La Cliothèque https://clio-cr.clionautes.org Recensions, critiques d'ouvrages Histoire Géographie Thu, 26 Nov 2020 23:36:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.3 Léonard de Vinci, la renaissance du monde https://clio-cr.clionautes.org/leonard-de-vinci-la-renaissance-du-monde.html https://clio-cr.clionautes.org/leonard-de-vinci-la-renaissance-du-monde.html#respond Thu, 26 Nov 2020 08:47:05 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=40129 Dans le cadre des 500 ans de Léonard de Vinci, la Bande dessinée de Marwan Kahil et Ariel Vittori dresse le portrait du peintre et de l’inventeur de génie en l’inscrivant dans son contexte historique, politique et artistique.

La collection 21g est une série de bande dessinée mettant en scène « des destins qui ont changé le monde ». Sont ainsi présentées des biographies de personnages ayant marqué l’histoire politique (Mandela, Luther King), artistique, scientifique.   L’ouvrage, complété à la fin par une présentation des œuvres apparaissant dans la Bande Dessinée, par la présentation des personnages, une bibliographie et une double page de citations est émaillé de reproductions d’oeuvres d’art de l’époque (Boticelli, Verochio et bien-sûr celles de Léonard). On peut souligner la qualité des couleurs du livre qui sont très belles et donnent un charme particulier à l’ouvrage. Les couleurs sont chaudes et évoquent élégamment les lumières toscanes et angevines

L’histoire débute en 1515

En 1515 Léonard de Vinci est prisonnier du pape à Rome qui lui reproche d’avoir disséqué une femme morte alors qu’elle était enceinte. L’ouvrage est ponctué de flash-backs historiques revenant sur la vie de l’artiste. La première partie intitulée « un garçon hors du commun » montre sa naissance sous les bons augures. L’aigle accompagne l’histoire et l’artiste tout au long de l’ouvrage, l’accompagnant dans les moments difficiles, dans les changements de vie, lui apportant aussi les présages et les nouvelles. S’y déploie à Vinci, dans un cadre préservé, l’enfance heureuse et protégée d’un « bâtard » et dont le statut lui fut renvoyé durant toute sa vie. On y voit l’émerveillement de l’enfant face à la nature, sa curiosité insatiable pour les animaux et les plantes, l’importance de son grand père et le poids d’une famille aimante. Enfin, on voit le talent de l’enfant éclore avec la magnifique représentation d’un dragon. Après la mort du grand-père, l’enfant est envoyé à Florence dans l’atelier d’Andrea del Verrochio.  A travers son regard, on y découvre le travail d’un atelier d’artiste où exercent des apprentis, des ouvriers et où l’on peint autant qu’on fond des métaux pour des statues ou pour l’orfèvrerie. Léonard y rencontre Sandro Boticelli.

La vie d’un artiste à Florence

On y voit une ville effervescente artistiquement, d’une grande beauté et où explose le talent de Léonard. Il participe à la construction du Duomo et à la mise en place du globe. On voit alors s’affirmer ses talents d’ingénieur. Cependant, dans Florence, les jalousies et tensions entre artistes et entre politiques sont nocives et influent sur le destin de Léonard, aux mains de ses mécènes. Les jeux politiques sont bien représentés et la puissance des Médicis y est forte. On y évoque la mort de Simonetta Vespucci qui a inspiré la Venus de Botticelli, l’assassinat de Julien de Médicis et l’emprisonnement de Léonard pour homosexualité. Il devient alors un paria tandis que le centre artistique se déplace à Rome depuis que les Médicis sont devenus papes. C’est d’ailleurs à la suite de ce rejet que Léonard prend la décision de partir à Milan offrir ses services à Ludovic Sforza.

A Milan « l’homme des Sforza »

Ici, les auteurs montrent le génie technique de Léonard, l’importance qu’il accorde aux machines guerrières et de divertissement. Ces pages peuvent être mises en lien avec la lettre où Léonard présente ses talents à Ludovic. On y voit aussi le peintre qui crée des portraits des maîtresses de Ludovic (Cécilia, la dame à l’hermine, Lucrezia) et qui peint la Cène dans le monastère. Cette partie évoque également les guerres internes à l’Italie, entre les Sforza, les Borgia, les Médicis et explique pourquoi Léonard est contraint de revenir à Florence. Toute sa créativité artistique et technique y est montrée par les dessins de Mona Lisa, de l’homme de Vitruve, des divines proportions.

Le voyage de Léonard vers Amboise

La quatrième partie est plus brève mais montre son installation au château du Cloux. On y voit la fin d’un artiste qui a continué à peindre, à créer des machines et la fascination qu’il inspire au roi et à son assistant Francesco qui tente de conserver son héritage.

 

Cette Bande Dessinée est un très bel ouvrage qui a toute sa place dans les CDI et dont certaines planches peuvent illustrer ou/et compléter un cours sur la Renaissance en 5ème ou en Seconde. De fait, toutes les problématiques de la Renaissance sont illustrées par la vie de Léonard dans ce livre : sortir des carcans de l’Eglise pour s’interroger sur le monde, la nature, penser par soi-même et expérimenter, créer de nouvelles techniques, de nouvelles machines, rechercher aussi l’indépendance de l’artiste malgré les pressions des mécènes, marchands d’art et politique. Il peut aussi permettre une approche interdisciplinaire avec les professeurs d’arts plastiques, d’italien et de technologie.

Beaucoup de publications dans le cadre des 500 ans :

William Augel, Le petit Léonard de Vinci, La boîte à bulles, Série« Les petits génies» dans la collection « La Malle aux images », 2020

Stéphane Levallois, Leonard 2 Vinci, coéd. Louvre éditions et Futuropolis, 2019

Nathalie Lescaille Moulène, Renaud Vigourt, Les folles machines de Léonard de Vinci, De la Martinière jeunesse

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/leonard-de-vinci-la-renaissance-du-monde.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/couverture-leonard.jpg 400 284
Nous rentrerons bientôt à la maison https://clio-cr.clionautes.org/nous-rentrerons-bientot-a-la-maison-temoignages-shoah.html https://clio-cr.clionautes.org/nous-rentrerons-bientot-a-la-maison-temoignages-shoah.html#respond Thu, 26 Nov 2020 08:23:19 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=40126 Cette BD donne vie en images aux témoignages de six enfants et adolescents juifs d’Europe centrale qui ont survécu à la Shoah et qui ont été accueillis en Suède en tant que réfugiés. Leur témoignage s’adresse à des jeunes de leur âge et a pour mission la transmission de la mémoire aux jeunes générations.

 

La Bande Dessinée intitulée Nous rentrerons bientôt à la maisone importante dans le monde de la politique, de l’art, de la science ou du sport.

Cet ouvrage aborde un sujet difficile mais de manière délicate. Les auteurs suédois Jessica Bab Bonde et Peter Bergting donnent vie en images aux témoignages de six enfants et adolescents juifs d’Europe centrale qui ont survécu à la Shoah et qui ont été accueillis en Suède en tant que réfugiés. Il s’agit de Tobias Rawet et Selma Bengtsson de Lodz, Emerich et Elisabeth, un frère et sa sœur originaires de Vinogradov, Livia Fränkel et Susanna Christensen qui ont grandi en Roumanie et en Hongrie.

Les récits sont simples, accessibles à des collégiens de 3ème et l’ouvrage conçu de manière très pédagogique avec des cartes de l’Europe centrale en 1939 qui situent les lieux évoqués, un glossaire et une chronologie de la Seconde guerre mondiale. Personnellement et ceci ne reste qu’un point de vue personnel, je n’en conseillerai pas la lecture à des enfants plus jeunes, en particulier de primaire car les sujets abordés sont difficiles et violents malgré la pudeur des récits.

La vie d’avant la guerre

Tous évoquent la situation familiale et sociale dans laquelle ils ont grandi. Livia est d’une famille de classe moyenne, elle parle beaucoup de l’importance que la radio revêtait pour sa famille. Susanna vient d’une famille pauvre, les parents de Tobias ont un magasin à Lodz. Certains racontent aussi l’importance de l’école pour eux.

La guerre

Petit à petit, leur récit raconte le début de la guerre, l’invasion par les allemands. Tobias et Selma qui habitaient à Lodz évoquent la transformation de la ville en ville allemande, l’incendie des synagogues lors de l’anniversaire de la nuit de cristal… Les enfants qui habitaient en Roumanie et en Hongrie vivent d’abord des discriminations effectuées par les voisins, la maîtresse comme dans le récit de Susanna. Livia ne peut plus aller à l’école de la commune et doit aller en internat.

Tous racontent les différentes étapes du processus d’anéantissement et d’extermination propre au génocide. Les enfants racontent comment ils ont dû quitter leur maison qui apparaît comme un cocon, un refuge et comment ils ont été ensuite regroupés dans les ghettos. Ils en montrent la dureté, la faim, les cachettes comme dans le récit de Tobias. Leurs parents ou grands parents y meurent de faim. Cette question de la faim et du manque de nourriture irrigue tous les récits. Livia raconte comment sa mère coupait le pain pour dix jours en tranches pour le garder le plus longtemps possible et déjouer ainsi le rationnement. Ils évoquent aussi les soupes dans les camps, le poids qu’il pesait à leur libération et Livia par exemple raconte comment elle cachait du pain alors qu’elle était en Suède par peur de manquer.

La déportation

L’étape suivante de la déportation dans les camps est elle aussi évoquée par les enfants. Ils racontent les longs voyages en train et leur horreur puis leur arrivée dans les camps, la vie qu’ils y mènent, la fatigue du travail éreintant, l’arbitraire et les humiliations subies. Les enfants racontent comment ils sont séparés de leurs parents, comprenant parfois qu’ils ont été gazés dans les chambres à gaz et le processus de déshumanisation : tonte des cheveux, douche, numéro. Tobias était à Ravensbrück, Livia, Emerich, Elisabeth à Auschwitz. Selma et Susanna ont travaillé dans une ferme en Autriche et dans une usine Krupp à Berlin. Emerich évoque comment il était contraint de casser des cailloux, Tobias comment il construisait une route. Emerich, Tobias, Livia racontent l’horreur des marches de la mort. Le père d’Emerich y trouve la mort, exécuté.

La Libération des camps

Elle est vécue comme une délivrance mais non comme une solution. Les enfants voient les gens mourir, n’ont souvent plus de famille (Livia, Selma, Susanna), sont livrés à eux-mêmes, errant en Europe comme Emerich qui dit « peu m’importait la destination, j’ai voyagé dans l’Europe en ruines pendant plusieurs semaines ». Il retrouve sa sœur réfugiée en Suède tardivement et il décide de la rejoindre. Tobias est le seul à retrouver son père et il rejoint la Suède où il retrouve son oncle et sa tante. Sa nouvelle vie passe par son changement de nom.

Les autres enfants sont pris en charge par la Croix-Rouge suédoise. Ils racontent le lent et progressif processus de reconstruction, l’isolement et la quarantaine (certaines ont la tuberculose), le repos dans des lieux paisibles et le retour vers une vie en paix même si comme le dit Elisabeth « elle ne s’est plus jamais sentie comme une personne à part entière ». Chaque histoire se termine avec le portrait de ce que sont devenus ces enfants : leur mariage, leur descendance, l’importance qu’ils accordent au témoignage dans les écoles auprès des enfants et à la transmission de la mémoire.

Enseigner l’histoire de la Shoah

Quelques exemples de séances en collège

sélection de BD

Guillaume Ribot, Le cahier de Susi, Sceren CNDP-CRDP, 2013

Isaac Millman, Je m’appelle Isaac et j’ai été un enfant caché, Editions du Cercil, 2012

Éric Heuvel, Ruud van der Rol Lies Schippers, Secret de famille – La quête d’Esther, Éditions Belin/ Maison Anne Franck, 2009

Aranka Siegal, Sur la tête de la chèvre, Folio Junior, 2017

Michael Morpurgo, The Mozart Question, Paris, 2015, Éditions Gallimard Jeunesse

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/nous-rentrerons-bientot-a-la-maison-temoignages-shoah.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/couverture-nous-rentrerons-bientot-a-la-maison-e1606378105580.jpg 400 284
Atlas des villes mondiales https://clio-cr.clionautes.org/atlas-des-villes-mondiales.html https://clio-cr.clionautes.org/atlas-des-villes-mondiales.html#respond Thu, 26 Nov 2020 05:30:01 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=36953 « 4,2 milliards d’habitants vivront en ville d’ici 2050 »

Comment s’organisent les villes en 2020 ? Pour répondre à cette question, la géographe Charlotte Ruggeri s’est entourée de cinq collègues (Frédérique Célérier, Marine Duc, Daniel Florentin, Léo Kloeckner et Flaminia Paddeu) et nous propose un atlas particulièrement original ayant nécessité deux années de travail.

Agrégée de géographie et enseignante en CGPE, Charlotte Ruggeri codirige la revue en ligne nommée Urbanités. Elle est spécialiste des mobilités et conflits dans les villes nord-américaines. Frédérique Célérier est agrégée de géographie, enseigne dans un lycée du Val-de-Marne et a rédigé une thèse sur les territoires du vin en France. Marine Duc est doctorante à l’université Bordeaux Montaigne et termine sa thèse sur les mobilités et migrations au Groenland. Daniel Florentin est maître-assistant en urbanisme à l’Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement et en environnement à l’Ecole des Mines de Paris. Léo Kloeckner est agrégé de géographie, enseigne dans un lycée de Seine-Saint-Denis et a rédigé une thèse sur les villes chinoises. Enfin, Flaminia Paddeu est maîtresse de conférence à l’Université Sorbonne Paris Nord et travaille sur les pratiques alimentaires et environnementales dans les villes françaises et états-uniennes. Cette jeune équipe est renforcée par la cartographe Aurélie Boissière, auteure de très nombreuses cartes pour les différents atlas chez Autrement (http://boiteacartes.fr/).

L’atlas s’organise en 4 chapitres. La première partie consiste à présenter les villes selon un découpage régional et à s’interroger sur la pertinence des modèles urbains régionaux. Le tourisme dans les villes européennes est illustré par une carte des sites parisiens les plus populaires sur Instagram entre 2010 et 2019. Les critiques envers le tourisme de masse sont ensuite mises en perspective à l’échelle européenne. La reconfiguration des acteurs dans les villes africaines est habilement présentée par l’étude du projet d’une ville nouvelle en Angola, Kilamba. Située à un vingtaine de kilomètres au sud de Luanda, la première pierre est posée en 2008, avant d’être officiellement inaugurée en 2011. Après plusieurs baisses du prix de vente des logements et un scandale politique en 2014, la population de cette ville nouvelle est estimée à 95 000 habitants en 2016. Cet exemple illustre la montée en puissance de la Chine en Afrique : dès 2008, des prêts chinois avaient été accordés pour la construction. Enfin, la double-page dédiée aux « villes circumpolaires » (pages 22-23) est particulièrement réussie et originale. « Cette urbanisation de la conquête » se caractérise par « des créations exogènes, accompagnant le front pionnier » (page 22). Le cas de Nuuk au Groenland permet de mieux saisir les mutations de ces petits pôles (vieillissement des centres urbains, crise du logement).

Le second chapitre aborde principalement la production de la ville à travers les acteurs. tandis que les deux derniers chapitres abordent la vulnérabilité (risques dont la Covid19, frontières etc.), les circuits alimentaires et les smart city. La fragmentation de la ville du Cap est particulièrement visible à travers la répartition des groupes raciaux par quartier. La transformation des townships témoigne de la différenciation progressive de l’habitat : « plus on est proche du Cap, plus les habitations sont grandes et équipées » (page 27). Le schéma de la page 27 aborde la gentrification en s’appuyant sur la thèse de Marie Chabrol. La composition d’un immeuble de type « parisien » se caractérise par le départ progressif des occupants les plus précaires en faveur d’occupants plus aisés. La production de la ville passe également à travers le développement de « l’économie de la connaissance » (page 34). Les enseignants préparant une séquence sur le thème 6 en classe de Terminale HGSSP pourront s’y reporter afin d’utiliser un planisphère présentant les lieux de l’innovation scientifique dans le monde, ou celui présentant Singapour comme un véritable « hub de l’éducation » (page 35). Rappelant un sujet de géographie hors-programme pour le concours externe de l’agrégation, la double-page 40-41 est entièrement dédiée à la nuit urbaine (émissions lumineuses, horaires et fréquences des coupures d’électricité à Rio, intensité des mobilités nocturnes à Paris de 22h à 6h). L’atlas ne se limite pas aux cartes. Le drapeau de Montréal est analysée à travers les différents symboles : la croix héraldique rappelle les origines chrétiennes, la fleur de lys pour la France, le chardon pour l’Ecosse. Depuis 2017, un pin blanc évoque également la présence ancestrale des autochtones. Signe que les temps changent !

L’atout majeur de ce nouvel atlas est de présenter des documents originaux et parfois très peu diffusés. Par exemple, pour illustrer l’habiter des villes en exil, la carte de la page 45 est une adaptation d‘un article de la Revue Urbanités sur le parcours des exilés à Berlin. Cet article est une adaptation du travail de terrain réalisé par Sophie Garcia dans le cadre d’un mémoire de master 2. Le schéma de l’article de 2017 a donc été réadapté pour en faire une véritable carte. Parmi les cartes originales, notons la présence de la ville éphémère de Burning Man dans le Nevada (page 61), les circulations des cougars en Californie (page 74) et la course-poursuite dans Mission Impossible – Fallout à travers Paris (page 81). Notons qu’une petite coquille a été repérée sur la carte de la ferme urbaine de l’Est de Nantes (« St-Luce sur Loire » au lieu de « Ste Luce sur Loire »). Un oubli anecdotique au sein d’un atlas très riche.

Source : extrait de la page 12 de « l’Atlas des villes mondiales » publié sous la direction de C. Ruggeri, Autrement, Septembre 2020

En conclusion, ce nouvel atlas chez Autrement s’avère être très plaisant à lire, présentant à la fois des thématiques classiques réactualisées et des sujets originaux. Il trouvera aisément sa place dans les CDI, aussi bien dans les collèges que les lycées. La simplicité de l’écriture permet d’en faire un véritable outil pour le traitement des programmes de lycées, notamment en Première et Terminale HGGSP. A ce titre, la lecture de certaines double-pages pourra permettre aux lycéens de rédiger des fiches de lectures pour compléter le cours dispensé en classe.

Les enseignants désirant continuer à se former de façon autonome trouveront un ouvrage clair, actualisé et relativement court. Son utilisation dans la préparation des différents concours (Capes, Agrégation) semble incontournable pour de nombreux thèmes (métropolisation, environnement, risque, alimentation, mobilités etc). Un atlas de référence pour mieux comprendre les villes en ce début de XXIe siècle !

Pour aller plus loin :

Antoine BARONNET @ Clionautes

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/atlas-des-villes-mondiales.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/09/2020-09-18-13h45-51.png 400 284
Le pangolin n’y est pour rien https://clio-cr.clionautes.org/le-pangolin-ny-est-pour-rien-coronavirus.html https://clio-cr.clionautes.org/le-pangolin-ny-est-pour-rien-coronavirus.html#respond Wed, 25 Nov 2020 19:16:37 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=40139 La situation sanitaire actuelle a révélé aux yeux du monde le pangolin, un curieux mammifère ici dépeint par Laurana Serres-Giardi et Nathalie Dieterlé dans un album jeunesse aux couleurs chatoyantes.

 

Les premières pages sont consacrées à la description  du pangolin, sa distribution sur le globe (Asie et Afrique) et son mode de vie, notamment son ingénieux système de défense (une couverture d’écailles uniformément présentée à l’ennemi lorsqu’il se met en boule).

 

S’ensuit une présentation des usages qui justifient son intense trafic (médecine parallèle, décoration et autres superstitions) et qui font du pangolin l’animal le plus braconné après les tigres, les éléphants et les rhinocéros. Si les revendeurs sont chinois et vietnamiens, les clients, eux, sont européens et américains. Et bien que l’espèce soit protégée depuis 2016, son trafic se poursuit. En parallèle, son habitat se réduit aussi sous la pression humaine comme beaucoup d’autres espèces sauvages.

 

La fin de l’album s’ouvre justement sur le transfert du coronavirus à l’homme, hypothèse dominante mais restant à confirmer, par le statut d’hôte intermédiaire au départ de la chauve-souris. En cela, le pangolin est davantage présenté comme une victime des comportements humains que comme un coupable « actif », d’où le titre du livre.

 

De quoi exposer la nécessité des associations de sauvegarde créées à son attention et légitimer les discours de prévention dans les écoles.

 

Un plaidoyer pour l’indispensable préservation de la chaine de la biodiversité, garante d’une réduction des transmissions des agents pathogènes envers l’homme.

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/le-pangolin-ny-est-pour-rien-coronavirus.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/61-lgci2vkl--sx258-bo1204203200-.jpg 400 284
Histoire-Veille éditoriale-Novembre 2020 https://clio-cr.clionautes.org/histoire-veille-editoriale-novembre-2020.html https://clio-cr.clionautes.org/histoire-veille-editoriale-novembre-2020.html#respond Wed, 25 Nov 2020 18:13:47 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=39801 Tout adhérent peut participer à cette aventure collective et à un travail collaboratif basé sur la transmission de la connaissance en demandant à recevoir un ouvrage en service de presse et en en faisant la recension sur ce site.

Rappel : Les ouvrages déjà demandés en recensions sont systématiquement barrés dans la liste. Il n’est pas nécessaire de m’écrire en pareille situation.

Bonne lecture à vous toutes et tous !

CONCOURS

Le monde de l’imprimé en Europe occidentale 1470-1680 – Capes-Agrég Histoire-Géographie, Armand Colin

Frontières – Capes-Agreg Hist/Géog Capes-Agrégation Histoire-Géographie

Population et inégalités dans le monde, Eloïse Libourel, Atlande

Frontières, Raymond Woessner (dir), Atlande

Sciences et société France et Angleterre 1680-1789, Pascal Brioist, Jean-Jacques Brioist et Tassanee Alleau, Atlande

La France et l’Afrique 1830-1962, Isabelle Surun, Atlande

Le monde de l’imprimé 1470-1680, Gérald Chaix, Atlande

Le travail en Europe occidentale 1830-1939 – documents, Florent Le Bot et Audrey Millet, Atlande

Le travail en Europe occidentale 1830-1939, Sous la direction de François Jarrige, Marion Fontaine et Nicolas Patin, Atlande

 

HISTOIRE GENERALE

LE CHEVAL DANS LA VIE QUOTIDIENNE. Bernadette LIZET. CNRS editions

L’Histoire de l’art et ses concepts. Autour de Heinrich Wölfflin, Danièle Cohn et Rémi Mermet (dir), ENS Editions 

Histoire de la musique occidentale, Brisson Élisabeth & Thiébaux Jérôme, Ellipses

Une histoire mondiale des femmes photographes, Luce Lebart et Marie Robert (dir), Textuel

Histoire vagabonde du cinéma, Vincent Amiel et José Moure, Vendémiaires

L’ART DE GUÉRIR AU FÉMININ. Essai sur le rôle des femmes dans l’histoire de la médecine, Robert Askenazi, Academia

Qu’est-ce qu’une nation ?, Pascal Ory, Gallimard

Batailles, HISTOIRE DE GRANDS MYTHES NATIONAUX, Isabelle Davion et Béatrice Heuser (dir), Belin

La fin du salut par l’image, Eric Michaud, Champs Flammarion

Bleu, histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Seuil

Vert, histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Seuil

Rouge, histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Seuil

Noir, histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Seuil

Les Aventuriers de la mémoire perdue. Léonard, Érasme, Michelet et les autres, Jean-Christophe Saladin, Belles Lettres

 

PREHISTOIRE

LA GROTTE DU LAZARET, Henry De LUMLEY, CNRS Editions


ANTIQUITE

Une histoire universelle des ruines, Alain Schnapp, Seuil

Histoire de la Rome antique. Une introduction, Pierre-Luc Brisson, Hermann

La vie quotidienne des soldats romains à l’apogée de l’empire, Yann Le Bohec, Tallandier

Le Proche-Orient, DE POMPÉE À MUHAMMAD, IER S. AV. J.-C. – VIIE S. APR. J.-C., Catherine Saliou, Belin

La première marine de guerre romaine, Yann Le Bohec, Lemme Edit

Cléopâtre. La reine sans visage, Frédéric Martinez, Passés Composés

 

MOYEN-AGE

Charles Martel, Georges Minois, Perrin

Bestiaire du Moyen Age, Michel Pastoureau, Seuil 

Le Vol dans les airs au Moyen Âge. Essai historique sur une utopie scientifique, Nicolas Weill-Parot, Les Belles Lettres

Purifier, soigner ou guérir ? Maladies et lieux religieux de la Méditerranée antique à la Normandie médiévale, Cécile Chapelain de Seréville-Niel (dir), PUR

La bibliothèque des dominicains de Toulouse, Emilie Nadal et Magali Vène (dir), PUM

François. Le message caché dans les fresques d’Assise, Chiara Frugoni, Belles Lettres

Allemagne et France au cœur du Moyen Âge, Michel Zink, Dominique Barthélémy, Rolf Grosse, Passés Composés

L’Inquisition, Marie-France Schmidt, QSJ

 

TEMPS MODERNES

Dictionnaire des philosophes français du XVIIème siècle. Acteurs et réseaux du savoir, Luc Foisneau (dir), Classiques Garnier

L’imprimé en Europe occidentale, 1470-1680, Malcolm Walsby, PUR

Déstabiliser l’État en s’attaquant aux flux. Des révoltes antifiscales au sabotage, XVIIe-XXe siècles, Sous la direction de Nicolas Patin et Dominique Pinsolle, Arbre Bleu

 À vos poubelles citoyens! Environnement urbain, salubrité publique et investissement civique (Paris, XVIe-XVIIIe siècle), NICOLAS LYON-CAEN, RAPHAËL MORERA, Champs Vallon

L’Empire de Venise et les Turcs, Poumarède Géraud, Classiques Garnier

 

REVOLUTION – EMPIRE

L’Europe au temps de Napoléon,  Jean Tulard, Cerf

Napoléon, la certitude et l’ambition, Charles-Eloi Vial, Perrin

Les guerres napoléoniennes Une histoire globale, Alexander Mikaberidze, Flammarion

Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire, Maria Pia Donato et Carole Walter, PUF

Le nombre et la raison, Patrice  Gueniffey, Cerf

Campagne d’Italie : De Nice à Leoben, autopsie de la première campagne de Napoléon, Michel Molières, Pierre de Taillac

Le périple en Espagne d’un curé en exil. Journal de l’abbé Paillaud (1792-1797),  Johan Vincent, CRVH

 

HISTOIRE CONTEMPORAINE

Guerres mondiales

Billets en guerre (1938-1948), Jean-Claude Camus, Autrement 

Simone Veil. L’aube à Birknau, David Teboul, Les Arènes 

De Gaulle, les grandes questions, François Malye, Perrin 

Infographie de la Seconde Guerre Mondiale, collectif, Perrin

Commando Kieffer, La campagne oubliée, Pays-Bas 1944-1945, Benjamin Massieu, Pierre de Taillac

Espérer pour la France, Hubert Germain, Les Belles Lettres

Billets en guerre 1938-1948, Jean-Claude Camus, Autrement

Pleurons-les Les Juifs de Paris et la commémoration de la Shoah (1944-1967), Simon Perego, Champs Vallon

Première guerre mondiale, Nicolas Beaupré, Doc Photo

Le plan Schlieffen – 2e édition, Pierre-Yves Hénin, Oeconomica  

L’HISTOIRE MÉCONNUE DU SOLDAT INCONNU, Christophe Soulard-Coutand, Ed Félin

L’État contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite, Laurent Joly, Champs Flammarion

Lettres du stalag, 1940-1945 (édition Jérôme Croyet), Gaussen

Le Fauteuil de l’officier SS, Daniel Lee, Liana Levi

Hitler et Pétain. Histoire d’une manipulation, François Delpla, Nouveau Monde

Histoire de la Résistance en France, Jean-François Muracciole, QSJ

Vingt intellectuels sous l’Occupation. Des résistants aux collabos, Laurent Wetzel, Ed. Rocher

Le Cahier de Mulsanne, prisonniers de guerre allemands en France, 1945-1947, Jean-)Jacques  Fontaine, Ysec

Journal d’une pétainiste (Vercors, janvier 1944 – mai 1945). Le Revers de la médaille, Philippe Laborie, PUG


France

Une histoire sociale de l’industrie en France. Du choléra à la grande crise (années 1830 – années 1930), Pierre Judet,  PUG

Histoire et relations internationales, Laurence Badel, Ed. Sorbonne

LA FRANCE ET L’INDÉPENDANCE DE LA GRÈCE (1821-1829) ou le romantisme dans les relations internationales, Antoine Roquette, Ed. félin

JUILLET 1893. Le mai 68 de la IIIe République, Bernard Hauteclocque, Ed. félin 

Joseph Kabris ou les possibilités d’une vie. 1780-1822, Christophe Granger, Anamosa 

Lamartine, un poète en politique, Daniel de Montplaisir, Tallandier

PARIS CAPITALE DE L’EUROPE, 1814-1852, Philip Mansel, Perrin 

L’asile et l’exil. Une histoire de la distinction réfugiés/migrants, Karen AKOKA, La Découverte 

Simone de Beauvoir, l’existence comme un roman, Delphine Nicolas-Pierre, Classiques Garnier

André Honnorat : un visionnaire en politique, Guillaume Tronchet, Hémisphères éditions

BAKER, Marie Canet, Editions François Bourin

La guerre de 1870, témoignages écrits et imagerie populaire, Fabienne Henryot, Philippe Martin, Hémisphères Editions

Une autre histoire du théâtre. Discours de crise et pratiques spectaculaires – France, XVIIIe-XXIe siècle, Pascale Goetschel, CNRS Editions

Histoire de la politesse. De 1789 à nos jours, Frédéric  Rouvillois, Champs Flammarion

Le Fantôme du cinéma français. Gloire et chute de Bernard Natan, Philippe Durant, Manufacture des livres

Canut, qui es-tu ? Virginie et Philibert Varenne, Editions Libel

De Gaulle l’album inattendu, Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, Ed. Observatoire

Politiques du désordre. La police des manifestations en France, Olivier Fillieule et Fabien Jobard, Seuil

 

Europe

Le siècle d’or de l’Espagne (2 tomes),  Michèle Escamilla, Texto

Une nouvelle histoire de l’Allemagne, Marie-Bénédicte Vincent, Perrin 

Vivre dans la Russie de Lénine, Jean-Jacques Marie, Vendémiaires 

Les métamorphoses du travail contraint. Une histoire globale XVIIIe-XIXe siècles, Alessandro Staziani, Presses Sciences Po

Sauver les enfants, sauver l’Arménie. La contribution du pasteur Antony Kraft-Bonnard (1919-1945), Roman, Pascal, Nigolian, Sisvan, Antipodes 

Souvenirs et mémoires, Général Broussilov, Editions de Syrtes

Martin Bormann, homme de confiance d’Hitler, François Delpla, Nouveau Monde

Le travail en Europe occidentale 1830-1939, Sous la direction de François Jarrige, Marion Fontaine et Nicolas Patin, Atlande

Le monde de l’imprimé 1470-1680, Gérald Chaix, Atlande

Majesty, R. Green, Ouest France

Histoire de la Grande-Bretagne, Jean-François Dunyach, QSJ

Retour sur la fin de la guerre froide et la réunification allemande, Nicolas Dufourcq, Odile Jacob

 

Amérique

Une terre promise. Mémoires Tome 1, Barack Obama, Fayard 

Chronique d’une insurrection appréhendée. Jeunesse et crise d’Octobre, Eric Bédard, Septentrion

Montréal et la bombe, Gilles Sabourin, Septentrion

La Floride Cœur révélateur des États-Unis, Timothy Allman, Classiques Garnier

Le nouveau monde (1497-1504), Amerigo Vespucci, Chandeigne

Mouvements ouvriers, partis politiques et luttes populaires aux États-Unis. 1938-2018, Serge Denis, PUL

 » Changer le système de la guerre  » : le siège en Nouvelle-France, 1755-1760, Michel Thévenin, PUL

Lire et écrire chez les Amérindiens de Nouvelle-France, Paul-André Dubois, PUL

Black ops. Les opérations militaires secrètes de 1914 à nos jours, Nigel West, EPA

Histoire du Canada, Paul-André Linteau, QSJ

Histoire des Etats-Unis, François Durpaire, QSJ

 

Proche et Moyen Orient

ALI, LE SECRET BIEN GARDÉ, Mohammad-Ali AMIR-MOEZZI, CNRS Editions

Juifs et musulmans en Egypte, des origines à nos jours, Michael Laskier, Tallandier

Arabie Saoudite. Des origines au XXIe siècle, Jacques Bourgeois, Jocelyn Béjuis, Édouard Paul, Hémisphères éditions


Asie

Les Vagabonds et la dette. L’éducation au Cambodge en milieu rural, Steven Prigent, Les Indes Savantes 

Piraterie, commerce et politique (Asie du Sud-Est VIIe-XIXe siècle), Frédéric Mantienne, Les Indes Savantes 

L’Esprit de plaisir. Une histoire de la sexualité et de l’érotisme au Japon (17e-20e siècle), Pierre-François Souyri, Philippe Pons, Payot


Afrique

Islam, réforme et colonisation Une histoire de l’ibadisme en Algérie (1882-1962) Augustin Jomier PU sorbonne 

L’éveil des Parlements africains, Nayé Anna Bathily, Karthala

Convertir l’empereur? Journal du missionnaire et médecin Georges-Louis Liengme, Morier-Genoud, Éric, Antipodes

Gouvernance et luttes d’influences politiques au Sénégal (1960-2000), Mohamed Lamine Manga, Hermann

 

HISTOIRE du TEMPS PRESENT – Géopolitique

L’action extérieure de la France Entre ambition et réalisme, Sous la direction de Georges-Henri Soutou, PUF 

INTER-SOCIALITÉS, Le monde n’est plus géopolitique, Bertrand BADIE, CNRS Editions

L’asile et l’exil Une histoire de la distinction réfugiés/migrants, Karen Akoka, La Découverte

Les damnées de la mer. Femmes et frontières en Méditerranée, Camille Schmoll, La Découverte

Géopolitique des frontières. Découper la terre, imposer une vision du monde, Anne-Laure Amilhat Szary, Cavalier Bleu

Monde(s) – N° 18 Décentrer la Guerre froide, PUR

La Lune est claire. La Légion étrangère au combat, 2008-2018, Belles Lettres

 

EMC

Éducation et citoyenneté. Regards croisés entre chercheurs et praticiens, Véronique Rouyer, Ania Beaumatin et Bruno Fondeville, De Boeck

 

ÉDUCATION – ENSEIGNEMENT

Des filles chez les garçons. L’apprentissage de la mixité, Geneviève Pezeu, Vendémiaires (novembre)

Les profs aussi sont harcelés, Isabelle Le Foll-Remoué, JC Lattès

Éducation et territoire : inégalités ou diversité ?, Ariane Azéma, Pierre Champollion, Dominique Coursodon, Leila Frouillou, Magali Hardouin, Christine Lauer, ENS Editions

Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, Jean-Pierre Obin, Hermann

 

ROMANS historiques

La sainte entreprise, Pascale Cornuel, Alma

Lev Yachine. Un roman soviétique, Laurent Lasne, Arbre Bleu

Moi, Eva Braun…, Chloé Dubreuil, Lemme Edit

Années Pieds Noirs, Jean-Pierre Millecam, Ovadia

 

PS : La Cliothèque – Le service de presse des Clionautes

Pour participer à cette aventure collective et à un travail collaboratif basé sur la transmission de la connaissance voici les grandes lignes

Être adhérent des clionautes permet de faire vivre l’ensemble des activités de l’association et d’en garantir l’indépendance

Après avoir choisi un ouvrage, envoyer la demande à geoffrey.marechal-at-clionautes.org. Remplacer _-et-par @ en copier coller assortie de l’adresse personnelle pour l’envoi du livre, du téléphone fixe perso (Obligatoire) et portable (éventuellement), et lieu d’exercice, maison de retraite pour les retraités ??

Dans l’objet du message mettre simplement DR + titre pour faciliter le classement et le traitement des demandes.

Dès la demande effectuée vous en recevez une copie, conservez là

Attendre patiemment que l’ouvrage arrive. Me prévenir quand il est arrivé

Prévenir quand il n’est pas arrivé sous 15 jours ouvrables pour que je relance

Lire le livre et fournir un compte rendu dans un délai de huit semaines à envoyer pour relecture ou à saisir.

Me tenir informée en cas de difficultés particulières… Répondre aux mails qui vous sont envoyés – Merci.

On pourra s’inspirer avec profit des compte-rendus déjà publiés

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/histoire-veille-editoriale-novembre-2020.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/livre.jpg 400 284
La désobéissance d’Andreas Kuppler https://clio-cr.clionautes.org/la-desobeissance-dandreas-kuppler.html https://clio-cr.clionautes.org/la-desobeissance-dandreas-kuppler.html#respond Wed, 25 Nov 2020 16:33:09 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=39999 En 1936, un journaliste allemand, Andreas Kuppler, est envoyé couvrir les jeux olympiques d’hiver organisés par le IIIe Reich à Garmisch-Partenkirchen.  Dès 1934, suivant les injonctions de son patron de presse, il avait pris sa carte au NSDAP afin de pouvoir suivre les compétitions sportives, tout en étant conscient qu’ « il s’agissait d’une vaste opération de communication, une vitrine pour le régime » (p.10). Lors des JO, il découvre la compagnie de journalistes américains, le jazz, les cocktails et … Susanna Rosenberg.

Voilà le point de départ de la bande dessinée écrite à plusieurs mains parue chez Delcourt / Mirages en cette fin d’année 2020 : la désobéissance d’Andreas Kuppler. Eric Corbeyran adapte le roman du même nom de Michel Goujon, Manuel Garcia dessine et Degreff y apporte sa touche de couleurs. La Cliothèque avait déjà recensé d’excellentes bandes dessinées de Corbeyran comme celles abordant le monde viticole ou la première guerre mondiale.

 

Une BD sur la résistance allemande

La résistance allemande est surtout connue en France par l’opération Walkyrie ou par les actions des étudiants de la Rose Blanche car l’action de Sophie et Hans Scholl est présentée dans divers ouvrages de littérature (jeunesse surtout). La désobéissance d’Andreas Kuppler aborde la résistance allemande en se démarquant d’une lecture française de la résistance. Andreas n’est pas un espion, n’est pas un saboteur, n’est pas un résistant actif, n’est pas un héros. C’est un homme qui lutte « contre une effroyable maladie : le nazisme.  Des bactéries très agressives avaient attaqué son cerveau. Elles s’y étaient enkystées, altérant ses capacités de jugement et sa volonté. Contre toute attente, il avait résisté » (page 39).

désobéissance goujon résistance
Page 38

A l’instar des personnages de l’ultime roman de Hans Fallada, Seul dans Berlin (1947), Andreas tente de s’extirper de l’endoctrinement national-socialiste et de sa machine à broyer. On suit ainsi le cheminement intérieur d’Andreas : que signifie désobéir à l’état quand on vit en Allemagne nazie ? prendre sa carte du parti est-ce adhérer aux valeurs du parti ? apprécier les morceaux de Félix Mendelssohn est-ce du courage ? doit-on s’exécuter à faire le salut hitlérien ? L’ouvrage permet ainsi d’aborder une résistance qui n’est pas « en action » mais une résistance intime,  au « ras du sol » ou plutôt « au ras des émotions » du personnage.

Un roman graphique

L’adaptation du roman de Michel Goujon par Corbeyran, Garcia, Degreff s’apparente à un roman graphique. Divisée en trois parties, cette bande dessinée possède des vignettes de taille variable en fonction de l’intensité de la narration.

Les vignettes s’effacent, laissant place à des pages entières pour mieux représenter l’espace. Ainsi, page 26, un immense autodafé, page 30, c’est Berlin noyée sous les drapeaux nazis, page 39 une vue sur les Alpes pour évoquer les jeux d’hiver à Garmisch-Partenkinchen.

autodafé désobéissance goujon
Page 25

Une BD pour lycéens et adultes

Plusieurs thèmes sont abordés dans cette BD : la brutalisation liée à la première guerre mondiale, le culte du chef, l’endoctrinement, la terreur, la place de femme dans la société nationale-socialiste… La BD ne se focalise pas uniquement sur le personnage central, d’autres personnages secondaires suivent un itinéraire intérieur très intéressant. Tous ces éléments réunis font de cet ouvrage une bande dessinée réussie, qui conviendra non seulement à des lycéens (tronc commun en terminale) mais également à tous les Clionautes.

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/la-desobeissance-dandreas-kuppler.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/9782413026310-001-x.jpeg 400 284
Enseigner l’histoire-géographie : mise en œuvre des programmes de terminale https://clio-cr.clionautes.org/enseigner-lhistoire-geographie-mise-en-oeuvre-des-programmes-de-terminale.html https://clio-cr.clionautes.org/enseigner-lhistoire-geographie-mise-en-oeuvre-des-programmes-de-terminale.html#respond Wed, 25 Nov 2020 07:04:23 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=40061 Enseigner l’histoire-géographie en terminale ? Cet ouvrage, fruit d’un travail collectif de professeurs de lycée qui permet de couvrir l’intégralité du programme de terminale générale, peut y aider. Les auteurs précisent que leur but est de « donner des outils afin d’aider chaque professeur à déployer son expertise professionnelle ». En ce sens le projet est parfaitement mené.

Les fondements théoriques

Dans cette partie, les auteurs présentent d’abord les grands éléments de structuration du programme autour des capacités et méthodes notamment. Ensuite, il y a un point synthétique sur la logique des points de passage et d’ouverture avant de souligner quelques points saillants du programme, comme la nécessité d’articuler les échelles d’analyse ou évidemment de problématiser. On trouve aussi une présentation globale sur la géographie qui insiste, par exemple, sur le fait que l’approche sur la mondialisation est résolument territoriale. Les auteurs reviennent également sur la place à accorder à la France. La partie se termine par un point sur la question de l’évaluation d’un enseignement de tronc commun ainsi que sur le travail nécessaire sur l’oral.

Une organisation claire et structurée

La présentation s’organise ainsi : une mise au point scientifique rapide avec un fil conducteur, les principaux éléments de problématique, des ressources ainsi qu’un descriptif des notions et capacités de la séquence. Ensuite on trouve un découpage heure par heure avec une question fil-conducteur, des propositions de supports puis un descriptif-déroulé de la séance. Pour certaines des ressources, il faut cliquer sur les liens pour y accéder. On trouve également des propositions qui peuvent être réalisées à la maison par les élèves. L’ouvrage donne aussi des pistes pour travailler les PPO, un des éléments nouveaux pour enseigner en terminale l’Histoire géographie. C’est donc un ouvrage rassurant pour qui ne se sent pas sûr sur tel ou tel chapitre ou aspect d’une question. Après chaque thème, on trouve une page « Vers le baccalauréat » qui présente un entraînement sous forme d’exercice.

Des élèves actifs

On apprécie la diversité des propositions avec, par exemple, pour le chapitre 1 d’histoire un tableau de synthèse sur les sorties de crise dans les années 30. Dans le chapitre sur les régimes totalitaires, les élèves travaillent en binômes pour élaborer une consigne d’analyse de document de type évaluation commune. Pour la séance sur « La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire » les auteurs proposent un dispositif qui permet de travailler l’oral de façon originale. Les élèves ont des thèses à défendre lors de courts débats à quatre.

Didactique pour enseigner

Ainsi, autour de l’année 1945, les quatre variantes sont « Les Alliés dominent le monde », « Les Alliés ne dominent pas le monde » «  Le monde créé après 1945 est un monde nouveau » et «  Le monde créé après 1945 reprend des éléments anciens ». Pour les attentats du 11 septembre 2001, la proposition pédagogique met l’accent sur le fait de faire réfléchir les élèves à ce qu’est un évènement en s’appuyant sur des critères énoncés par Michel Winock dans un article de 2002. Dans la séance proposée sur la laïcité, on aurait pu envisager la mention d’un lien avec le programme d’Enseignement moral et civique. 

Un exemple de séquence pédagogique en histoire

Le choix a été fait de présenter en détails un exemple car l’ensemble du programme est couvert. Le deuxième thème « La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire » est découpé pour un total théorique de 12 heures là où Eduscol indique de 13 à 15 heures. Il a été fait le choix ici de consacrer trois heures à « l’année 1968 dans le monde : évolutions des sociétés et nouvelle donne géopolitique ». Dans un premier temps la classe est organisée en groupes d’élèves visionnant chacun une des trois vidéos mise à disposition par le professeur pour enseigner l’Histoire géographie en terminale.

Chaque groupe identifie les formes, les acteurs et des éléments de chronologie notamment. Les groupes sont ensuite reconfigurés avec des élèves ayant travaillé sur des vidéos  différentes et chaque élève explique aux autres ce qu’il a préparé. C’est l’occasion également de mettre en relation ces contestations avec la logique bipolaire. Les élèves disposent d’un schéma fléché pour les aider à la prise de notes sur cette partie. Enfin, dans un dernier temps, le professeur met en évidence les autres facteurs de contestation.  Les élèves doivent répondre à la question : « L’année 1968 marque-t-elle la fin d’une époque ? ».

Ils disposent pour cela de l’ensemble du travail préparatoire et on aboutit à l’idée que, plus qu’une révolution mondiale, l’année 1968 marque une rupture dans l’adhésion aux modèles proposés dans de nombreuses sociétés. 

Un exemple de séquence pédagogique en géographie

Le même choix d’organisation a été fait en géographie. Pour la séquence 1 « Mers et océans vecteurs essentiels de la mondialisation » du thème 1 « Mers et océans au cœur de la mondialisation », les auteurs proposent une approche en trois temps. La première séance s’intéresse à la mer de Chine méridionale comme étude de cas, suivie d’une sur « Mers et océans : un nouvel eldorado de ressources ? », et enfin « En quoi mers et océans sont-ils au cœur d’échanges mondialisés ? ». La séquence 2 porte sur «  Mers et océans : entre appropriation, protection et liberté de circulation » et se déroule sur trois heures. La troisième et dernière séquence est centrée sur la France et s’interroge pour savoir s’il s’agit d’une puissance maritime, avec également un volume de 3 heures prévues pour enseigner l’Histoire géographie en terminale 

L’ensemble dure donc 10 heures, évaluation non comprise là où Eduscol conseille de 13 à 15 heures. Cela peut donc permettre à l’enseignant de gérer le temps s’il déborde sur une séance type prévue en une heure. Parmi les activités proposées, on relève un travail sur le croquis et un zoom sur le port de Singapour. Des activités autour de vidéos courtes et ciblées sont également proposées comme celle avec « Le dessous des cartes ». Les fils conducteurs sont clairs et peuvent se révéler très utiles là aussi si on ne se sent pas assuré sur le sujet. 

Cet ouvrage peut donc être une aide précieuse pour enseigner le nouveau programme de terminale. On apprécie notamment le fait de donner des repères clairs qui peuvent permettre ensuite à chacun de construire ses propres séances pour enseigner en terminale l’Histoire géographie

Jean-Pierre Costille pour les Clionautes

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/enseigner-lhistoire-geographie-mise-en-oeuvre-des-programmes-de-terminale.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/vignette-vignette-n-26900-53324.jpg 400 284
Et si on redessinait le monde ? https://clio-cr.clionautes.org/et-si-on-redessinait-le-monde.html https://clio-cr.clionautes.org/et-si-on-redessinait-le-monde.html#respond Wed, 25 Nov 2020 05:34:20 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=39412 Rue du Monde livre en cet automne morose un très bel album poétique, une invitation au voyage et au rêve. L’écrivain Daniel Picouly s’associe à l’illustratrice Nathalie Novi pour redessiner le monde.

La première édition date de 2015. Cette nouvelle édition offre de nouveaux textes, de nouvelles illustrations à côté des anciens, une couverture réinventée.

Leur choix : associer un poème « Moi, si je pouvais redessiner le monde… et une illustration pleine page sur un fond de carte de géographie issue d’un vieil atlas où Nathalie Novi superpose un dessin coloré qui transporte le lecteur dans un univers en écho au poème : le pique-nique alpestre, le violoneux tzigane, la jeune écolière de Harlem, la cavalière mongole…

Le moi est celui d’un enfant qui invite dans son rêve d’un monde meilleur : embarquer sur les mers clandestines, rencontrer l’ours blanc, manger à satiété … dans le respect des autres, de la nature. Daniel Picouly s’adresse aussi à l’enfant : « Quand tu émergeras de ce rêve bousculé […] Tu as tous les droits, enfant. »

Ce livre avait reçu, en 2014, le prix Amerigo VESPUCCI jeunesse au FIG de Saint Dié.

Et si on redessinait le monde ? est un album sensible, un beau cadeau ouvert sur le monde pour jeunes lecteurs confinés.

Si on redessinait le monde recension de la première édition de 2015

Par Thibaut Villemin

Le monde de demain par des poètes engagés

Couverture du vre Et si on redessinait le monde ? edition 2015Finir de préparer son cours sur la ville de demain en 6e et ouvrir ce sublime livre « et si on redessinait le monde » et si dire que l’on a oublié une dimension dans son cours : la poésie ! Car c’est un vrai voyage poétique que nous proposent les textes de Daniel PICOULY et les dessins de Nathalie NOVI ( née en Meuse, note chauvine du rédacteur).

Ce grand livre est une succession de double pages avec d’un coté des dessins plein de couleurs, d’espoir sur fond de cartes de vieux atlas et en face le texte «  Moi, si je pouvais redessiner le monde …. »Et n’allez pas croire que c’est un poème à l’eau de rose, une suite de bons sentiments dégoulinant de bonheur guimauve, non, car à chacun des rêves, un paragraphe rappelle une réalité sévère « Bien sur, on me dira que … » mais d’un « Pas moi » que l’on semble entendre tonitruant, l’auteur réaffirme son espoir et son engagement pour son monde plus beau, plus vivant.

Et un détail : les dessins sont nés d’abord, Nathalie NOVI a fait les dessins «  se laissant porter par le vent d’un monde imaginé » et c’est seulement ensuite que Daniel PICOULY y a mis ses textes. Allez, laissez vous porter par ce vent,

illustration du livre Et si on redessinait le monde ?

A confronter à des regards d’élèves et pourquoi pas proposer de rédiger d’autres textes, d’autres dessins. A offrir autour de soi.

NB : Ce livre a reçu le prix Amerigo VESPUCCI jeunesse au FIG de Saint Dié

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/et-si-on-redessinait-le-monde.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/1540-1.jpg 400 284
Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme https://clio-cr.clionautes.org/pourquoi-les-femmes-ont-une-meilleure-vie-sexuelle-sous-le-socialisme.html https://clio-cr.clionautes.org/pourquoi-les-femmes-ont-une-meilleure-vie-sexuelle-sous-le-socialisme.html#respond Tue, 24 Nov 2020 07:57:28 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=39980 En cette année 2020 les éditions Lux publient la traduction du premier ouvrage de l’anthropologue Kristen Ghodsee. Spécialisée dans les études de genre, notamment en Europe de l’Est et dans l’ancien bloc soviétique, Madame Ghodsee offre ici un plaidoyer sur la place des femmes sous le socialisme. La thèse principale pourrait presque se résumer à la première ligne de la quatrième de couverture.

« Le capitalisme nuit gravement. Surtout aux femmes »

A l’inverse, à une époque où les nouvelles générations d’électeurs étasuniens semblent plébisciter bien davantage les discours « socialistes » que leurs ainés, l’ouvrage de Kristen Ghodsee milite activement pour la reconnaissance ou la défense, selon les traditions politiques des territoires où cet ouvrage sera publié, d’un héritage socialisant, plus à même d’offrir aux femmes les outils de leur propre émancipation. 

Dès l’introduction Kristen Ghodsee énumère les inégalités et les différences que subissent les femmes dans le monde professionnel. Si les pays de l’Ouest ont cherché activement à contrer l’avance technologique prise par l’URSS dans les années 1950 en développant une législation et des politiques publiques favorables aux femmes (NDEA en 1958, décret 10980 créant la commission présidentielle sur le statut des femmes sous la présidence Kennedy), la fin de la Guerre Froide a mis fin à cette course pour l’élévation sociale des femmes dans bon nombre de pays (cela coïncide avec la présidence Reagan aux Etats-Unis d’Amérique), tout du moins ceux qui n’ont pas conservé, ce que Kristen Ghodsee nomme « la tradition sociale-démocrate », notamment dans les pays scandinaves que l’auteur cite à de nombreuses reprises.

Pour autant Kirsten Ghodsee appelle dès les premières pages à faire un bilan complet de l’époque et ne structure pas son ouvrage comme une réhabilitation du régime soviétique : 

« Reconnaitre ce qu’il y avait de mauvais n’implique pas de nier ce qu’il y avait de bon. »Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme, Lux, 2020, page 49

Travail : les femmes sont comme les hommes, mais elles coûtent moins cher.

Evoquant dans les toutes premières pages de ce chapitre un souvenir particulièrement glaçant concernant une de ses amies, subissant un chantage sexuel de la part de son époux, Kristen Ghodsee aborde dans ce premier chapitre la dépendance économique que subissent de nombreuses femmes. La raison réside selon l’auteur dans le marché libre qui « pénalise les femmes »Ibid, page 66. Moins considérées et donc moins bien payées, la plupart des femmes subissent depuis la Révolution Industrielle et le développement du travail salarié, une discrimination importante. Les sociétés capitalistes ont renforcé la division du travail selon une logique favorable aux hommes, mieux rémunérés, et défavorisant les femmes, reléguées à des emplois moins bien payés, voire pas du toutEvoquons les tâches ménagères ou encore l’éducation des enfants..

Les distinctions héritées du XIXème siècle perdurent encore de nos jours. Ainsi Kristen Ghodsee évoque l’exemple de l’emploi de serveur dans la restauration. Si l’on rencontre une écrasante majorité de femmes dans les emplois de serveuses dans les diners, elles sont bien moins nombreuses dans les restaurants gastronomiques : « On paie un supplément pour que notre dîner soit servi par un homme, parce que l’on considère que ce service rare vaut plus cher »Ibid, page 69. A cette distinction genrée doit s’ajouter les inégalités raciales. Les femmes afro-américaines ou hispaniques étant bien plus durement frappées par ces discriminations que les blanches. Kristen Ghodsee plaide ainsi pour une lecture intersectionnelle des inégalités de revenus. 

Les différences entres les pays socialistes et capitalistes en termes d’emploi des femmes sont considérables. Ainsi, si en 1950 les femmes représentaient plus de 50% de la population active en URSS (51.8% très exactement), elles représentaient 28.3% de cette même population active en Amérique du NordIbid, page 74. Les systèmes socialistes ont ainsi su défendre et promouvoir une culture acceptant le travail des femmes. Dans les dernières pages de ce chapitre l’auteur fait un état des lieux des solutions envisageables pour promouvoir et défendre une meilleure égalité professionnelle, notamment aux Etats-Unis d’Amérique.

Kristen Ghodsee prend en exemple les Etats « sociaux-démocrates » de Scandinavie qui ont préservé un fort secteur public qui est largement occupé par des femmes. L’une des autres solutions envisagées par l’auteur est la garantie d’emploi en dernier recours assuré par l’Etat voire la mise en place d’un Revenu Universel afin de compenser les « craintes de l’automatisation » Ibid, page 83. 

La maternité : attendre un enfant et s’attendre à être exploitée

A l’identique  du chapitre précédent, Kristen Ghodsee évoque le souvenir d’un camarade ayant insisté pour faire engager dans son entreprise à un poste de haute responsabilité une femme brillante, poste qu’elle a dû abandonner à la suite de sa première grossesse, ne parvenant pas à gérer les deux « carrières » de front. Ce phénomène largement reconnu (on parle de « discrimination statistique »Ibid, page 90), est lié à la biologie et aux représentations sociales afférentes  que l’auteur réunit sous l’appellation de « patriarcat ». Cette construction genrée perdure et explique les grandes difficultés rencontrées par les femmes dans le monde du travail dans les sociétés capitalistes pour Madame Ghodsee. 

A l’inverse Kristen Ghodsee rappelle le combat très anciens des mouvements socialistes en faveur d’une émancipation des femmes et notamment sur la question de la maternité : dès 1897 Lili Braun prônait en Allemagne le développement d’une assurance maternitéIbid, page 96. Ces préoccupations seront reprises au début du XXème siècle (le programme socialiste de 1910 prévoit la mise en place d’un congé maternité huit semaines) et jusqu’en URSS sous la direction d’Alexandra Kollontaï avant que les impératifs économiques n’amènent les autorités soviétiques à revenir sur les grands projets engagés (notamment sur le développement d’un vaste réseau de jardins d’enfants et de foyers).

D’autres Etats du bloc de l’Est développeront des politiques natalistes et favorables à l’emploi des femmes, notamment en leur assurant des congés maternités conséquents (18 semaines en Tchécoslovaquie en 1956, promotion d’une vision de la famille moins genrée avec des hommes au foyer) Au delà des pays soviétiques les Etats sociaux-démocrates ont repris les idées de Braun en les développant. A l’image du Danemark dès 1901 jusquà la Suède qui institue en 1963 un congé maternité de 180 jours rémunérés à hauteur de 80% du salaire et avec l’assurance de retrouver son emploi. 

Pour Kristen Ghodsee la politique prioritaire est le développement dans les Etats capitalistes d’un vaste programme de garderies de qualité et abordables afin de faciliter le retour au travail et mettre fin au dilemme éternel que rencontrent les femmes : avoir des enfants mais prendre en faisant cela le risque de ne pas retrouver d’emploi, ou avec un salaire dérisoire en raison des coûts exorbitants de la garde des enfants (l’auteur évoque une amie universitaire qui gagnait, une fois déduits les coûts de la garderie et des assurances en question, moins d’un dollar par mois).

Le rôle néfaste de l’économie de marché sur la question de la maternité transparait pour Kristen Ghodsee dans l’effondrement du taux de natalité dans les pays de l’ancien bloc soviétique, rapidement entrés dans l’économie libéralisée à coups de thérapies de choc. Ainsi 16 des 20 pays devant connaitre le plus fort déclin démographique d’ici 2030 sont d’anciens pays du bloc communisteIbid, page 114. Afin de résoudre cette problématique les dernières pages du chapitre reviennent sur les solutions envisageables, notamment dans les pays anglo-saxons et  en premier lieu les Etats-Unis d’Amérique : investissement public, législation réévaluée. 

Leadership : s’habiller en Prada ne suffit pas

A partir d’une anecdote personnelle sur les clubs de Modélisation des Nations Unies, où l’auteure espérait un jour être la représentante d’une nation membre permanent du conseil de sécurité, en l’occurence l’URSS, Kristen Ghodsee aborde dans ce troisième chapitre la question de l’intégration et de la place des femmes dans les sphères de direction, que cela soient dans les domaines privé et public. Les grandes inégalités sexuelles en ce domaine sont connues et particulièrement prégnantes aux Etats-Unis d’Amérique : en 2019 24% des membres du Congrès étaient des femmes, contre 48% en Islande en 2015 (championne en Occident)Ibid, page 130. En ce domaine les pays socialistes et de l’ancien bloc soviétique ont davantage investi dans une meilleure représentation des femmes à un haut niveau de direction. 

En effet les combats féministes en ce sens remontent aux premiers mouvements socialistes au XIXème siècle,. Citons les saint-simoniens et Charles Fourier en tête en France. Ces combats se sont structurés idéologiquement autour des travaux d’August Bebel et d’EngelsIbid, page 134. C’est le passage à une civilisation agricole, basée sur l’accumulation et le besoin de main d’oeuvre, que les structures patriarcales se seraient développées : « les corps des femmes sont devenues des machines à fabriquer des travailleurs »Ibid, page 135. Cet élan révolutionnaire et émancipateur se concrétisera lors des révolutions russes de 1917, via la figure centrale d’Alexandra Kollontaï, fondatrice du Genotdel (organisation féminine soviétique).

Peu à peu les femmes gagnent toutes les sphères de la société, notamment les corps armées (l’historienne Anna Krylova étant une référence sur ces questions). La figure de la femme résistante au nazisme s’impose dans l’imaginaire du bloc soviétique, avec de nombreuses figures héroïques (Elena Lagadinova, Vida Tomsic). Dans l’après-guerre cette mise en valeur culminera en la personne de Valentina Terechkova, première cosmonaute et représentante de l’URSS lors des trois conférences de l’ONU sur le droit des femmes.

Pour autant Kritsen Ghodsee appelle à modérer la comparaison et l’analyse. Si les femmes ont gagné de nombreuses sphères, peu d’entre-elles se sont aventurées en politique (en 1990 seules deux femmes avaient été membres titulaires du politburo). Plus largement les stéréotypes genrés n’ont pas disparu et la division sexuelle des tâches, ici politiques, est demeurée prégnante.

Si les femmes ne s’engageaient que peu en politique, l’on ne peut pas en dire autant dans les domaines scientifiques et économiques. Kristen Ghodsee le rappelle d’ailleurs : 8 des 10 pays européens comptant le plus de femmes dans les domaines des hautes technologies sont issus du bloc soviétiqueIbid, page 144.

Pour Kristen Ghodsee l’action majeure à développer est la politique des quotas. Mise en place dans de nombreux pays, elle se révèle particulièrement efficace. Celle-ci permet de briser le manque de visibilité et d’identification qui nuit à la reconnaissance des femmes dans des milieux où elles ne sont pas spontanément évoquées. Ces politiques, pour être pleinement efficaces aux Etats-Unis d’Amérique, doivent néanmoins se garder, pour l’auteure, de reproduire une logique raciale qui bénéficierait uniquement aux « femmes blanches et riches ». Il en va de même autour des clichés de la femme ambitieuse et laide.

A ce sujet Kristen Ghodsee rappelle combien les médias de part et d’autres du mur exaltaient les vertus physiques des femmes :Les médias étasuniens représentaient les femmes du bloc soviétique comme laides et grosses, là où les médias soviétiques exaltaient la jeunesse et la beauté des héroïnes communistes, Valentina Terechkova en tête.

Le capitalisme au lit. Sexe : à chacune selon ses besoins

Les chapitres 4 et 5 traitant la question sexuelle sous ses diverses aspects, nous les aborderons de concert. Les deux chapitres s’ouvrent sur une anecdote personnelle tragique au sujet d’un ami très proche de l’auteure, prénommé Ken, qui fut toute sa vie un séducteur usant de son pouvoir social pour obtenir des faveurs et la sympathie des femmes. Son mariage avec une expatriée fut un échec lorsque celle-ci, carte verte en sa possession, demanda le divorce. Le meilleur ami de Khristen Ghodsee remit fortement en question son rapport aux femmes et les liens qu’il établissait entre sexe et pouvoir. Ce nouvel horizon veut néanmoins brutalement brisé le 11 septembre 2001.

Kristen Ghodsee revient longuement au cours des deux chapitres sur les travaux de Baumeister et Vohs et notamment leur théorie économique du sexe. Développée en 2004, celle-ci postule que l’amour et le romantisme sont des vernis civilisationnels reposant sur une transaction simple : les hommes marchandent des ressources monétaires et non monétaires en échange de rapports sexuels avec les femmes. Cette théorie postule ainsi que la domination sexuelle se situe du côté féminin.

Contrôlant la ressource et moins sujettes aux pulsions, elles monnayent le sexe. Cette perspective renverse les schémas patriarcaux classiques en faisant des femmes la source principale de la répression sexuelle : « la cause du slut shaming (…) ne serait pas le patriarcat, mais les autres femmes qui chercheraient ainsi  à punir celles qui vendraient le sexe à trop bas prix, induisant une dévaluation générale »Ibid, page 162.

Au delà des nombreuses critiques que suscita cette théorie (de la misogynie à la dépravation selon les bords politiques), Kristen Ghodsee note que celle-ci puise dans une critique socialiste très ancienne : celle de la marchandisation des rapports humains, et in fine du corps, notamment féminin. Les premières traces de cette critique se retrouvent dans les écrits des socialistes utopiques et se développe au XIXème siècle (August Bebel, La femme et le socialisme, 1879).

Ces publications nourriront la pensée de Kollontaï qui s’efforcera de développer une théorie de l’amour et de la sexualité socialiste détachée de toutes contraintes économiques et matérielles. Au sexe contraint économiquement et à l’amour libre,  pratique bourgeoise, Kollontaï répond par le développement d’un « éros ailé », reposant sur un lien spirituel entre les individusIbid, page 173, et détaché du mariage qui est une institution opprimante. Les théories de Kollontaï, un temps développées en URSS, seront remises en cause et battues en brèche à l’avènement du camarade Staline. 

Les réflexions de Kollontaï feront le lit de nombreuses réflexions féministes du XXème siècle. Ces réflexions ont néanmoins profondément  inondées les sociétés communistes d’Europe de l’Est et les études menées à la chute du Mur témoignent du fossé entre les deux univers qui s’étaient développés indépendamment l’un de l’autre depuis 44 ans. Pour cela Kristen Ghodsee cite les travaux des sociologues Anna Temkina et Elena Zdravomyslova qui identifièrent les évolutions sociales et les rapports à la sexualité au sein de différentes générations de femmes ayant vécues sous l’ère soviétique.

Les constats sont édifiants : si les premières générations (dites « générations silencieuses »), nées entre 1920 et 1945, souscrivaient encore aux modèles traditionnels et natalistes des rapports sexuels, de profonds changements ont gagné la société à la mort de Staline. Peu à peu un « script sexuel » amical s’est développé, appuyé sur l’indépendance économique des femmes du bloc soviétique, et où la relation sexuelle est conçue comme une forme de respect et d’affection envers un collègue ou ami. La chute du modèle communiste a balayé ces scripts pour laisser place à une marchandisation spectaculaire, ce que représentent les académies de croqueuses de diamants qui se sont développées en Russie depuis 1991. Formées à repérer et séduire les Forbes, des tiolki  Bétails en russe s’acharnent à se démarquer et à séduire l’homme qui saura leur offrir des richesses immenses issues du démantèlement des puissantes industries publiques. 

Les travaux menés dans d’autres pays communistes confirment les constats émis précédemment. La comparaison entre RFA et RDA sont en ce sens très pertinente. Les femmes est-allemandes ont une vie sexuelle bien plus épanouie que leurs homologues ouest-allemandes. Les distinctions tiennent aux modèles économiques et politiques globaux mais à divers facteurs : poids religieux en RFA, faibles distractions en RDA (voir les travaux de Josie McLellan).

Les travaux menés tendent ainsi à corréler satisfaction sexuelle et égalité socio-économique, y compris dans les pays capitalistes à l’heure actuelle. Les réflexions autour de la question sexuelle amènent Kristen Ghodsee à plaider pour une émancipation économique des femmes, garantie d’un épanouissement sexuel grandissant, et de politiques visant à un rééquilibrage genré des rôles sociaux.  

Citoyenneté : des barricades à l’isoloir

Le dernier chapitre de l’ouvrage s’ouvre sur une anecdote professionnelle de l’auteure qui demeure toujours étonnée par le sentiment d’éternité qui traverse bon nombre de ses étudiants, persuadés que le monde est éternel et qu’aucune évolution n’est possible. Mettant ceci en parallèle de la montée des critiques socialisantes dans les plus jeunes générations d’étasuniens, Kristen Ghodsee plaide pour un investissement de la sphère politique par les plus jeunes générations, et notamment les femmes, à un moment où les remises en cause des droits politiques se font de plus en plus audibles.

Kristen Ghodsee évoque à ce sujet la large diffusion lors de la campagne présidentielle de 2016 du hashtag #Repealthe19th ou #Abrogezle19e qui visait à interdire le droit de vote des femmes, au titre que les statistiques montraient l’écrasante domination du vote démocrate chez les femmesIbid page 225. Ces remises en cause rejoignent les travaux des économistes Lott et Kenny. Ceux-ci corrélaient en 1999 le droit de vote des femmes avec la hausse des dépenses publiques. 

La montée des discours socialisants dans les plus jeunes générations incite l’auteure, dans les dernières pages, à développer un argumentaire en direction de ces nouveaux électeurs afin qu’ils se mobilisent politiquement et s’investissent socialement également dans divers secteurs (syndicats, associations).

Au final le livre de Kristen Ghodsee est un ouvrage militant. Forte de son expérience et de sa connaissance fine des sociétés d’Europe de l’Est, Kristen Ghodsee développe un argumentaire en direction d’une société peu habituée à la sociale-démocratie européenne et qui pourrait, selon elle, y trouver des sources d’inspiration. Un livre à la frontière entre l’essai et le travail sociologique mais qui présente le grand intérêt d’offrir une introduction plaisante sur de nombreux travaux historiques sur le bloc soviétique. 

 

Ubytsa tovaritch !

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/pourquoi-les-femmes-ont-une-meilleure-vie-sexuelle-sous-le-socialisme.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/pourquoi-femmes-meilleure-vie-sexuelle.jpg 400 284
L’incroyable catalogue des monstres https://clio-cr.clionautes.org/lincroyable-catalogue-des-monstres.html https://clio-cr.clionautes.org/lincroyable-catalogue-des-monstres.html#respond Tue, 24 Nov 2020 06:35:14 +0000 https://clio-cr.clionautes.org/?p=39415 Un livre à offrir aux enfants qui ont peur du noir, de placard, du fond du jardin… des monstres qui leur plairont à coup sûr.

L’auteur Grégoire Kocjan a choisi le personnage de Loreleï, une fillette qui voit des montres partout. A son tour il lui parle de ses monstres à lui.

Ce catalogue regroupe certains des monstres les plus incroyables croisés par le professeur Etienne Geoffroy de Saint-Hilaire, homonyme du célèbre naturaliste, spécialiste en monstres anciens et pas très connus, rencontrés au cours de sa carrière.

Les éditions Margot de Clermont-Ferrand, après deux albums d’Etienne Friess et Laurence Kubler : Le grand méchant catalogue des loups (2018) et Le fantastique catalogue des dragons et autres créatures (2019), ont fait appel à une nouvelle équipe.

Les auteurs

Grégoire Kocjan est un auteur connu en littérature jeunesse (Ogrus, histoires à digérer, L’atelier du poisson soluble,2008 – Les méchantes reines étaient-elles de gentilles princesses ?, L’atelier du poisson soluble, 2017), de pièces de théâtre pour enfant chez Syros (La manifestation – 2010, Terminus – 2015 ou La chaise – 2016) mais aussi de BD documentaires : Les Mystérieux Mystères Insolubles, L’atelier du poisson soluble.

Son écriture est imaginative et pleine d’humour.

Matéo Dineen est illustrateur, il propose des dessins pleine page très évocateurs.

Le catalogue

Chaque monstre est présenté, à commencer par le Bougonas bougonum, autrement dénommé le Grump, son caractère, deux anecdotes et un portrait pleine page.

Monstre : Le Jean-Claude

Le lecteur rencontre ainsi les Tartanouilles le boiteux, l’édenté et l’aveugle, le Loki-ioki des bois qui se gratte derrière l’oreille avec sa cinquième patte, le Gribouillard, la grosse trouillarde de Boulakane, l’étonnant Héliotrope volant qui rappelle les ptérosaures. Il y a aussi le Pipirouti qui n’est d’aucune utilité pour effrayer les enfants et bien d’autres !

Enfin deux tableaux, d’une drôlerie assurée, permettent de mieux connaître les monstres. La connaissance est indispensable « pour éviter de tomber sur un os » et les voir, ils sont si petits.

 

Voilà une lecture amusante même quand on dépassé l’âge des contes ?

]]>
https://clio-cr.clionautes.org/lincroyable-catalogue-des-monstres.html/feed 0 post_thumbnail https://clio-cr.clionautes.org/wp-content/uploads/cliotheque/2020/11/couv-finale-monstres-bdef-v2.jpg 400 284