L’histoire de Gilgamesh, roi d’Uruk, fils de Lugalbanda (le roi furieux) et de Ninsuna, la déesse buffle, est un morceau de choix. Traité par nos collègues de Français dans la séquence sur les récits fondateurs, la plus ancienne légende du monde est maintenant populaire chez les plus petits. Quoi de plus attractif qu’un BD au graphisme simple et coloré pour attirer les 8-12 ans. L’histoire a de quoi captiver une enfant. Gilgamesh s’avère un roi prétentieux et inique qui se métamorphose par la découverte de l’amitié avec le géant Enkidou qui lui ressemble, spécialement façonné par les dieux à son intention. Seulement Enkidou, d’abord élevé par les animaux sauvages, se montre doux et raisonnable transformant le roi sumérien. Ensembles, ils décident de lutter contre un monstre et de rapporter du bois de cèdre qui manque tant à la cité-Etat d’Uruk.

Cette légende raconte les sentiments et les peurs que ressentent les hommes depuis qu’ils existent : le rapport avec le divin (Si les dieux se fâchent, il envoie le déluge), la perte des proches et l’angoisse de la mort,  la recherche d’une vie plus longue, voire l’immortalité. Cet ouvrage semble bien adapté aux enfants. La division en chapitres permet une respiration dans le récit, dont une partie est résumée au début. Les noms trop complexes sont occultés et la narration évite des moments compliqués. Au début de la BD, la présentation des dieux mésopotamiens est bienvenue même si une généalogie incluant Gilgamesh aurait été souhaitable. Placés à la fin, les documents d’accompagnement permettent de situer la légende dans le temps et dans l’espace. Cependant, « Les dates à retenir » doivent-elles aller jusqu’à l’assassinat de Jules César ! Mieux valait rester en orient, avec Alexandre et les Perses qui occuperont plus tard la région du roi légendaire Gilgamesh.