Thomas Rabino est un historien spécialisé jusqu’à maintenant dans deux domaines différents :  la Seconde guerre mondiale et surtout la Résistance d’une part, la civilisation américaine d’autre part. Quand elle existait, il apportait de régulières contributions à la revue Histoire de la dernière guerre au jour le jour (1939-1945). Il a publié en 2008 Le Réseau Carte, histoire d’un réseau de la Résistance antiallemand, antigaulliste, anticommuniste et anticollaborationniste, et en 2013, un portrait intime de Jean Moulin,  L’autre Jean Moulin. Il a beaucoup œuvré pour la création du musée Jean Moulin de Saint-Andiol, inauguré en 2018. Dans un domaine bien différent, il est l’auteur remarqué de De la guerre en Amérique. Essai sur la culture de guerre,  avec une préface d’Emmanuel Todd).

Fidèle aux éditions Perrin qui ont publié ses précédents ouvrages, il nous propose aujourd’hui une biographie de Laure Moulin (1892-1974), la sœur aînée de Jean Moulin. Si l’on rencontre son nom dans toutes les biographies de Jean Moulin, on ne sait guère d’elle que deux ou trois choses : qu’elle adorait et admirait son frère ;  qu’elle a fait éditer après la guerre le récit qu’il lui avait confié des événements de Chartres en 1940, lors de l’arrivée des Allemands, sous le titre Premier Combat ; qu’elle est l’auteur d’une biographie rigoureuse de Jean Moulin.

Exploitant une grande quantité de sources en partie inédites (archives familiales, privées, administratives et résistantes, témoignages de proches amis et connaissances), Thomas Rabino nous fait découvrir le parcours d’une femme qui fut bien loin de n’être que l’ombre du héros, qui fut une femme libre et indépendante, une excellente professeure, une femme engagée dans l’action sociale, une vraie résistante, qui consacra les années d’après-guerre à rechercher la vérité sur la trahison qui fit tomber son frère, et à défendre sa mémoire. Si Jean Moulin est présent dans cet ouvrage, c’est bien une biographie de Laure qui nous est proposée.

 « Une jeunesse républicaine »

Laure Moulin naît le 3 décembre 1892 à Saint-Andiol, village proche de Béziers, au pied des Alpilles ; elle a un frère de six ans son aîné. La famille est républicaine depuis la Révolution française. Son père adhère à la Ligue des droits de l’homme dès sa création à Béziers en 1899 ; il a été antiboulangiste et antidreyfusard. Il est franc maçon et militant de la laïcité. Professeur, il est aussi conseiller général radical-socialiste. Poète et écrivain à ses heures, il est l’ami de Frédéric Mistral et d’Alphonse Daudet. Laure est fascinée par cette forte personnalité. Les figures féminines, ses grands-mères et sa mère sont également de fortes personnalités. Quand Laure voudra faire des études supérieures, ses parents donneront leur plein accord. Alors qu’elle a sept ans, la famille s’élargit avec la naissance de Jean. Mais en 1907, c’est le drame : son grand frère Joseph, âgé de 21 ans est emporté par la maladie.

Laure est une bonne élève : elle obtient son brevet élémentaire en 1908, le brevet supérieur en 1910, et en 1913 elle est l’une des 400 bachelières françaises. Elle devient la première femme de la famille à accéder aux études supérieures, elle « entérine ainsi l’élévation sociale qui caractérise sa famille depuis trois générations. » Elle choisit de faire des études d’anglais, mais y renonce provisoirement pour devenir infirmière bénévole au sein de la Croix-Rouge. En 1915 elle s’inscrit à la faculté des lettres de Montpellier. L’année suivante, elle effectue, seule, un voyage et un séjour de près de trois mois en Angleterre où elle travaille quelque temps comme fille au pair.

En 1917, son frère Jean la rejoint pour s’inscrire en faculté de droit. Antonin a assez de relations pour lui trouver un emploi au cabinet du préfet, ce qui arrange bien les finances familiales. Laure obtient sa licence en juin 1918 et devient « professeure déléguée de lettres et d’anglais ». Les relations d’Antonin jouent encore une fois pour lui faire obtenir un poste à l’Ecole primaire supérieure de jeunes filles de Béziers (le ministre de l’Instruction publique est un député radical-socialiste de Béziers, franc-maçon et ami d’Antonin !). L’auteur a consulté les nombreux rapports d’inspection (les inspections étaient alors annuelles !) qui qualifient tous Laure d’excellente professeure, adepte de la « méthode directe », d’immersion des élèves dans un cours exclusivement en anglais.

Une femme libre et indépendante, engagée, un pilier de la famille

Nommé en février 1922, chef de cabinet du préfet, son frère Jean s’installe à Chambéry. Sa grande sœur veille sur son installation, lui procure ses conseils d’aménagement, s’efforce de l’aider dans ses récurrents problèmes d’argent. Leurs échanges épistolaires se font de plus en plus nourris. Elle intervient aussi dans les affaires sentimentales de son frère cadet, se désole de le voir épouser Marguerite Cerruty (en 1926) avec laquelle elle ne sympathise pas. Elle séjourne assez souvent à Chambéry, parfois avec ses parents. Par la suite, elle ne cessera d’inciter son frère à fonder un foyer. Elle n’y parviendra pas ! Elle n’a pas encore entendu parler d’Antoinette Sachs, que Jean, toujours discret sur ses conquêtes féminines, a rencontrée en 1936 à Paris.

Elle reste célibataire, comme 12,5% des femmes de sa génération observe l’auteur. Indépendante, titulaire du permis de conduire et propriétaire d’une automobile, elle voyage beaucoup, le week-end et pendant les vacances, envoyant quotidiennement une carte postale à son frère. En 1937, elle est nommée professeure d’anglais à l’école supérieure de jeunes filles de Montpellier. Toute la famille vient s’installer dans un vaste appartement qu’elle aménage et meuble (une de ses passions). Antonin quitte Béziers avec beaucoup de tristesse ; il mourra en 1938, à 81 ans.

Depuis l’entrée de Jean dans la préfectorale elle est devenue, de fait, sa secrétaire : « elle sélectionne, transmet, appuie les demandes variées qui lui parviennent, de plus en plus nombreuses ». Elle travaille également pour son père. Quand Antonin décide d’écrire une histoire de Saint-Andiol, au début des années 1930, elle effectue un travail de documentaliste et aide à la rédaction. Quand il change de sujet et entreprend la biographie d’Ernestine de Castellane, épouse de Fouché, illustre Saint-Andiolaise d’adoption, résidente au château du village, Laure se remet à l’ouvrage, « documentaliste, correctrice, conseillère artistique, attachée de presse », elle se dépense encore en multiples interventions pour trouver un éditeur. Le Grand Amour de Fouché parait en 1936 à la Librairie académique Perrin, tiré à 2000 exemplaires. « Laure rayonne de fierté ».

Jean entame une carrière politique et discute beaucoup avec sa sœur, en particulier des émeutes du 6 février 1934, et de son rôle dans l’aide discrète que le Front populaire apporte à l’Espagne. « Jamais la fratrie n’a été aussi en phase » et Laure renforce son engagement républicain. Elle effectue un travail de terrain pour l’aide aux réfugiés républicains espagnols.

Confidente et résistante

Fin juillet 1939, Laure, son frère Jean et leur mère, font un court séjour en Angleterre. Laure et Jean « assoiffés de culture », multiplient les visites de musées. Puis la guerre éclate et Jean, préfet d’Eure-et-Loir, affronte à Chartres, les difficultés de la situation, qu’il minimise dans sa correspondance avec sa sœur. C’est alors qu’il lui demande d’acheter pour lui un petit mas dans les Alpilles. Le 20 juin 1940, Laure reçoit par l’intermédiaire d’une chaîne d’amis, une lettre de Jean datée du 15 dans laquelle il exprime ses dernières volontés, un quasi testament.

Elle ne comprendra que quatre mois plus tard ce qui motive un tel état d’esprit, quand il lui racontera les journées tragiques de Chartres, les violences dont il a été l’objet de la part de l’occupant et sa tentative de suicide. Dans les semaines qui suivent, leur correspondance continue, mais utilise des expressions codées. Laure lui conseille de gagner l’Angleterre, consciente que Vichy et les Allemands connaissent ses activités politiques au sein du Front populaire.

Laure a en horreur l’idéologie de la Révolution nationale et les mesures qui en découlent. Elle reste néanmoins professeure, « sous Vichy » et non « de Vichy », comme le souligne Thomas Rabino. « Professeure d’anglais, Laure enseigne la langue d’une nation « perfide », jugée coupable par Vichy et une presse aux ordres d’avoir entraîné la France dans une guerre perdue d’avance.». Elle exècre le nouveau régime mais feint d’y adhérer. Du 23 au 27 octobre 1940, Jean revient au village, « amaigri et se raclant la gorge, s’exprimant d’une voix rauque et étouffée ». Il revient un mois plus tard, après avoir été révoqué. Il fait part à sa sœur de son projet de quitter la France avec de faux papiers, sous une fausse identité.

Mesurant les risques, il fait de sa sœur la propriétaire légale de tous ses biens. A partir de ce moment Laure va être sa confidente et son aide. Jean lui confie tous les secrets de son rôle et de ses missions. Il lui fait une absolue confiance et lui demande de remplir des missions qui font de Laure une résistante de la première heure, ce qu’elle ne mettra jamais en valeur, oubliant même de faire reconnaître ses états de service après la guerre.

Jean dispose d’une planque sécurisée dans l’appartement de Laure à Montpellier. Il rédige le récit de ses journées de Chartres en juin 1940 et lui confie trois carnets qu’elle enterre près du mas acheté dans les Alpilles. Elle est complice des étapes qui conduisent au départ de Jean pour l’Angleterre, et informée des contacts qu’il a avec les tous premiers résistants de zone sud. Elle est informée de son passage de la frontière franco-espagnole et de son arrivée en Angleterre. Le 2 janvier 1942, Jean Moulin qui vient d’être parachuté, arrive au domicile de sa sœur et de sa mère.

Il raconte à Laure son arrivée en Angleterre, sa rencontre avec De Gaulle, et lui montre les documents secrets qui attestent de sa mission. Dès le lendemain matin il lui apprend le codage ; elle doit désormais chiffrer et déchiffrer les messages. Elle devient la secrétaire particulière du représentant en France du général de Gaulle. C’est elle qui part à la recherche du radio Monjaret, parachuté avec Moulin et égaré depuis. Elle réussit sa mission et la liaison radio peut être établie avec Londres.

Désormais, chaque séjour de Jean Moulin à Montpellier est l’objet de repos, d’échanges et de travail pour déchiffrer les instructions de Londres reçues par Monjaret. C’est le parachutage de Daniel Cordier et son recrutement par Moulin comme secrétaire et agent de liaison à plein temps, qui allègera la tâche de Laure. En novembre 1942, Jean lui confie un document signé de la main du général de Gaulle, rapporté de Londres par Frenay et d’Astier, précédé d’une mention manuscrite du chef de la France combattante, « Mon cher ami ». Elle doit cacher ce document « en lieu sûr jusqu’à la Libération ». Leur dernière rencontre a lieu à Pâques 1943. De retour de Londres, en plein travail clandestin de constitution du Conseil national de la Résistance, Jean est épuisé et se sait menacé par la Gestapo. Il raconte à Laure la cérémonie londonienne durant laquelle De Gaulle lui a remis la croix de la Libération. Ils passent deux jours heureux, en famille puis avec des amis, et Jean reprend la route.

Difficile enquête sur l’arrestation et la mort de Jean Moulin

La dernière lettre de Jean Moulin, écrite à Nice, date du 17 juin 1943. Laure ne fut informée de son arrestation qu’un mois plus tard. Elle sait le sort qui est celui des résistants arrêtés, mais elle ne sait pas si son identité réelle a été découverte et ne peut donc aller demander des renseignements à l’ennemi. Le 19 octobre un Allemand vient annoncer la mort de Jean Moulin, décédé d’« une paralysie du cœur ». Elle se rue à la Gestapo de Montpellier, qui la renvoie aux bureaux parisiens. A Paris, avenue Foch, elle multiplie  les démarche. Un responsable refuse de lui donner des précisions sur les conditions de la mort et le lieu où se trouve le corps. Faute d’avis de décès, subsiste un mince espoir. Le 12 mai 1944 un gestapiste apporte l’avis de décès de Jean Moulin, à Metz, le 8 juillet 1944.

Laure Moulin cherche alors à savoir dans quelles conditions son frère à été arrêté. Elle rencontre De Gaulle, qui ne sait rien, puis Raymond Aubrac qui lui raconte la réunion de Caluire et « évoque d’emblée une trahison, celle de René Hardy ». Débute alors une longue enquête, exigeant de multiples voyages, démarches et recherches de témoins. Le 1er novembre 1944, Laure reçoit la visite de Lucie Aubrac, qui lui apporte une lettre d’Antoinette Sachs. « Sans nouvelles depuis seize mois de l’homme qu’elle aime, Antoinette est prête à tout pour le retrouver. » Les deux femmes se connaissaient sans s’être jamais rencontrées. Elles vont unir leurs efforts et devenir amies, « liées jusqu’à la mort par une même quête ». « Grâce à Antoinette, Laure complète ses connaissances sur l’affaire, dont les zones d’ombre et les aspects les plus sinistres s’éclairent peu à peu. »

En décembre 1944, après la Libération de Metz, des preuves sont apportées de la mort et de l’incinération de Jean Moulin. Faire tomber le ou les traîtres devient leur objectif majeur. Il ne fait vite aucun doute que René Hardy est celui-ci, et elles apprennent  avec satisfaction son arrestation, le 12 décembre 1944. Malheureusement, elles vont vite constater « l’ampleur des soutiens dont bénéficie encore Hardy », et la dimension politique de l’affaire. Les anciens de Combat, à commencer par Henri Frenay alors ministre, font bloc pour sa défense, tandis que le Parti communiste et sa presse accablent le « traître », et Frenay.

Laure Moulin, meurtrie par les injustices des procès de René Hardy

De 1945 à 1949 Laure Moulin ne va pas ménager ses efforts pour que la justice puisse faire son œuvre et que le véritable rôle de René Hardy puisse être mis en évidence. Mais les désillusions se succèdent tant sont puissants les soutiens plus ou moins occultes de René Hardy, au premier rang ceux de Frenay, de Bénouville, des autres responsables de Combat et de leurs réseaux. Les historiens considèrent comme acquis que René Hardy a donné aux Allemands la réunion de Caluire. Les deux procès qui ont été intentés contre lui en janvier 1947 et en avril-mai 1950 ont été manipulés de façon à faire acquitter le résistant.

Des documents allemands accablants pour Hardy n’ont pas été produits, alors qu’ils étaient déjà entre les mains du magistrat instructeur ; des témoins importants ont été éliminés, manipulés, ou n’ont pas été convoqués. Les témoignages produits ont été tronqués, et une partie du dossier est restée secrète. Un témoin majeur de l’accusation, l’adjoint de Barbie, qui avait participé directement à l’opération de Caluire et à « l’évasion » de Hardy, s’est rétracté devant le tribunal militaire. Le commissaire du gouvernement a admis que le dossier avait fait l’objet de pressions et qu’on lui avait demandé d’être très clément.

Thomas Rabino consacre un long chapitre à cette affaire Hardy, les deux procès successifs, les découvertes de documents d’archives prouvant les mensonges et le rôle de René Hardy, ses deux acquittements (au bénéfice du doute la première fois, à la minorité de faveur la seconde fois) à la suite de deux procès au cours desquels tout est fait pour que les témoins majeurs de l’accusation ne soient pas cités, tandis que l’avocat de Hardy, Maurice Garçon, discrédite les témoins de l’accusation et humilie Laure Moulin, en la réduisant au statut de sœur éplorée, alors qu’elle a constitué un dossier solide et mis en évidence les dysfonctionnements de l’instruction et du procès.

« Ecœurée, scandalisée (…) Laure est sonnée par la relaxe » à l’issue du premier procès, elle a été humiliée par Maurice Garçon lors du second. « La cicatrice demeurera, rendue inguérissable par l’issue du procès. » A cette peine s’ajoute le fait que Klaus Barbie, clairement identifié désormais, bénéficie de la protection américaine et a pu ne pas répondre à la convocation qui lui avait été faite.

« Gardienne de la mémoire »

 Le dernier chapitre est consacré à la « colossale entreprise mémorielle » de Laure Moulin. « Les 37 monuments et stèles, 119 plaques, 300 établissements scolaires et 978 boulevards, rues, places, squares et ponts portant le nom de Jean Moulin sont aussi son œuvre ». A la Libération elle a exhumé la boîte en métal qui renferme le témoignage de Jean Moulin sur les événements de Chartres en juin 1940. Elle les dactylographie, rédige cinq pages d’introduction, et obtient de les publier aux Editions de Minuit, le premier éditeur de la Résistance. Le général de Gaulle fait une exception pour elle en acceptant de rédiger une courte préface. La livre paraît en 1949, sous le titre Premier Combat.

Elle est attentive à toutes les souscriptions et inaugurations de monuments, stèles et plaques à la mémoire de Jean Moulin. Elle y assiste la plupart du temps. Le 27 mai 1945, elle assiste aux côtés du général de Gaulle aux commémorations des deux ans du CNR ; en 1946 aux côtés de Georges Bidault, elle est à Béziers ; en 1948, elle est à Chartres avec René Coty. Elle sillonne ainsi la France, passant dans toutes les villes où Moulin a effectué ses fonctions, pour assister aux inaugurations. L’Union départementale des résistants, déportés, internés de la Résistance de l’Hérault, dont elle est la présidente d’honneur, formule au printemps 1964, une demande pour que les cendres de Jean Moulin soient transférées au Panthéon.

La demande est relayée par les partis de gauche, et rencontre une des préoccupations de De Gaulle à ce moment. Elle aboutit donc très vite. Laure en est avertie par la Préfecture, et consultée pour l’organisation de la cérémonie. Le 18 décembre 1964, elle assiste au cimetière du Père Lachaise, avec son amie Antoinette Sachs, et en présence du ministre des Anciens Combattants, à l’ouverture de la case qui contient l’urne dépositaire des cendres de Jean Moulin. Elle participe durant deux jours aux cérémonies, écoute le discours d’André Malraux qui la cite, serre la main du général de Gaulle.

Laure décide ensuite d’entreprendre la rédaction d’une biographie de Jean Moulin, acceptant avec empressement une proposition de Thérèse de Saint-Phalle, éditrice aux Presses de la Cité. Elle fournit un gros travail d’exploitation des archives de Moulin , qu’elle doit d’abord classer. La date de parution est plusieurs fois reportée, et le livre est édité le 27 mai 1969, jour anniversaire de la création du CNR, avec en préface le discours prononcé par Malraux au Panthéon, et de sa part une dédicace à Antoinette Sachs.

« Les dix dernières années de Laure Moulin font la synthèse de son existence » : beaucoup de voyages (sa fidèle Dauphine la suit en train auto-couchette) ; un fort engagement social (au sein du Bureau d’aide sociale de sa ville puis de l’Union nationale des bureaux d’aide sociale de France et d’Outre-Mer) ; un fort engagement mémoriel (elle s’investit dans la réalisation du projet qui aboutit en 1969 à la création du Mémorial de Salon-de-Provence). Laure Moulin s’éteint le 31 décembre 1974. « Elle n’aura pas vue Klaus Barbie jugé en France, non pour l’assassinat de Jean Moulin et ses crimes de guerre dorénavant prescrits. Elle n’aura pas vu non plus Hardy livrer de demi-aveux en 1985. »

Bien écrit, d’une remarquable clarté, riche d’informations, ce livre est passionnant.

© Joël Drogland pour les Clionautes