Ce livre, paru en anglais en 1991, s’inscrit dans une nouvelle histoire du Far West initiée cette même année par le colloque de Santa Fé. Mêlant anthropologie et histoire environnementale il met en lumière les interactions entre les acteurs en rompant avec le mythe de la frontière comme moteur de la conquête de l’Ouest. Ce livre est pionnier et ouvre la voie à de nombreux travaux dont Des ombres à l’aube – Un massacre d’Apaches et la violence de l’histoire de Karl Jacoby1, prix Des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en 2014 ou L’empire Comanche de Pekka Hämäläinen2. C’es aujourd’hui un classique de l’histoire américaine.

Dans l’avant-propos de Catherine Desbarats rappelle les éléments de l’histoire traditionnelle des Grandes Prairies : Indiens, frontières, Wilderness, une histoire qui commence au XVIIIe siècle pour les Étasuniens alors qu’elle est partagée en deux versions : anglophone et francophone au Canada avant de présenter le travail de Richard White. Montrer un espace où se joue l’entrecroisement de sociétés algonquiennes et européennes : le Middle Ground ; espace décrit par l’auteur dans son introduction, « un entre-deux : entre culture, entre peuples et entre certains empires et le monde non institué des villes » (page 31).

Le Pays d’en haut ainsi dénommé par les Français, la région des Grands Lacs (carte p 40-41) Ce n’est pas « un monde traditionnel qui, soit chercherait à conserver son intégrité, soit s’éroderait sous la pression des Blancs. C’est une création conjointe des Blancs et des Indiens. »(page 35).

Les réfugiés : un monde fragmenté

L’auteur fait remonter l’histoire de ce monde nouveau au milieu du XVIIe siècle après la guerre menée par les Iroquois contre les populations amérindiennes vivant dans cet espace et chassées de leur terre et territoire de chasse. Ces peuples contraints à une migration vers l’ouest constituent un monde de villages soutenus par la colonie française.

L’auteur propose un récit détaillé d’évènements de ces guerres indiennes et décrit les contacts avec les coureurs de bois3 : Radisson, Des Groseillers, Nicolas Perrot et des prédicateurs. C’est à la fois un brassage de groupes amérindiens divers et le contact avec les Français. Ce qui contribue à une nouvelle culture, réinterprétation des savoirs et des croyances de chaque composante de cette nouvelle population faite de Renards, de Sauks, Miamis … que dans la suite de l’ouvrage il désigne sous le terme d’Algonquiens (carte p. 60-61). Entre violence, vengeances, recherche de l’aide européenne et obligations mutuelles, naît une nouvelle réalité, « un nouveau monde » différent des tribus indiennes avec leurs territoires et leurs chefs. Un monde d’autant plus difficile à décrire que les témoignages des Européens montrent leur faible compréhension de ce monde. Les réalités identitaires (affiliation, mariages interethniques, adoption), les relations entre villages (signification du calumet, des cadeaux) sont très complexes et viennent interférer dans les relations souhaitées et redoutées avec les traiteurs à la recherche de fourrures, les religieux et le pouvoir royal à Montréal comme le montre les exemples décrits dans ce premier chapitre. L’auteur met en évidence la différence d’acception du mot alliance entre Français et Amérindiens.

Il traite aussi des évolutions démographiques et des difficultés pour ces peuples d’assurer une alimentation correcte (famine de 1661).

Le Middle ground

Derrière ce terme l’auteur désigne le phénomène de création mutuelle français-algonquiens d’un mode de fonctionnement social et culturel. Durant l’étape initiale de contact les Algonquiens sont perçus, par les Français, comme des sauvages incarnant à la fois la vertu naturelle et la cruauté, tandis que les Algonquiens voient les Français comme des Manitous. Chaque camp considère l’autre par rapport à son système de pensée.
Ensuite, même si chacun poursuit des buts différents, mais nécessitant la coopération de l’autre et donc de tenter de la comprendre, s’établit, comme le montre les exemples développés dans ce second chapitre, un modus vivendi. C’est en quelque sorte une culture hybride née des points communs souvent issus d’une méprise et se développant sur deux registres. Dans le domaine de la vie quotidienne on note l’ensauvagement des coureurs de bois, un monde violent, des relations entre femmes algonquiennes et Français, usage de l’alcool malgré l’opposition des Jésuites.

Pour les relations diplomatiques, la description de l’alliance Hurons-Pétuns, Ouataouais et Français à partir de 1695 permet d’en comprendre la réalité. L’auteur analyse les emprunts d’un chef Huron aux références chrétiennes pour servir sa diplomatie. Ce monde s’étend sur des espaces sans réel contrôle hiérarchique tant amérindien que français.

On lit avec intérêt le développement sur le rôle et le statut de la femme, leurs relations avec les coureurs de bois. L’étude des mariages4 illustre bien ce que fut le Middle Ground de même que le règlement des suites d’un assassinat qui mêle conceptions algonquiennes et pénétration de la logique européenne, une argumentation mêlant calumet et références chrétiennes. L’auteur évoque la création d’un rituel fait d’amalgames entre les deux systèmes de pensée et non une acculturation des Amérindiens.

Le commerce des fourrures

C’est un échange qui va bien au-delà de la simple transaction commerciale comme le montre les nombreux exemples analysés. La traite intègre les Algonquiens à un commerce international très loin du Pays d’en haut. C’est un système de dépendance réciproque : organisation des permis de traite pour les Français et intérêt des Algonquiens pour les produits manufacturés5 : rôle social ou symbolique de l’échange de cadeaux6, élément fondamental de la diplomatie amérindienne et un usage politique très loin de la notion européenne de profit.

L’analyse de la fête des morts (p. 196 et suiv.) montre la relation entre biens matériels et réseau social.
L’auteur étudie aussi comment commerce et alliance contre les Iroquois sont intimement liés au XVIIIe siècle. On peut caractériser ainsi les échanges : Onontio, le gouverneur à Montréal doit, comme « père » subvenir aux besoins de ses enfants algonquiens qui, à leur tour, doivent lui obéir en bon fils et lui viennent en aide contre les Iroquois. Un système qui connu bien des crises du fait des variations du commerce des fourrures en Europe, allant même jusqu’à pousser les Algonquiens dans les bras des Anglais (p. 219 et suiv.), souvent avec l’aide des coureurs de bois.

Dans ce contexte l’auteur montre comment au XVIIIe siècle les aspects politiques du commerce des peaux deviennent plus importants que les aspects économiques ?
D’autre part il remarque que la recherche de peaux a peu modifié le mode de vie Amérindiens, les peaux étant le produit d’une chasse traditionnelle nourricière. Les nouveaux outils : couteaux, haches, chaudières7 ne supplantent pas les outils traditionnels au village. La vieille technologie persiste même si au XVIIIe siècle les écarlatines8 dominent le marché.

L’Alliance

Dans ce quatrième chapitre l’auteur revient sur la diplomatie, déjà présentées dans les chapitres précédents. Il s’agit de proposer une double lecture de l’Alliance9 au cours du XVIIIe siècle, celle des Français et celle des Algonquiens. C’est un entrecroisement des intérêts de la colonie et de ceux des villages, ou comment concilier la vision algonquienne d’Onontio10, père médiateur entre ses enfants et les tentations françaises de faire des chefs amérindiens des intermédiaires su pouvoir de Montréal.

L’instabilité des groupes algonquiens, leur mobilité dans l’espace sont des facteurs de querelles entre les groupes que le pouvoir français peine à juguler, comme la guerre des Renards dont l’auteur raconte en détail les péripéties, dans une période d’hostilité croissante entre Français et Anglais.

Républicains et rebelles

Au XVIIIe siècle si le mélange d’intérêts et de logique culturelle garantissent une certaine paix, l’équilibre était fragile d’autant que les formes de gouvernance des villages que l’auteur qualifie de républiques s’éloignaient de la conception européenne du pouvoir, d’ordre et que les querelles pouvaient éclater au sein même des villages pluriethniques, entre villages dans une période de fortes migrations, notamment vers la vallée de l’Ohio. Ces villages échappent souvent au contrôle tant anglais que français à un moment où les Iroquois se déplacent aussi vers l’ouest dans les années 1720-1730.

Pour illustrer cette situation l’auteur développe l’histoire de Pierre Chartier, métis de mère shawnee ou celle d’Orontony, un Huron-Pétun, symboles de l’opportunisme des chefs de village et des conflits internes de ces « républiques ».
Cette réorganisation du Pays d’en Haut11 se fait alors qu’éclate la guerre de Sept Ans, Britanniques comme Français recherchent des alliés parmi les Amérindiens. L’auteur montre comment la politique française des nouveaux gouverneurs à Montréal, peu au fait de la culture de ses alliés, entraîne une mésentente qu’ils vont traiter comme une rébellion rompant ainsi la longue alliance décrite au chapitre précédent.

Le choc des empires

A partir de 1750 certains villages se trouvent pris entre les ambitions des empires français et britanniques. L’équilibre des forces évolue dans un « embrouillamini de querelles entre colonies distinctes et groupes alliés » (p. 383)

Ces conflits sont nés des intérêts contradictoires de chaque camp. La vallée de l’Ohio qui avait été une zone refuge devient un lieu d’affrontement des étrangers et des Iroquois chacun tentant de s’approprier les terres des villages.
Cette seconde moitié du XVIII e siècle est marque par des batailles comme, en 1754, la défaite de la milice de
Virginie commandée par Georges Washington à Fort Necessity, une guerre où les tribus combattent aux côtés des Européens mais pour leurs propres objectifs.

L’auteur décrit l’effondrement de l’alliance. Quand les Français souhaitent contrôler le Middle Ground pour faire la jonction entre Canada et Louisiane, les Algonquiens veulent défendre leurs terres contre les essais d’appropriations par les colons anglais aidés des Iroquois. La défaite française entraîne l’échec des républiques de la vallée de l’Ohio et permet aux Britanniques d’imposer leur pouvoir sur ces espaces et dépit des promesses du général Amherst de respecter l’indépendance des tribus.

Pontiac et la restauration du Middle Ground

C’est dans ce contexte de méfiance des Algonquiens envers les Britanniques qu’éclate la révolte de Pontiac que l’auteur se propose de réinterpréter.

Au moment où la France cède le Canada à la couronne d’Angleterre, l’analyse des tentatives de révolte contre les forts britanniques montre une histoire très complexe faite de diplomatie, de violences et de débats religieux.

L’alliance britannique

L’administration anglaise rencontre des difficultés face à un système, l’alliance, rendu d’autant plus instable qu’un nouveau foyer de villages se développe à l’ouest des Appalaches dans les années 1765-1766. La relation d’alliance établie par les Britanniques est seulement diplomatique, pas d’adoption de la culture indienne dans la vie quotidienne comme c’était le cas avec les Français12.

L’auteur montre la méconnaissance de la culture du Middle Ground, le refus même, malgré l’intérêt de quelques uns, Johnson ou Gage qui ne peuvent convaincre de son importance le pouvoir à Londres qui préfère laisser les Indiens s’entre déchirer

Il analyse les limites du pouvoir britannique sur les marchands et colons anglais et la création d’un nouveau Middle Ground réunissant des villages où se côtoient marchands anglais, irlandais, allemands, prédicateurs, algonquiens, anciens prisonniers de guerre, enfants métis comme Alexander McKee de mère Shawnee, trait d’union, intermédiaire entre deux mondes culturels. Le rôle des femmes dans la constitution de cette société est fondamental comme le sort réservés aux prisonniers de la révolte de Pontiac ou des raids sur les villages de colons. Si les enfants ainsi adoptés furent culturellement Algonquiens c’était rarement le cas des adultes13. Les exemples proposés témoignent de l’accommodement interculturel notamment autour des croyances religieuses.

En 1774 on comptait plus de 50 000 Blancs à l’ouest des Appalaches. Mais les comportements des nouveaux venus anglais est très différents de celui des Français. Le rhum modifie profondément la signification des cadeaux et de l’échange, les conflits avec les Algonquiens deviennent fréquents et se doublent d’une véritable haine contre les Indiens. Richard White aborde la politique d’appropriation des terres (traité de Fort Stanwix 1784) qui loin d’amener la paix comme l’espéraient les responsables britanniques allait exacerber les relations entre les Iroquois et les autres nations amérindiennes et créer une frontière entre la colonie et les terres indiennes et une instabilité croissante. Avec la naissance du Kentucky au détriment des Shawnees (guerre de Dunmore entre la colonie de Virginie et les Shawnees et Mingos dans le sud de la Vallée de l’Ohio) on assiste aussi à des heurts entre Pennsylvaniens et Virginiens pour le contrôle de ces espaces à coloniser.

L’affrontement des villageois

L’impact de la Révolution américaine sur le Pays d’en Haut amène les Algonquiens, face à l’expansionnisme du nouvel État, à se tourner vers la puissance britannique, le Canada restant fidèle à la couronne. Les villages poursuivent leurs propres intérêts de la neutralité à l’aide aux Anglais. Le récit de l’incursion de Georges Roger Clarks14 au pays d’en haut montre la complexité du conflit. Les Anglais comme les Américains eurent à s’adapter à la culture du Middle Ground pour se trouver des soutiens parmi les villages qui souvent restaient neutres ayant des frères, des amis dans chaque camp. La méconnaissance de cette culture eu des conséquences désastreuses pour la politique indienne américaine. Les colons dans leur haine mettent en place une véritable politique de meurtres contre des Indiens même pacifiques (raids contre des femmes et des enfants das les villages delawares) qui conduit à la destruction du Middle Ground. Le massacre des Indiens moraves de Gnadenhutten en 1782 symbolise l’obsession américaine d’une frontière culturelle étanche alors même que les Américains adoptent de fait les méthodes algonquiennes de la vengeance et la violence ; alors même que ceux-ci faisaient la démonstration de la perméabilité culturelle quand ils demandent des textes écrits dans les négociations avec les autorités.

La paix de 1782 « donne » le pays d’en Haut 15aux Américain.

Les confédérations

Richard White fait le constat que tant du côté américain que du côté amérindien les confédérations manquent d’unité. Dans chacun bien des différences d’origine, des divergences d’intérêt existent. Sur chaque chaque rive de l’Ohio les responsables politiques contrôlent mal les plus jeunes, un monde de vengeances réciproques résumé dans la déclaration d’Henry Knox devant le Congrès en 1787 : « Les préjugés profondément enracinés, la méchanceté de leur âme et de leur conduite, mutuellement entretenus et pratiqués par les Blancs et les Sauvages, les empêcheront à jamais de vivre en bon voisinage. Les uns défendent des terres que les autres réclament avec avidité. […] Les braises d’une guerre impitoyable sont de la sorte attisées, impliquant aussi bien les innocents et les démunis que les coupables. »16.

L’auteur replace les événements dans ce contexte, un Congrès américain faible qui incapable d’imposer son autorité sur les territoires de l’ouest les vend à l’Ohio Company dans une période de forte immigration blanche dans cette région, créant ainsi une forte tension avec les Amérindiens mais aussi vers le sud avec les Espagnols. En 1785 on compte plus de 2 200 familles de colons au nord de l’Ohio sur des terres qui leur sont pourtant interdites.

Le conflit sur l’Ohio n’est pas une simple guerre entre l’État américain et les Amérindiens, il vise aussi pour le pouvoir à contrôler mieux des colons indisciplinés. Pour comprendre le conflit l’auteur en fait un récit détaillé ainsi que de la lente négociation de paix, mettant en évidence les représentations que chaque camp se fait de l’autre et le rôle des Britanniques du Canada comme de Londres.

La politique de bienveillance

Ce dernier chapitre s’ouvre sur les conceptions de Lincoln à propos des Indiens : sans haine, ils devraient disparaître en tant que peuple chasseur. Une conception qui incarne la politique de bienveillance. L’auteur analyse la politique du traité menée par Wayne qui marque la défaite des Amérindiens, la perte de leurs territoires de l’Ohio et l’idée générale, défendue par Jefferson, de leur assimilation alors même que l’expansion toujours plus vers l’ouest est une réalité de ce début de XIXe siècle. Les Britanniques, désormais désireux de bonnes relations avec leur voisin des Grands Lacs se concentrent sur le nord du Pays d’en Haut où ils supplantent l’influence française.

Richard White propose aussi une réflexion sur les effets de changement environnementaux sur la chasse donc l’alimentation et sur la culture du Middle Ground. Cette évolution, les guerres et l’alcool ont contribué à mettre fin au Middle Ground.
L’auteur présente quelques chefs importants qui incarnent à cette période la résistance aux tentatives de faire des Indiens des fermiers.

C’est à la réflexion entre assimilation et altérité qu’est consacré l’épilogue.

Un ouvrage touffu, foisonnant qui peut dérouter mais passionner le lecteur.

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2Chroniqué pour la Cliothèque par par Dominique Chathuant en 2014 : https://clio-cr.clionautes.org/lempire-comanche.html puis par Alexis Jaoul en 2016 : https://clio-cr.clionautes.org/lempire-comanche-2.html

3Sur ces personnages voir l’ouvrage de Gilles Havard, Histoire des coureurs de bois – Amérique du Nord 1600- 1840, Paris, Les Indes Savantes, 2016, 885p.

4Par exemple celui d’Accault et d’Aramepinchieue page 147 et suivantes

5Sur ces échanges voir : Laurier Turgeon, Une histoire de la Nouvelle France – Français et Amérindiens au XVIe siècle, Belin, 2019, 286 p.

6Voir le récit de Nicolas Perrot sur un échange entre Ouataouais et Crees en 1660 cité p. 189.

Sur ce personnage voir : Jean Delisle, Interprètes au pays du castor, Québec, Presses de l’Université Laval, 2019, et Gilles Havard, L’Amérique fantôme, Flammarion, 2019, 655p.

7C’est à dire chaudrons, marmites en cuivre

8Couvertures de laines anglaises de douleur rouge, concurrentes des textiles français

9Voir notamment Gilles Havard, Empire et métissages, Indiens et Français dans le Pays d’en Haut 1660-1715, Québec, Éditions du Septentrion, 2017, 609 p.

10Titre donné au gouverneur de la Nouvelle-France par les Amérindiens. Sur ce thème voir l’ouvrage de Maxime Gohier, Onontio le médiateur – La gestion des conflits amérindiens en Nouvelle-France, 1603-1717, Québec, Éditions du Septentrion, 2008

11Expression utilisée par les Français du Canada pour désigner la région à l’ouest de Montréal jusqu’aux Grands Lacs.

12Comme décrit au chapitre 3

13Sur le vécu de ces prisonniers voir : John Demos, Une captive heureuse chez les Iroquois, Québec, Presses Universitaires Laval, 2019, 414p.

14Un spéculateur foncier au Kentucky qui haïssait les Amérindiens

15Carte des villages p.370-671

16Cité p. 675