Une lecture régionale puis étatique de l’Asie du Sud-Est

Professeur de géographie à l’Université de Montréal, Rodolphe de Koninck et Armand Colin proposent une quatrième édition de ce manuel consacré à l’Asie du Sud-Est dont la sortie coïncide avec l’introduction de la question de géographie régionale pour le Capes, Cafep-Capes, l’agrégation externe de géographie et l’agrégation externe d’histoire.

Ce volume de la collection U est un point de départ pour débuter dans la compréhension de la région. Une photographie du paysage urbain de Kuala Lumpur (Malaisie) orne la couverture de cette nouvelle édition et témoigne du développement économique et urbain, particulièrement fort depuis les années 1960 et de l’accroissement des inégalités socio-spatiales. Entre le quartier populaire bordant la ligne de monorail et le quartier d’affaires symbolisé par une skyline, les villes d’Asie du Sud-Est sont profondément marquées par la présence de populations aux niveaux de vie différents.

Rodolphe de Koninck justifie dès l’introduction son choix d’utiliser le terme de Birmanie plutôt que celui de Myanmar en précisant qu’il est « en effet hors de question de reconnaître le nom de Myanmar […] tout à fait inacceptable sur le plan politique, étant donné l’identité de ceux qui en prônaient l’usage […] » (p. 12-13). L’ouvrage est divisée en deux grandes parties. La première fait le point sur les grands traits physiques agricoles et historiques de la région. La seconde partie est une longue monographie, de chacun des onze États.

Peuplée par 662 millions d’habitants, l’Asie du Sud-Est est qualifiée « d’angle de l’Asie » par Elisée Reclus en 1883. Les chiffres concernant la population sont à jour et correspondent aux estimations de Gilles Pison dans le numéro de Population et sociétés consacré à la population mondiale par continent, région et Etat.

Les cartes en noir et blanc sont très nombreuses, parfois diachroniques, historiques ou contemporaines. Les productions graphiques sont généralement soignées et témoignent d’une volonté de présenter la région dans son ensemble grâce à des vues en coupe des reliefs (figure 6 page 23) ou des diagrammes ombro-thermiques pour aborder le volume et la temporalité des participation (p. 32)

Quelques réserves peuvent être émises à propos de cette quatrième édition. On peut se demander pourquoi le Timor Oriental est présenté à l’écart, en gras, dans le tableau de la population de la région (p. 9). Quelques coquilles sont visibles, notamment avec une rupture dans une phrase (p. 24). Une erreur se trouve dans le tableau 2 où la « superficie terrestre maritime » ne distingue pas les deux colonnes (p. 27). La sémiologie graphique est globalement respectée à l’exception de la carte de la page 48 où les deux royaumes du Founan et du Champa ne se distinguent pratiquement pas à cause du grain similaire. Dans la mise en page, la mention du titre du chapitre 4 est erronée en haut de toutes les pages du chapitre : c’est le titre du chapitre précédent qui apparaît. Concernant les données statistiques, certaines données nécessiterait une mise à jour, notamment la population chinoise en Asie du Sud-Est, dont le tableau à la page 102 présente la situation en 2005.

Le manuel se termine par une longue bibliographie (13 pages), parfois quelque-peu datée malgré la présence très utile de sites internet, puis une table des figures et un index des toponymes.

Dans la lignée de l’excellent manuel de Frank Tétart sur la péninsule arabique, ce manuel de la collection U Géographie d’Armand Colin permet donc de brosser, à grands traits, les principales dynamiques de l’Asie du Sud-Est. Un bon point de départ pour les candidats aux différents concours.

Pour aller plus loin :

  • Présentation de l’éditeur -> Lien

Antoine BARONNET @ Clionautes