne de Napoléon III est une période de prospérité et de sécurité pour les Israélites. L’intégration commence à devenir une réalité. Les ancêtres de l’auteur sont, comme beaucoup de juifs, des artisans et des commerçants. Au fil du siècle, les familles juives s’enrichissent et s’insèrent dans la société bourgeoise. Un antisémitisme populaire émerge en conséquence. Les mariages consanguins demeurent pratique courante, et ce sera encore le cas très longtemps. L’entrée en scène des Abraham et autres ascendants de la grand-mère de l’auteur « enrichit le tableau et le corpus géographique de la famille ». « Progressivement enrichis et devenus citoyens français, mes ancêtres peuvent désormais commercer comme tout un chacun. Mais, marchands, commerçants ou négociants puis banquiers ou bijoutiers, ils vivent cependant encore des métiers hérités de leurs propres parents et se marient entre eux. Embourgeoisés et devenus propriétaires, et donc sans doute électeurs, ils ont une position reconnue dans la communauté israélite et peuvent briguer des fonctions électives locales. ».

Les sources dont elle dispose permettent à Mireille Provansal d’étudier avec précision la vie quotidienne des époux Léon et Elisabeth Lippmann dans les années 1850-60 et de se demander s’ils sont emblématiques de la judéité lorraine de leur temps. Léon est un banquier « organisateur reconnu de la communauté ». Président du consistoire, il fait construire une synagogue. Le livre de comptes d’Elisabeth est une source merveilleuse, très bien analysée. La sociabilité du couple est orientée d’abord vers la famille.

L’intégration et la reconnaissance par le patriotisme. « Pour mes ancêtres, le patriotisme est d’abord lié à une reconnaissance sincère pour la nation qui les a émancipés. Il est donc plus ou moins associé au sentiment républicain. Mais c’est aussi une façon de se faire reconnaître comme de bons Français et d’avancer dans la voie de l’intégration. Pour ces deux raisons, je considère donc leur patriotisme comme une des expressions de la judéité familiale. » Ici se trouve le portrait de Gustave Léon Jacob, juif pratiquant et franc-maçon, républicain et guerrier qui perd une jambe à la guerre de Crimée et gagne la Légion d’Honneur pour sa bravoure durant la guerre de 1870, date à laquelle « son patriotisme prend clairement une couleur républicaine ».

De 1705 à 1870, les ancêtres sont passés du statut de juifs ostracisés à celui d’Israélites. Ils sont devenus propriétaires de leur logis, ont noué des relations avec leurs voisins et concitoyens, qui ont élu certains d’entre eux à des postes de responsabilités locales. « Embourgeoisés, ils ont choisi le camp politique et social des bourgeois, ce qui était sans doute la meilleure manière de s’intégrer. »

Chapitre 2. De 1870 au début du XXe siècle, le temps des ruptures

Dispersion géographique et « onde de choc » politique. La famille choisit de migrer vers la France lors de l’annexion de 1871. Ce choix est minoritaire, courageux, « porté et justifié par l’idéal républicain et patriotique ». Le déplacement géographique vers la France rompt l’unité familiale. De vieilles querelles déchirent la famille sur fond d’appauvrissement. D’autre part, un puissant mouvement antisémite prend corps dès les années 1880, un antisémitisme raciste, scientifiquement justifié par l’anthropologie et la biologie. L’auteur affine sa problématique : « face à l’antisémitisme, comment se définir comme juif ? ». Les études et les professions intellectuelles ou artistiques remplacent le commerce et la banque. La judéité se marque par une fidélité à une culture et à une histoire, par la volonté de se réclamer d’une communauté de culture, d’histoire et de pensée face à l’antisémitisme, et encore par la volonté de servir la patrie.

Portraits d’ancêtres. Alexandre Schowb (1835-1919), l’arrière grand-père du père de Mireille Provansal, était un médecin reconnu, un croyant et un notable ; « les Schowb entrent dans le XXe siècle comme juifs pratiquants et comme savants, sans que modernité et religion leur semblent contradictoires ». Edouard Lippmann est un brillant ingénieur, une référence mondiale dans le domaine des techniques d’hydrologie souterraine. Chef d’entreprise, enseignant, auteur d’articles spécialisés, il est Président de la Société des Ingénieurs civils de France et reçoit la Légion d’Honneur. « On peut faire l’hypothèse qu’Edouard est un pratiquant formel de la religion de ses pères, un juif du Kippour, qui ne se rend à la synagogue que lors des fêtes les plus importantes, en respect de la tradition et par obéissance filiale. »

Une génération plus tard, Lucien Lippmann (1858-1913) quitte Paris pour Nice en 1894 où il achète une belle villa, devenue la villa Lippmann. En 1903, il est nommé membre du jury de l’École Nationale des Arts Décoratifs de Nice, puis membre du Conseil d’administration de cette école. Reconnu pour ses compétences en travaux publics, il sert d’intermédiaire dans la construction de la cathédrale orthodoxe de Nice. « Il est juif par sa naissance et par une pratique religieuse machinale : il est certainement circoncis et fait circoncire ses fils, il épouse une femme juive et sera enterré, comme sa fille Jenny, avec ses coreligionnaires au cimetière juif de Nice. »

La judéité comme acte volontaire. Les ancêtres présentés par l’auteur du côté des grands-parents maternels de son père, sont également membres des professions intellectuelles et scientifiques, ou des militaires, en rupture donc avec les métiers traditionnels de la génération antérieure. L’Affaire Dreyfus conduit Paul Félix-Abraham à abandonner la première partie de son nom de famille composé, afin d’affirmer sa solidarité avec le capitaine Dreyfus. L’auteur observe que « l’onde de choc » de l’Affaire Dreyfus « a déterminé les comportements, les positions politiques et les choix de vie » de sa famille vis-à-vis de la judéité selon trois trajectoires différentes : ceux qui conservent les pratiques traditionnelles sans juger nécessaire de revendiquer publiquement leur judéité ; ceux qui se revendiquent publiquement comme juifs, face à l’antisémitisme auquel ils sont confrontés, tout en étant ni croyants, ni pratiquants ; ceux qui semblent ignorer les remous de l’Affaire. Se reconnaître comme juif est donc devenu pour certains « un acte volontaire, et non le prolongement implicite d’un statut hérité (…) L’Affaire déplace ainsi la question juive d’un ghetto implicite, social, culturel et racial évidemment, vers un engagement politique. Cet engagement va être un des fils conducteurs de l’histoire de ma famille au cours du XXe siècle ».

Chapitre 3. Juifs au XXe siècle, entre engagement et marginalité, que reste-t-il de la judéité ?

Observation préliminaire. « Mes grands-parents, Jean et Renée Lippmann sont les principaux protagonistes de ce chapitre en raison des nombreuses archives qu’ils ont laissées. Ils ont eu quatre enfants, Jacques, Pierre, Claude (mon père) et Eva, dont il sera aussi souvent question. Mais je n’oublierai pas les collatéraux, en particulier la famille Abraham, dont ma grand-mère Renée est issue. Mon propos reste une approche intimiste : le caractère et l’histoire personnelle de chacun influent sur la perception qu’il a de son époque et, précisément, sur son rapport à la judéité. »

« Un train de vie coûteux et presque ostentatoire ». A partir de la fin des années 1920, Jean Lippmann connaît une remarquable réussite professionnelle. Il est l’un des plus importants huissiers de Nice, le seul huissier juif autorisé à travailler jusqu’en 1943, en raison des services rendus lors de la guerre de 1939-1940, de même que son fils Jacques. C’est un homme sûr de lui et autoritaire, qui mène la belle vie : grande villa meublée avec goût et doté d’une bibliothèque remarquable, domestiques, espace réservé à la plage, voyages et séjours dans les grands hôtels européens, voitures haut de gamme. La famille est passionnée de musique classique, fréquente les grands festivals européens, va beaucoup au cinéma, apprécie les repas somptueux et les réceptions. L’auteur évoque à ce propos « la judéité heureuse de l’entre-deux-guerres ».

Marginalité bohème et priorité familiale. Malgré cette intense vie sociale, les grands-parents de l’auteur « aspirent constamment à vivre en marge de la société bourgeoise de Nice dont ils cherchent à se démarquer ». Ils pratiquent l’alpinisme et le ski de randonnée, le camping sauvage, tout cela en famille. Mireille Provansal poursuit sa réflexion sur la judéité : « Pourrait-on dire que par leur mépris de la bonne société et leur désir d’isolement, mes grands-parents affirment à leur manière un refus de l’intégration et illustrent une des faces possibles de la judéité au XXe siècle ? Pour reprendre la classification proposée par Muriel Pichon (in Les Français juifs, 1914-1950. Récit d’un désenchantement, Presses Universitaires du Mirail, 2009), je tente l’hypothèse  qu’ils « transposent dans le domaine (…) culturel une identité juive qu’ils ne vivent pas dans la religion ». Jean et Renée vivent une passion intense et la famille est leur priorité absolue.

Germanophilie. Ils sont détachés de la pratique religieuse. Ils n’observent pas le shabbat, les garçons ne sont plus circoncis et ne font pas leur bar mitsvah. Cependant Jean et Renée se marient à la synagogue et seront enterrés dans le cimetière israélite de Nice. « Jean n’évoque jamais sa propre judéité et ne parle des juifs que sur un mode ironique ou méprisant. » mais il possédait une kippa bien cachée… Peut-être la judéité des origines s’exprime-t-elle aussi par la germanophilie de la famille, sa pratique de la langue allemande, sa passion pour la culture germanique, sa musique et sa littérature.

Patriotisme, antinazisme. Né en 1890, Jean Lippmann est resté sous les drapeaux de 1911 à 1918. Il revient indemne de la Grande Guerre, avec cinq citations pour de hauts faits héroïques. Son frère Paul est aussi décoré. L’auteur rappelle l’engagement des Français israélites dans la Grande Guerre. Il s’agit toujours de payer la dette envers la patrie française. Jean a aimé la guerre « comme sport », mais il revient meurtri, révolté par le carnage, irrité par les nationalismes, pacifiste. Il est engagé à gauche et très proche du Parti communiste. La famille suit avec anxiété la montée du nazisme et les agressions hitlériennes. « La défaite va ramener ma famille vers la réalité de sa judéité, qu’elle l’ait ou non déniée jusque-là. »

L’engagement dans la Résistance. Renée Lippmann meurt du cancer en mai 1940. Jean participe à la campagne de France, reçoit deux nouvelles citations et la Croix de guerre. Vient l’Occupation. Toute les membres de la famille sont juifs au regard du Statut des Juifs d’octobre 1940. Jean et Jacques ayant combattu et été décorés peuvent continuer a exercer leur activité professionnelle. L’occupation italienne est plutôt bienveillante mais en septembre 1943, le commando d’Aloïs Brunner fait régner la terreur et mène une politique de déportation massive. Les membres de la famille réagissent différemment : départ pour l’Algérie, refuge en France, engagement dans la Résistance. Identifié en septembre 1943 comme « juif germanophone résistant », Jean Lippmann «  trois bonnes raisons d’être arrêté ». Sa tête est mise à prix. Il fait le choix de s’enfuir dans les Alpes et d’y rejoindre la résistance armée. Avec sa fille Eva, ses deux fils Jacques et Claude, son neveu Georges Abraham et Raymond Baby, le fiancé d’Eva, il s’installe dans la haute vallée du Laverq et entame ainsi onze mois au maquis. Un ouvrage récent, dont nous avons rendu compte, raconte sous une forme très différente de celle de l’ouvrage de Mireille Provansal l’histoire de ce « maquis de montagne » et la mort de Jean Lippmann (https://clio-cr.clionautes.org/resister-vie-et-mort-dun-maquis-de-montagne.html).

Comme il se doit dans le respect de la méthode, l’auteur s’efforce de répondre dans la conclusion à la problématique exposée dans l’introduction, du moins d’en discuter : « La continuité de la judéité ne repose plus bien sûr sur la poursuite des rites et des modes de vie ancestraux, qui sont progressivement abandonnés par la plupart au cours des dernières décennies du XIXème siècle. Mes ancêtres ont vécu au rythme de la société française, partageant son histoire sociale et économique, ses ruptures politiques et idéologiques. Leur judéité s’est nécessairement modifiée, s’exprimant sous des formes et un vécu différent selon les périodes. Ils passent ainsi de juifs à israélites, avant d’être ramenés à la judéité par l’émergence d’un nouvel antisémitisme à partir des années 1880. Leur histoire personnelle, leurs modes de vie et de penser se font l’écho de l’histoire de leur pays. » Mireille Provansal estime que le fil de la judéité n’a pas été rompu. Les choix idéologiques, l’engagement politique et humaniste de ses derniers ancêtres s’inscrivent dans l’héritage des Lumières et de la Haskala, expliquant leur constant intérêt pour la science et la modernité, de même que la résistance à l’envahisseur allemand depuis  1870.

© Joël Drogland pour les Clionautes